La banderole de la "honte"

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La banderole de la "honte"
Le 29 mars 2008, les supporters du PSG avaient écrit sur une banderole : "Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les ch'tis".@ Montage Maxppp
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En 2008, les supporters du PSG avaient déployé une banderole anti-Ch’tis. Retour sur cette affaire.

Jamais une banderole dans un stade de football n’avait soulevé pareil tollé. Lors de la finale de la Coupe de la Ligue en 2008 entre Paris et Lens, des supporters du PSG avaient déployé une bannière stigmatisant les habitants du Nord.

Sur la banderole, on pouvait lire : "Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Cht'is", en référence au film à succès de Dany Boon. Jeudi, cinq supporters des Boulogne Boys sont jugés devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Jugés pour"provocation à la haine ou à la violence", ilsrisquent jusqu’à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.

Réactions en chaîne

Si la fameuse banderole n’est restée que quelques minutes dans le Stade de France avant d'être repliée à la demande du PSG, elle avait énormément choqué la classe politique.

Les maires de Lille et de Lens avaient immédiatement porté plainte après l’incident. Une action suivie par la région Nord-Pas-de-Calais, la FFF, la Ligue de football professionnel ainsi que les clubs du PSG et de Lens.

Après les très nombreuses réactions de la classe politique, Dany Boon, réalisateur du film Bienvenue les ch’tis, y était allé, lui aussi, de son commentaire : "c'est honteux, c'est lamentable", avait-t-il déclaré en espérant que "les auteurs seraient condamnés".

Pourquoi une telle émotion ?

A l’époque, les auteurs de la banderole avaient surfé avec mauvais goût sur l’immense succès du film de Dany Boon, en y associant des clichés insultants. Et puis cet incident était intervenu lors d’un match très médiatisé.

Le football professionnel mise beaucoup sur la finale de la Coupe de la Ligue, qui doit être une véritable vitrine. Pour ce genre de rendez-vous, confettis et feux d’artifices sont de sortie, le match doit être une grande fête. Une fête sous l’œil vigilant du président de la République, Nicolas Sarkozy et d’un panel de représentants politiques.

Pour un cocktail encore plus explosif, la banderole anti-ch’tis arrivait après plusieurs incidents de même nature. La LFP venait juste de sanctionner durement deux clubs, Metz et Bastia, pour des insultes racistes. Autant de facteurs réunis pour une vague d’indignations.

Les précédents

Si la France s’est autant émue pour la banderole anti-ch’tis, ce n’était pourtant pas la première fois que de telles insultes étaient affichées dans un stade. Le derby entre Lyon et Saint-Etienne a souvent donné lieu à des insultes entre supporters.

En 2000, les fans de l’Olympique lyonnais avaient débarqué au Stade Geoffroy-Guichard avec une banderole destinée à leurs ennemis stéphanois : "Les Gones inventaient le cinéma quand vos pères crevaient dans les mines". Réponse des intéressés quelques années plus tard : "Ne laissez pas souffrir ce Lyon, abattez-le".

Marseillais et Parisiens se sont, eux aussi, longtemps insulté par banderole interposée. L’année dernière, les supporters de l’OM avaient déployé une pancarte : "Auteuil, c’est renversant". Les ultras faisaient référence aux incidents où un ultra parisien avait été renversé par une voiture sur le vieux port en 2009.