La 3e journée au banc d'essai

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La 3e journée au banc d'essai
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Lakafia a son avantage dans le semblant de match offert par le XV de France en ouverture de sa Coupe du monde, Harinordoquy et Yachvili pointés du doigt par le sélectionneur, les Biarrots ont fait l'actualité ce week-end. Ils manquent surtout au BO, battu vendredi par Castres et déjà en fâcheuse posture après trois journées. Oublié par les All Blacks, McAlister a lui régalé un Stadium de Toulouse malheureusement à moitié vide.

Lakafia a son avantage dans le semblant de match offert par le XV de France en ouverture de sa Coupe du monde, Harinordoquy et Yachvili pointés du doigt par le sélectionneur, les Biarrots ont fait l'actualité ce week-end. Ils manquent surtout au BO, battu vendredi par Castres et déjà en fâcheuse posture après trois journées. Oublié par les All Blacks, McAlister a lui régalé un Stadium de Toulouse malheureusement à moitié vide. DANS LE VESTIAIRE DE... : Biarritz Trois points en trois matches, déjà deux accrocs à domicile, le BO est déjà dans le rouge en ce début de saison. "Quelque part on savait que ce serait compliqué, souffle dans Sud Ouest Jack Isaac, l'entraîneur des arrières basques. Mais c'est sûr qu'on espérait partir un peu mieux que ça et au moins réussir un match à la maison." A la défaite concédée d'entrée de championnat à Toulon (30-5), ont en effet succédé deux contre-performances à Aguiléra, un nul contre Agen le week-end dernier (9-9) et un revers vendredi face à Castres (18-23). Des résultats qui s'expliquent en partie par l'absence des internationaux français (Barcella, Lakafia, Harinordoquy, Traille, Yachvili) et étrangers (Ngwenya, Bosch, Carizza) retenus par la Coupe du monde et par les nombreux blessés qui touchent son effectif. Mais pas seulement... Les deux premiers matches avaient mis en lumière en manque d'engagement des Basques. Le dernier a révélé une fébrilité coupable. Notamment chez les cadres supposés de cette équipe. "On n'est pas solide mentalement. On se fragilise tout seul", regrettait Patrice Lagisquet, le directeur du rugby du BO, à l'issue du match contre le CO. Le projet de jeu ambitieux que tente de mettre en place ce dernier, de retour cet été dans un rôle de tête pensante après trois ans loin des terrains, a-t-il du mal à être assimilé ? Laurent Rodriguez, le manager du BO, se pose la question dans Sud Ouest : "Peut-être que tout simplement, il faut revoir nos ambitions rugbystiques et jouer un peu plus simplement pour se rassurer. Et ne prétendre à un rugby plus élaboré que lorsqu'on retrouvera tout notre effectif. Pour l'instant, il faut faire le dos rond et continuer à travailler mais pas se décourager." Un point de vue que ne partage pas forcément Isaac qui regrette les "cadeaux" faits à l'adversaire. "On passe à côté des bases qui pourraient peut-être nous assurer des matches un peu plus simples", note-t-il. Avant d'enchaîner avec un déplacement plus que périlleux à Toulouse, les questions restent nombreuses. Et les raisons d'espérer moins évidentes. Pourtant, Lagisquet note les progrès faits par ses joueurs depuis le week-end dernier : "Il y a eu de meilleurs comportements, quelques lancements, quelques enchaînements intéressants." Un discours partagé par son président, Serge Blanco, dans les colonnes de L'Equipe : "Contre Castres, j'ai trouvé un Biarritz plus combatif, avec plus d'envie, avec une solidarité que l'on avait peu vu contre Agen." Des ressorts sur lesquels le BO tentera de s'appuyer pour relever la tête. "En attendant, je ne vais tout de même pas tuer mes joueurs ou me suicider", résume Blanco. S'il pouvait éviter de se faire plus de cheveux blancs... LE JOUEUR : Luke McAlister (Toulouse) "C'est Superman !" Même Yannick Bru, l'entraîneur des avants du Stade Toulousain, est sorti de sa réserve. Tous étaient unanimes samedi pour saluer la prestation de grande classe de Luke McAlister, l'ouvreur néo-zélandais des Rouge et Noir face au Racing-Métro 92 (41-36). "Il a été servi par le coeur des autres mais c'est vrai que tout paraissait facile autour de lui", confiait, bluffé, l'ancien talonneur international de Toulouse. Des appuis de feu, des crochets dévastateurs, une passe millimétrée, une vision du jeu limpide et 21 points au pied (8 sur 11), l'arrière All Black (30 sélections) recalé pour la Coupe du monde a régalé le public du Stadium. Un festival conclu par une pénalité de 63 mètres ! Bref du grand art pour l'ancien ouvreur des Blues d'Auckland qui, trois semaines après son arrivée dans la Ville Rose, a déjà conquis le public toulousain et fait oublier en partie le départ de Frédéric Michalak. C'est ce qui s'appelle une bonne pioche... Mais le staff haut-garonnais n'en doutait pas après avoir déjà tenté de le faire venir au sortir de la Coupe du monde 2007. McAlister avait alors choisi Sale avant de faire son retour au pays. Un rendez-vous simplement reporté entre deux parties qui ont tout pour nourrir une belle histoire d'amour... LA PHRASE : "Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu contact, mais pour le moment c'est une rumeur", de Bernard Laporte sur le plateau de Canal+. La rumeur se transformera-t-elle en information dans la semaine ? Comme il l'avoue lui-même dans les colonnes de L'Equipe, Bernard Laporte, choix n°1 de Mourad Boudjellal pour remplacer Philippe Saint-André, doit rencontrer le président du RC Toulon dans la semaine à Paris. Des discussions qui pourraient aboutir sur une possible signature de l'ancien sélectionneur du XV de France (1999-2007), lequel endosserait le costume de manager sportif sur la Rade. "Bien sûr que je suis excité. Toulon n'est pas un club qui laisse insensible", confie l'ancien secrétaire d'Etat aux Sports, qui semble avoir oublié son bras-de-fer avec Boudjellal au sujet du transfert de Mathieu Bastareaud du temps où il était encore le conseiller de Max Guazzini au Stade Français. Bastareaud qu'il pourrait bientôt retrouver à Toulon... LA STAT : 20 184 Le nombre de spectateurs présents samedi dans les tribunes du Stadium de Toulouse, un stade qui peut en accueillir 15 000 de plus... Dommage qu'une si belle affiche, entre le champion de France en titre toulousain et le Racing-Métro 92 qui se déplaçait en leader après deux journées, n'ait pas fait le plein. D'autant plus devant le spectacle proposé par les deux équipes. Sept essais inscrits, du combat, des gestes de grande classe, un chassé-croisé haletant, le Top 14 a livré là, malgré la concurrence de la Coupe du monde, l'un de ses meilleurs matches depuis longtemps, un choc digne du Super 15. "Ce match aurait mérité un Stadium plein", ne pouvait que constater Pierre Berbizier, le manager du Racing.