L'oeuvre d'une génération

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L'oeuvre d'une génération
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Après avoir loupé les Jeux Olympiques d'un rien en 2004 puis en 2008, l'équipe de France s'est rachetée en compostant son billet pour Londres, vendredi soir à Kaunas, grâce à sa victoire sur la Russie (79-71) en demi-finales de l'Euro 2011. Pour les anciens comme Tony Parker, Boris Diaw ou Florent Pietrus, cette qualification a un goût particulier.

Après avoir loupé les Jeux Olympiques d'un rien en 2004 puis en 2008, l'équipe de France s'est rachetée en compostant son billet pour Londres, vendredi soir à Kaunas, grâce à sa victoire sur la Russie (79-71) en demi-finales de l'Euro 2011. Pour les anciens comme Tony Parker, Boris Diaw ou Florent Pietrus, cette qualification a un goût particulier. Il n'y a pas de mot pour décrire ce que l'équipe de France réalise depuis plus de deux semaines en Lituanie. Pas de mot parce que cela n'avait jamais été fait. Historique est peut-être celui qui convient le mieux. Et encore, il ne reflète pas toutes les peines et les frustrations que les Bleus ont connues, ni tous les sacrifices qu'ils ont dû faire pour en arriver là. Là, c'est à Londres, aux Jeux Olympiques 2012. Cela faisait plus de dix ans que le basket tricolore attendait une telle réjouissance, une telle vitrine aussi. Plus d'une décennie d'efforts résumée par Tony Parker, qui a débarqué en sélection juste après Sydney et l'argent remporté par Antoine Rigaudeau, Laurent Sciarra et les autres. "Ça fait onze ans que je cours après ça, a-t-il rappelé après la victoire des Bleus face à la Russie (79-71), vendredi soir à Kaunas, en demi-finales de l'Euro 2011. C'est dur de mettre des mots sur ma joie quand tu as connu autant de galères." Son large sourire et ses yeux étoilés en disaient alors plus que n'importe quelle phrase. "C'est un rêve, a enchéri le capitaine de cette troupe, Boris Diaw. Depuis ma première sélection en équipe de France, on recherchait cette qualification. On est vraiment contents. Ce n'était pas joué d'avance. Au début de l'été, on s'était dit qu'il y aurait peut-être un tournoi pré-olympique mais finalement, on a réussi à l'éviter, c'est vraiment super." Seuls les deux finalistes de ce championnat d'Europe - l'Espagne et la France, donc - ont ce privilège. C'est dire si l'exploit est de taille. Ce n'est pas pour rien que, ces dernières années, les Bleus avaient échoué dans leur mission J.O., en 2003 en demi-finales contre la Lituanie et en 2007 en quarts face à la Russie. A chaque fois les futurs vainqueurs du tournoi. Pietrus: "Etre aux Jeux, c'est une consécration""Je ne réalise pas vraiment, a déclaré Florent Pietrus, un autre ancien de l'équipe. C'est vraiment énorme, on est très fiers de ce qu'on a fait. Pour nous, être aux Jeux, c'est une consécration. Défiler autour su stade olympique derrière le drapeau français, il n'y a pas plus beau." Ce moment-là a été long à venir, mais il faut parfois savoir se montrer patient. Les joueurs de Vincent Collet ont eu ce mérite-là, de toujours croire en eux. L'objectif de toute cette génération est atteint. Même les plus jeunes, qui ont commencé l'aventure en cours de route, ont dédié ce précieux sésame pour les Jeux aux aînés. Ils l'ont tellement désiré. "Je pense d'abord à Flo, à Ronny (Turiaf) qui est avec nous, Tony ou Boris qui ont galéré ces dernières années pour en arriver là", a ainsi réagi Nicolas Batum. "Je suis super heureux pour tous ces gars dans cette équipe qui ont vraiment tout donné, a ajouté Joakim Noah. Etre qualifiés pour les J.O., ce n'est pas rien. Je pense surtout à mon gars Ronny, qui est resté avec nous en Lituanie alors qu'il s'est blessé à la main en début de préparation. Il y a beaucoup de mecs qui, dans son cas, ne seraient pas là. Ça montre vraiment le caractère de cette équipe." Il lui reste maintenant un dernier détail à régler contre les Espagnols, dimanche soir. Pour que la fête soit encore plus belle.