La 36e journée au crible

  • A
  • A
La 36e journée au crible
Partagez sur :

Saucissonnée sur trois jours (dimanche, lundi, mercredi), la 36e journée de Ligue 1 aura été riche en enseignements avec une quasi-certitude, le titre de champion pour Lille, vainqueur de Sochaux (1-0), et une certitude, la descente de Lens suite à son nul à Monaco (1-1). En perdant à Bordeaux (1-0), Paris laisse peut-être filer la troisième place, tandis que Gameiro et Sow, 21 buts chacun, se disputent le titre de "goleador" de la saison.

Saucissonnée sur trois jours (dimanche, lundi, mercredi), la 36e journée de Ligue 1 aura été riche en enseignements avec une quasi-certitude, le titre de champion pour Lille, vainqueur de Sochaux (1-0), et une certitude, la descente de Lens suite à son nul à Monaco (1-1). En perdant à Bordeaux (1-0), Paris laisse peut-être filer la troisième place, tandis que Gameiro et Sow, 21 buts chacun, se disputent le titre de "goleador" de la saison. LE FLOP : LENS Lens replonge en enfer ! Au moment où le voisin lillois est consacré meilleure équipe de France (voir ci-dessous), le RCL vit un deuxième traumatisme en deux ans, avec une nouvelle descente en Ligue 2, entérinée dimanche dernier à l'issue du match nul obtenu à Monaco. Le but égalisateur du jeune Varane, rare satisfaction de la saison et promis à un grand club, n'aura servi à rien, les Artésiens, avec 35 points, sont définitivement condamnés, sanction d'une «annus horribilis», marquée par de nombreux tiraillements internes, un changement d'entraîneur qui n'a pas porté ses fruits (Bölöni à la place de Wallemme), une grosse fébrilité défensive (53 buts encaissés, soit la deuxième défense la plus perméable après Arles-Avignon) et une efficacité en berne (le meilleur buteur de la saison, Jemaa, n'a inscrit que 5 buts). Bref, tout pour descendre et faire dire à un Gervais Martel fataliste: "On s'était préparés à ce moment difficile puisque nous sommes dans les trois derniers depuis très longtemps. Évidemment, on peut toujours avoir des remords, mais les remords ne donnent jamais de points. Je ne jetterai pas la pierre aux deux entraîneurs de cette saison car il y a d'autres acteurs sur le terrain." La suite ? Le président du RCL, qui n'entend pas quitter le navire, annonce du changement: "Bien sûr, cette descente aura des conséquences. Nous prendrons un virage important au niveau sportif car il faut absolument tourner la page sur ces trois dernières années. Lens va repartir avec d'autres hommes, d'autres données, d'autres réflexions, d'autres valeurs." Même à Lille, cette descente attriste, à l'instar de Yohan Cabaye: "Je pense que ce n'est pas une bonne nouvelle pour le foot français, pour la région aussi. C'est aussi dommage pour le président qui investit tellement de sa personne dans le club, c'est un moment douloureux pour eux, j'espère qu'ils vont vite se remettre et remonter de suite parce que ce n'est pas un club qui doit rester en Ligue 2." LE TOP: LILLE Difficile de ne pas placer une fois de plus les Lillois au "top". Car s'ils se sont imposés mercredi sur la plus petite des marges face à Sochaux, les Dogues ont fait un pas de géant vers le troisième titre de champion de l'histoire du club. Avec six points d'avance sur le deuxième, Marseille, un goal-average positif (+31 contre +23), le LOSC est "champion à 90%" (l'expression était de Yohan Cabaye avant le match), voire plus, un titre qu'il pourrait fêter samedi au Parc des princes à condition de ne pas perdre ou que Marseille ne batte pas Valenciennes. Si le public lillois a fêté comme il se doit la victoire sur Sochaux mercredi, joueurs, staff et dirigeants ont adopté une curieuse prudence, refusant de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. "Ça ne sent pas mauvais, les plats qui sentent bon en cuisine, en général on aime les déguster", a ainsi commenté le président Michel Seydoux, qui a visiblement envie de prolonger le plaisir, tandis que Rudi Garcia a poursuivi sur le même registre olfactif: "Ça commence à sentir bon. On n'y est pas mathématiquement, mais on a six points d'avance et un goal-average favorable sur l'OM". Et le coach nordiste, heureux de voir les siens signer une cinquième victoire de rang, d'espérer déboucher le champagne samedi contre Paris. Comme la semaine précédente ? LE JOUEUR : KEVIN GAMEIRO En marquant le deuxième but lorientais sur un service de son compère offensif, Morgan Amalfitano, Kevin Gameiro est revenu à la hauteur de Moussa Sow en tête du classement des buteurs, les deux hommes totalisant désormais 21 réalisations. A deux journées de la fin de la saison, le duel bat son plein entre le Lorientais et le Lillois, la balance penchant en faveur du premier, auteur de cinq buts lors de ses six derniers matches, tandis que le Sénégalais n'a pas trouvé l'ouverture lors des trois dernières rencontres. "Il reste deux matches, on se suit de près. Mais si l'équipe continue de tourner comme ça, je vais marquer des buts, pas de souci", a commenté dimanche soir Kevin Gameiro qui espère améliorer son total lors des deux derniers matches qui verront les Merlus jouer à Nice et recevoir Auxerre, tandis que Moussa Sow et le LOSC iront au Parc des princes et accueilleront le Stade Rennais. LA PHRASE : "Je n'ai pas changé d'avis. J'ai donné ma parole." Signée Frédéric Antonetti dimanche soir, lorsqu'il a été interrogé sur son avenir au Stade Rennais. S'il s'est mis d'accord mi-avril avec ses dirigeants pour prolonger son bail de deux ans en Ille-et-Vilaine, le technicien corse n'a toujours paraphé son nouveau contrat, d'où une incertitude renforcée par la série de neuf matches sans victoire de son équipe entre le 11 mars et le 11 mai. Série interrompue dimanche à Saint-Etienne (2-1) grâce à deux buts signés Victor Hugo Montano et Jérôme Leroy, qui permettent à la formation bretonne d'assurer mathématiquement la Ligue Europa et même de revenir à deux points du quatrième, Paris, tombé à Bordeaux (1-0). "On était venus ici pour être bien organisés sur le plan défensif, ce qui est notre marque de fabrique. On a bien occupé le terrain, on les a bien contrariés. Ce soir, ça nous a souri. Ça va un peu mieux. Je suis content pour les joueurs et pour le club", a ajouté Frédéric Antonetti qui a, du coup, rassuré ses interlocuteurs sur son avenir. LA STAT : 2 Paris n'aime pas Chaban-Delmas. Lors de ses onze derniers déplacements en Gironde, celui de mercredi compris, l'équipe de la capitale n'a inscrit que deux buts, et encore, lors du même match, seule victoire (2-0) d'une série par ailleurs plus que négative (huit défaites, un nul). Hormis ce succès remporté le 20 novembre 2005, le PSG n'a jamais trouvé l'ouverture à Bordeaux, la défaite concédée mercredi en match en retard de cette 36e journée étant le parfait résumé de la saison parisienne: une entame plombée par des errements défensifs qui ont permis à Diabaté de tromper Coupet sur penalty (6e), de nettes occasions par la suite, mais une efficacité en berne, Carrasso ayant, il est vrai, sorti le grand jeu dans les buts girondins. Du coup, la troisième place, qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des champions, s'éloigne, d'où la déception d'un Antoine Kombouaré qui, quatre jours après la défaite face à Lille en finale de la Coupe de France, avait pourtant tenté d'apporter du sang frais en titularisant Armand, Jallet, Erding, Clément et Bahebeck. "C'est une défaite au goût amer. Nous avons douté et mis Bordeaux dans les meilleures dispositions. Entre l'envie et ce que l'on a montré, il y avait un écart. Comme on dit, on gagne ensemble, on perd ensemble. Je n'ai pas de regret sur la composition d'équipe. C'était notre quatrième match en dix jours, notre soixante-quatrième match de la saison. On essaye mais les organismes sont fatigués." Une fatigue physique qui risque de se doubler d'une fatigue mentale, à force de passer à côté des objectifs... LE SONDAGE Lille monopolise l'attention ! Avec 57% des suffrages exprimés, le succès des Nordistes sur Sochaux est le sujet qui vous a paru le plus important lors de cette 36e journée, normal pour une formation qui, du coup, a quasiment assuré un troisième titre de champion. La défaite parisienne à Bordeaux, qui permet à Lyon, pourtant tenu en échec à Brest (1-1), de conserver sa troisième place, suit avec 18% des votes, devant le nul de l'OM à Lorient (9%), l'incertitude qui plane toujours sur l'identité du 18e et dernier relégué (7%) et la descente de Lens qui ne recueille que 4% des suffrages, cruel pour un RCL qui «meurt» ainsi dans l'indifférence générale. La victoire de Rennes à Geoffroy-Guichard après neuf matches sans gagner (3%) et le duel Gameiro-Sow pour le titre de meilleur buteur (1%) ferment la marche.