La 11e journée au crible

  • A
  • A
La 11e journée au crible
Partagez sur :

Comme chaque semaine, la rédaction revient sur les faits marquants de la 11e journée de Ligue 1, amputée de deux matches ce week-end à cause de la météo. Marseille-Rennes reporté, Brest en a profité pour s'emparer des commandes du classement, dans un championnat plus serré que jamais. Dans le bas du tableau, la situation ne s'améliore pas pour Lens et Caen.

Comme chaque semaine, la rédaction revient sur les faits marquants de la 11e journée de Ligue 1, amputée de deux matches ce week-end à cause de la météo. Marseille-Rennes reporté, Brest en a profité pour s'emparer des commandes du classement, dans un championnat plus serré que jamais. Dans le bas du tableau, la situation ne s'améliore pas pour Lens et Caen. LE TOP : Brest Et le leader est... Brest ! Il fallait être sacrément malin ou sacrément chanceux pour prédire un tel résultat, pour une équipe que la majorité des observateurs voyaient lutter, au mieux, pour le maintien. Surtout quand le promu breton ne comptait qu'un petit point après trois journées et une défaite à Lyon (0-1). Seulement, depuis ce but de Makoun à Gerland, les hommes d'Alex Dupont ont sorti les parapluies, réécrit le scénario, et Elana n'a plus eu une seule fois à aller chercher le ballon. La série dure depuis huit épisodes, et s'est poursuivie samedi contre Saint-Etienne (2-0). C'est la force de cette équipe brestoise, leader pour le moment par intérim (Marseillais et Rennais ont encore leur mot à dire). Cette solidité, le SB29 la doit au talent de son gardien, Elana, et de ses défenseurs, mais aussi, et surtout, à la solidarité dont font preuve tous les joueurs de l'équipe, du gardien à l'attaquant. "Le monde du foot a tendance à mettre en avant les individualités. Chez nous, il n'y a pas de stars. Même Nolan (Roux), qui est un joueur important, n'est pas du tout dans cette optique-là", explique Romain Poyet, dans les colonnes du Télégramme. "Ici, il y a une véritable culture du foot et il faut le respecter, abonde Dupont. Notre réussite, c'est celle d'un groupe de mecs bien qui se sont battus pour réussir avec un recrutement sérieux. On continue sur notre lancée sans se poser trop de questions.""Il faut s'installer sur le long terme mais si nous y sommes arrivés jusque-là, pourquoi ne pas continuer ?", avance tout de même Paul Baysse. Tant que la défense tiendra, Brest peut envisager des lendemains heureux, surtout si l'alchimie progresse encore entre le duo Grougi-Roux et les recrues Tchèques, Licka et Micola. Brest leader, en revanche, cela ne plait pas à tout le monde. A commencer par l'entraîneur de l'OM, Didier Deschamps, qui ne s'en cache pas: "Ils ont pris 21 points, donc ils le méritent. Maintenant, il y a un nivellement qui se fait dans le championnat depuis quelques années. Mais je ne suis pas persuadé que ça soit bon pour le football français", a déclaré le technicien marseillais sur RMC. Brest-Marseille, ce n'est pourtant que le 22 décembre... LE FLOP : La météo Evidemment, c'est un impondérable. Mais c'est le type de petite contrariété dont se seraient bien passés les Marseillais. Les fortes intempéries qui ont balayé le Sud-Est de la France ont entraîné le report de Marseille-Rennes et de Monaco-Bordeaux, samedi puis dimanche. Si pour Monégasques et Bordelais, qui joueront finalement mardi, les conséquences sont moindres (même si le président Triaud avait une pensée pour les supporters qui ont fait le déplacement depuis la Gironde), ce report risque bien d'embêter l'OM. Engagés en Ligue des champions, les Phocéens, au calendrier déjà bien rempli, risquent d'avoir un match supplémentaire à jouer en décembre à l'heure où les coéquipiers de Mandanda pourraient jouer leur place en huitièmes, contre Chelsea. Pour Deschamps, la "moins mauvaise solution" serait de jouer le 1er décembre, entre deux rencontres face à Nice et Montpellier. En attendant, sans jouer, les Olympiens sont toujours sur le podium. Ils peuvent remercier les Montpelliérains et les Parisiens, qui, eux, ont pu jouer, mais se sont neutralisés (1-1). LE JOUEUR : Issam Jemaa (Lens) Issam Jemaa, c'est un peu le symbole des malheurs du RC Lens. Une équipe qui se cherche sur le terrain et en dehors. Et qui fait parler d'elle, pour des raisons qui agacent Jean-Guy Wallemme. Après l'altercation à Sochaux entre Demont et Kovacevic, le même Demont, qui s'est récemment vu retirer le brassard de capitaine, s'est fracassé la main contre le mur la semaine dernière, après une rixe avec Jemaa. Rien de grave selon Bedimo, qui a préféré en rire: "Si Issam marque samedi, il peut insulter tout le monde". Le Tunisien n'a pas marqué à Toulouse, contrairement au match précédent face à Nice (1-0). Pire, il s'est même blessé, et a dû sortir juste avant la pause. Heureusement, les Artésiens ont sauvé le nul dans la Ville Rose (1-1). Un troisième match consécutif sans défaite qui, s'il les laisse dans la zone rouge (18e avec 10 points), permet aux Sang et Or de ne pas sombrer définitivement dans la crise. LA STAT : 6 Six points, c'est l'écart entre l'actuel deuxième de Ligue 1, Rennes, et le dix-septième, Nice. Soit deux victoires. Evidemment, il faut aussi tenir compte du match en retard des Bretons, mais l'an passé, à pareille époque, il y avait 14 longueurs entre Monaco et Saint-Etienne. Cette édition 2010-11 est donc plus serrée que jamais, et permet tous les renversements de situation. Ainsi, Lyon est passé de la 17e à la 9e place en trois matches, dont un piètre match nul chez le dernier, Arles-Avignon. Dans le même temps, Sochaux a glissé de la 6e à la 16e place, en perdant trois fois. Même en réalisant le pire début de saison de son histoire, l'OL reste à trois points de la Ligue des champions, dans un championnat dépourvu de certitudes. Allez demander à Didier Deschamps ce qu'il pense de ce nivellement... (voir plus haut). LA PHRASE : "Ça mérite une remise en question", Jean-François Fortin (Caen) Leader après deux journées et deux succès probants contre Marseille et Lyon, Caen se retrouve aujourd'hui quatorzième, après une nouvelle défaite contre Nancy (2-3), qui a agacé le président Fortin. "Après cette défaite, je ne vous cacherai pas ma déception. Force est de constater qu'un certain nombre de joueurs ont pensé que 20 bonnes minutes étaient suffisantes pour battre Nancy. C'était une profonde erreur, souligne-t-il sur le site officiel du club. Ça mérite une remise en question. Il y a à poser les choses clairement avec le groupe de joueurs. Notre équipe a des qualités pour proposer un jeu agréable et positif, mais est aussi capable de déjouer par suffisance. S'il y a des joueurs qui se trouvent suffisants, alors ces joueurs n'ont pas à être titulaires dans cette équipe".