La 20e journée au banc d'essai

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La 20e journée au banc d'essai
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Le Stade Français a raté le virage de la 20e journée. Battu samedi à domicile par Perpignan (9-21), le club de la capitale a désormais très peu de chances d'accéder au Top 6 du Championnat, qualificatif pour la phase finale mais aussi pour la H-Cup. Une course aux accessits dont n'est pas écartée Bayonne, grâce notamment à Yoann Huget, ni même Toulon, qui a ramené un point précieux de Clermont grâce à un de ses jeunes joueurs.

Le Stade Français a raté le virage de la 20e journée. Battu samedi à domicile par Perpignan (9-21), le club de la capitale a désormais très peu de chances d'accéder au Top 6 du Championnat, qualificatif pour la phase finale mais aussi pour la H-Cup. Une course aux accessits dont n'est pas écartée Bayonne, grâce notamment à Yoann Huget, ni même Toulon, qui a ramené un point précieux de Clermont grâce à un de ses jeunes joueurs. DANS LE VESTIAIRE DU... : Stade Français "Il ne faut rien lâcher", exhortait Julien Dupuy, le demi de mêlée du Stade Français, avant de recevoir Perpignan, un match capital pour les deux équipes. "Nous n'avions pas le mental pour lutter jusqu'à la fin", se désolait Michael Cheika à l'issue de la défaite parisienne (9-21). Malgré une bonne première période conclue avec l'avantage du score (9-6), les Parisiens ont cédé sur leur pelouse de Charléty. "Ce match est un peu symbolique de notre saison. Nous avons fait une très bonne première mi-temps, où l'on a proposé beaucoup de jeu. En seconde mi-temps, nous avons été beaucoup moins constants", regrettait le manager du club de la capitale. "Perdre à la maison, sans récupérer le moindre point : cela fait beaucoup de mal...", reconnaissait Sergio Parisse, le troisième-ligne italien. Une défaite d'autant plus cruelle qu'elle condamne aujourd'hui les chances du Stade Français de se qualifier pour le Top 6 à l'issue de la saison régulière, comme l'admet lui-même son président, Max Guazzini, dans une lettre ouverte aux supporteurs publiée sur le site du club. "Ne nous faisons pas d'illusions", écrit-il. "Dans cette hypothèse nous ne serons pas seuls puisque huit autres clubs, et non des moindres, seront logés à la même enseigne que nous", se console-t-il comme il peut... Un constat, froid et lucide, que réfutait à chaud le manager libano-australien. "Si l'on gagne nos six derniers matches : on ne sait jamais.... Je sais que c'est difficile. Mais mathématiquement, c'est faisable. Il faut donc gagner tous les matches, et avoir l'espoir que d'autres perdent", assurait-il... avant de retrouver la raison : "Il ne faut pas se faire d'illusions. Nous ne pratiquons pas un jeu qui permet de gagner le championnat. Il faut être réalistes et comprendre que, ce qu'il nous faut chercher ces prochaines semaines, c'est de concrétiser un peu plus, d'avoir davantage de constance, de mental." Une exigence partagée par l'international transalpin : "Il faut que le groupe se resserre, continue à travailler. On connaît notre valeur en tant que joueurs. Il ne faut pas oublier que l'on a encore un quart de finale de Challenge européen qui peut nous donner une place en coupe d'Europe. Il faut être positifs, malgré cette grande désillusion." Un discours résolument mobilisateur pour une équipe parisienne qui ne peut plus se raccrocher qu'au Challenge européen pour sauver une saison bien terne. "Il nous reste à sauver l'honneur en Top 14", ajoute Max Guazzini qui se tourne déjà vers la saison prochaine. "En attendant le message est clair. L'envie ne suffit pas. Il faudra mourir pour le maillot", conclut-il. Reste à savoir si ses hommes sont encore prêts à ce sacrifice. LE JOUEUR : Romain Barthélémy (Toulon) Alors que Mourad Boudjellal a enfin obtenu la signature du champion du monde sud-africain Bakkies Botha, une étoile de plus au sein de cette constellation de stars (Giteau, Wilkinson, Van Niekerk, Henson, Palisson...), Toulon peut aussi compter sur les jeunes du cru. Inattendu héros toulonnais du choc entre Clermont et Toulon vendredi, à Marcel-Michelin, le jeune ouvreur Romain Barthélémy, 21 ans, entré en jeu en toute fin de rencontre, s'il n'a pu éviter à ses couleurs la défaite (19-12), a ainsi offert aux siens un précieux bonus défensif en trouvant le chemin de l'en-but, sous les poteaux, à la dernière minute de jeu. Pour le plus grand bonheur de ce produit de la formation toulonnaise, interrogé au micro de Canal+ Sport: "Je suis trop content pour Toulon, a-t-il commenté, chaviré de bonheur à l'issue du match. On sortait d'un match difficile à Agen. Aujourd'hui, on a été bons dans l'agressivité et dans le combat, et puis je marque un essai chanceux, c'est beau pour moi. A Agen, on était passé à côté, ce soir (vendredi), on a montré qu'on était présent dans l'envie et le combat. Et on repart avec un point." LA PHRASE : "Pour l'instant, je n'ai rien prouvé...", de Yoann Huget (Bayonne) Cible des critiques après ses cinq derniers matches en tant que titulaire à l'aile du XV de France, sans qu'il ne se soit montré une seule fois décisif, Yoann Huget a apporté la meilleure des réponses à ses détracteurs en inscrivant samedi, à Anoeta, l'unique essai de la victoire de l'Aviron Bayonnais sur le leader toulousain (19-13). "C'est beaucoup de joie parce que j'ai subi pas mal de critiques", a réagi l'ailier international au micro de Jour de Rugby sur Canal+. "Quand on est médiatisé, il vaut mieux faire le dos rond. Pour l'instant, je n'ai rien prouvé en équipe de France, je prends mes repères et les gens aimeraient que ça aille plus vite, mais le rugby est fait de repères collectifs et c'est à nous de les trouver le plus vite possible." De retour dimanche soir à Marcoussis, le petit dernier de l'équipe de France, à pied d'oeuvre dès ce lundi avec musculation et séance vidéo au programme des Bleus, saura mardi s'il a convaincu Marc Lièvremont de l'aligner une sixième fois de rang à l'aile du XV de France, samedi, face à l'Italie. LA STATISTIQUE : 18 Cela faisait 18 ans que Castres n'avait pas gagné à Brive, une époque à laquelle Laurent Labit, le co-entraîneur du CO, évoluait encore sous les couleurs tarnaises... La révélation de la saison dernière a renoué samedi avec le succès à Amédée-Domenech (12-20) en inscrivant deux essais notamment par Marc Andreu (24e) et Yoann Audrin (62e). Fort de cette victoire, le CO reste bien placé, au cinquième rang, dans la course à la phase finale du Top 14. Les Brivistes ne comptent eux que deux longueurs d'avance sur le premier relégable, La Rochelle, qu'ils recevront début avril à l'occasion de la 23e journée.