L'Usap ne rêve plus

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L'Usap ne rêve plus
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Une semaine avant les quarts de finale de H Cup, Toulouse a réussi l'exploit, inédit depuis dix ans, de venir s'imposer (24-25) ce vendredi, à Aimé-Giral, où Jérôme Porical, en échec sur une pénalité de dernière minute, avait la gagne au bout du pied. Et peut-être avec la qualification pour les phases finales, qui devient illusoire après cette 3e défaite de la saison à domicile.

Une semaine avant les quarts de finale de H Cup, Toulouse a réussi l'exploit, inédit depuis dix ans, de venir s'imposer (24-25) ce vendredi, à Aimé-Giral, où Jérôme Porical, en échec sur une pénalité de dernière minute, avait la gagne au bout du pied. Et peut-être avec la qualification pour les phases finales, qui devient illusoire après cette 3e défaite de la saison à domicile. "Le SMIG dans le sport de combat". Voilà comment Yannick Bru, interrogé au micro de Canal+ Sport, désigne d'une jolie manière désuète l'authentique performance réalisée par le Stade Toulousain ce vendredi, à Aimé-Giral, où dix ans d'insuccès pour l'équipe de Guy Novès a pris fin (*). Dans la bouche de l'entraîneur des avants toulousains, pas le moins déçu par la faillite du Stade de France, il y a une semaine, s'exprime aussi et surtout la satisfaction mesurée d'avoir vu renaître son pack, symbolisé par un Jean Bouilhou parfait au relais du capitaine blessé, Thierry Dusautoir. Pour l'Usap, en revanche, la désillusion est incarnée par un seul homme. Car si toute une équipe va devoir se remobiliser sans attendre pour répondre présente dans une semaine, face à Toulon, dans le cadre inédit de Barcelone, en H Cup, Jérôme Porical, lui, risque de vivre des prochaines heures difficiles entre culpabilité et regrets. La culpabilité du buteur, en échec sur le coup de pied de la gagne, et les regrets de voir une qualification, de plus en plus crédible ces dernières semaines, probablement s'envoler pour de bon. Quant à savoir si l'Usap a perdu ses dernières illusions face à Toulouse, Julien Candelon apporte sa réponse. "Peut-être que la chance s'est échappée bien avant dans le match que sur cette pénalité..., semble confirmer l'ailier. Tant que c'est pas mort mathématiquement, on va s'accrocher. Ça fait chier, mais on a un quart de finale à jouer, il va falloir s'en remettre et s'accrocher. Si on s'était mis à l'abri plus tôt dans la saison, on n'en serait peut-être pas là." Pour la première fois depuis 1989 (revers face à Blagnac, Tarbes et Lourdes, ndlr), Perpignan s'incline à trois reprises dans une seule et même saison à Aimé-Giral. Et ça ne peut pas être un hasard... "On est contesté sur la conquête, contesté sur les rucks, on sort mal de notre camp, on réalise une mauvaise entame de match." Pas besoin de faire un dessin pour comprendre que cette Usap avec le couteau sous la gorge passe à côté de sa première mi-temps, soumise à l'agressivité retrouvée des Toulousains. Michalak est maudit Un premier acte heurté, où l'Usap subit et peine à développer son jeu. Le duel de buteurs, qui rythme la première demi-heure tourne à l'avantage de David Skrela, précis au drop pour répondre à l'ouverture du score de Jérôme Porical (3-3, 8e) et Frédéric Michalak, auteur de deux pénalités gagnantes (6-9, 26e). Faute d'un jeu au pied suffisamment efficace, les Catalans s'exposent à jouer à la main dans leur moitié de terrain, comme sur cette passe de Nicolas Laharrague que Jean Bouilhou, à l'affût, intercepte pour s'en aller inscrire après trente mètres de course le premier essai de la rencontre, que ne transforme pas Michalak (6-14, 31e). Le troisième ligne est partout, encore présent pour contester dans la foulée de son essai sur lancer catalan une penaltouche, consécutive au carton jaune de Vilimoni Delasau, coupable de fautes au sol répétées (33e). Une infériorité numérique que Toulouse finit pourtant par payer. Laharrague, d'une superbe diagonale au pied, se reprend et alerte Jérôme Porical que Clément Poitrenaud, d'un plaquage suicide, stoppe in extremis devant sa ligne. Mais Guilhem Guirado, prompt au soutien, impose sa puissance pour enfoncer Michalak et signer son troisième essai de la saison (13-14, 38e). Celui d'un espoir bien vivant avant la pause. Un espoir concrétisé dès le retour des vestiaires, ou presque, quand derrière la mêlée sang et or, Henry Tuilagi part au ras, trouve David Mélé au relais, dont le service dans le fermé envoie Adrien Planté vers le deuxième essai perpignanais (18-14, 46e). Un avantage que Porical, sur une étourderie de Michalak, conforte dans la foulée (21-14, 47e). Michalak encore rattrapé par le mauvais sort (voir par ailleurs) et Toulouse de perdre d'une semaine sur l'autre après Dusautoir un autre cadre majeur (55e). Mais la fragilité des deux équipes dans les rucks est patente et l'Usap n'y échappe pas pour offrir deux pénalités consécutives (58e, 61e) à Skrela, qui ne se fait pas prier pour ramener les siens au contact (21-20). Mais c'est en grande équipe que Toulouse réagit, loin de se laisser déstabiliser par ce nouveau coup du sort, pour planter grâce à un Yannick Nyanga à peine rentré en jeu et qu'un échange décisif (et entaché d'un en-avant ?) avec Rupeni Caucaunibuca en bord de touche permet de défier et d'effacer en puissance Porical pour redonner le score aux siens (21-25, 69e). Porical, héros malheureux de cette fin de match au couteau, capable de réduire l'écart à un point (24-25, 76e), mais pas de concrétiser l'énorme débauche d'énergie de ses avants et de résister à la terrible pression d'un ultime coup de pied que le buteur perpignanais, à la toute dernière seconde et depuis le bord de la touche, maîtrise mal (80e). Une chose est sûre, le costume de fossoyeur des espoirs catalans est ce soir bien trop grand... ---------------------------------- (*) L'équipe de Guy Novès n'avait plus gagné à Perpignan depuis la saison 1989-1990. A l'époque, et avant de subir 12 revers de rang, les Stadistes l'avaient emporté (12-10) sur les locaux.