L'orgueil de Contador

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L'orgueil de Contador
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Malchanceux depuis le début du Tour de France, Alberto Contador s'est montré pour la première fois à son avantage ce mardi en prenant la deuxième place à Mûr-de-Bretagne. Le coureur espagnol, devancé par Cadel Evans, a même grappillé huit secondes à Andy Schleck. Mais son attaque dans le final avait plus pour but de lui regonfler le moral. Mission réussie.

Malchanceux depuis le début du Tour de France, Alberto Contador s'est montré pour la première fois à son avantage ce mardi en prenant la deuxième place à Mûr-de-Bretagne. Le coureur espagnol, devancé par Cadel Evans, a même grappillé huit secondes à Andy Schleck. Mais son attaque dans le final avait plus pour but de lui regonfler le moral. Mission réussie. "J'ai perdu beaucoup de temps mais je vais faire de mon mieux pour le rattraper." Voilà ce que disait Alberto Contador après le contre-la-montre par équipes aux Essarts il y a deux jours. L'Espagnol n'a pas encore comblé l'écart qui le sépare des principaux favoris pour le podium à Paris, mais ses velléités offensives dans le final de la quatrième étape démontrent qu'il a résolument changé d'attitude et de tactique. La montée vers Mûr-de-Bretagne, une dernière bosse de deux kilomètres et de forts pourcentages au pied, offrait le profil idéal pour grappiller du temps. Et c'est justement lui qui a lancé les hostilités en plaçant une accélération qui a fait exploser le groupe des costauds. Franche sans être tranchante, son attaque a au moins eu le mérite de faire perdre quelques précieuses secondes à Andy Schleck et Bradley Wiggins, respectivement distancés de huit et six secondes au passage sur la ligne d'arrivée. Une broutille pour le moment peut-être, mais qui pourrait coûter cher à la fin des trois semaines de course. Mais au-delà des considérations mathématiques, Contador a sans doute voulu marquer les esprits et rappeler que le temps concédé depuis le départ en Vendée n'est pas rédhibitoire pour la victoire finale. "Cette deuxième place est très importante pour moi, pour le moral, a-t-il expliqué devant la caméra de France 2. J'ai essayé de gagner l'étape, j'ai été soutenu par mon équipe. Maintenant je pense à la suite. Je suis ici pour la victoire finale." Contador ne dévie pas d'un pouce de son objectif. A. Schleck: "Je n'ai jamais été inquiet pour Contador" Pourtant, le Madrilène continue de placer Evans et Andy Schleck comme les principaux candidats au maillot jaune à Paris: "Je ne sais pas si je gagnerai le Tour car je suis très fatigué. Et Schleck et Evans sont plus favoris que moi." Une manière peut-être de braquer l'attention sur eux et de s'offrir un peu d'ombre. Mais il ne pourra pas se cacher bien longtemps. Son statut de triple vainqueur de la Grande Boucle, même s'il sort d'un Tour d'Italie éreintant, ne lui offre guère de répit. La galère qu'il a vécue samedi avec la chute collective à dix kilomètres du Mont des Alouettes, puis dimanche avec du temps encore perdu dans le chrono par équipes, le place face à un scénario nouveau pour lui dans le Tour: passer à l'attaque pour revenir dans le coup. Il a apporté un premier élément de réponse sur les pentes de Mûr-de-Bretagne. Andy Schleck, lui, n'a pas été surpris de voir Contador à l'avant: "Il a eu beaucoup de malchance au premier jour, mais sa deuxième place n'est pour moi pas une surprise. Je n'ai jamais été inquiet pour lui." Le leader des Leopard-Trek a ensuite expliqué son retrait relatif par une montée qui ne lui convenait pas. "Quand ça a accéléré d'un coup, j'ai eu des difficultés à suivre, j'ai tenté de gérer mon effort, mais je ne suis pas arrivé au bout, a regretté le Luxembourgeois. Au début, j'étais un peu inquiet, je préfère largement les montées plus longues, pas ce genre de montée destinées aux sprinteurs. Mais huit secondes de retard, ce n'est pas non plus une catastrophe." Désormais neuvième du classement général, à douze secondes de Thor Hushovd, Schleck devance Contador d'une minute trente.