L'impensable est arrivé

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L'impensable est arrivé
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Lyon a réussi un des plus beaux exploits de l'histoire du football français, en l'emportant avec six buts d'écart sur la pelouse du Dinamo Zagreb (7-1) pendant que le Real Madrid gagnait sur le terrain de l'Ajax Amsterdam (3-0) lors de la 6e et dernière journée du groupe D de Ligue des champions. Les Gones devaient remonter sept buts à l'Ajax pour espérer voir les huitièmes de finale, ils ont donc fait mieux que ça !

Lyon a réussi un des plus beaux exploits de l'histoire du football français, en l'emportant avec six buts d'écart sur la pelouse du Dinamo Zagreb (7-1) pendant que le Real Madrid gagnait sur le terrain de l'Ajax Amsterdam (3-0) lors de la 6e et dernière journée du groupe D de Ligue des champions. Les Gones devaient remonter sept buts à l'Ajax pour espérer voir les huitièmes de finale, ils ont donc fait mieux que ça ! Ce qu'a réussi Lyon en Croatie est plus qu'énorme. Dans l'urgence et dans l'euphorie, il est peut-être un peu présomptueux d'affirmer qu'il s'agit du retournement de situation le plus invraisemblable de l'histoire du football français en Coupe d'Europe. Etendre ce constat à l'ensemble des clubs du Vieux continent depuis plus de 50 ans le serait encore plus. Mais le renversement de situation est tellement ubuesque, tellement dépourvu de toute rationalité, qu'il restera dans l'histoire et dans les coeurs lyonnais pendant longtemps. L'ampleur de la victoire de l'OL (7-1) aurait pu être réduite à néant si le Real n'était pas aussi fort, ou n'avait tout simplement pas joué le jeu. A côté de ce qu'il s'est passé au stade Maksimir, l'exploit de Marseille à Dortmund en est presque relégué au second plan. Ce qu'il y a d'encore plus fou, c'est que même Rémi Garde n'y croyait pas au coup d'envoi. Et mardi, Jean-Michel Aulas disait encore à RMC: "La Ligue Europa, c'est fantastique." Son entraîneur ne le faisait d'ailleurs pas mentir, en se privant au coup d'envoi de Lisandro, Ederson, Källström, Réveillère ou encore Cris, préférant aligner d'entrée Gomis, Lacazette, Koné, Fofana. Et Gourcuff, qui n'a pas réalisé un match exceptionnel. Beaucoup moins, en tout cas, que le premier nommé. Au sein de cette nuit magique, Bafétimbi Gomis aura en effet l'étoile la plus brillante, en devenant le premier joueur français à inscrire un quadruplé en Ligue des champions. Il rejoint Marco van Basten, Simone Inzaghi, Dado Prso, Ruud van Nistelrooy, Andriy Shevchenko et Lionel Messi. Rien que ça. Gomis recordman de vitesse Pourtant, tout était si mal parti... Le scénario n'en est que plus beau, alors que Kovacic avait ouvert la marque en fin de première période (1-0, 40e) malgré un Dinamo réduit à 10 avant la demi-heure de jeu, suite à un deuxième avertissement récolté par Leko (28e). A ce moment-là, le coup d'arrêt était d'autant plus dommageable que le Real avait ouvert la marque rapidement par Callejon. Et que dans le même temps, l'arbitre assistant avait le drapeau facile à Amsterdam, très facile même, en refusant injustement deux buts à Lodeiro (32e) et Sulejmani (36e) sur des hors-jeu inexistants. Le signe du destin devait être pris à bras-le-corps, mais c'est facile à dire après. Sur le moment, il n'y en a sûrement pas un seul au monde qui devait croire à l'impensable. Alors qu'aux Pays-Bas, Higuain doublait la mise sur une passe décisive de Benzema peu avant la pause (42e), Gomis égalisait à Zagreb (1-1, 45e). Le début d'un festival, nécessaire puisqu'il restait alors cinq buts à remonter. Gonalons (1-2, 47e), puis Gomis à deux reprises (1-4, 48e, 52e) permettaient de rendre cette soirée un peu plus folle. Sans qu'elle ne devienne encore échevelée... Mais Lisandro, entré à la place de Lovren à la 54e minute de jeu, se chargeait de la faire pencher dans une pure folie en marquant le cinquième but (1-5, 64e). Et quand Gomis inscrivait son quatrième but personnel - non content d'avoir déjà réussi le triplé le plus rapide de tous les temps en Ligue des champions - en reprenant pour la troisième fois une offrande de Cissokho, l'incroyable réalité devenait palpable. Briand ajoutait un peu plus de marge encore (1-7, 76e), et l'ultime but de Callejon à Amsterdam scellait définitivement cette authentique soirée de football européen. Lyon dit oui à l'Europe, sept fois oui ! Et même neuf fois, comme le nombre de qualifications consécutives de l'OL en huitièmes de finale de C1.