L'histoire ne s'écrit qu'une fois

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L'histoire ne s'écrit qu'une fois
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Les retrouvailles entre John Isner et Nicolas Mahut, très attendues après leur match d'anthologie l'an dernier, n'ont évidemment pas offert autant d'intensité au premier tour de Wimbledon. Il fallait s'y attendre. Et c'est l'Américain qui s'est imposé à nouveau, prenant le meilleur sur le Français en trois manches (7-6, 6-2, 7-6). Un match qui ne restera pas dans les annales, contrairement au précédent.

Les retrouvailles entre John Isner et Nicolas Mahut, très attendues après leur match d'anthologie l'an dernier, n'ont évidemment pas offert autant d'intensité au premier tour de Wimbledon. Il fallait s'y attendre. Et c'est l'Américain qui s'est imposé à nouveau, prenant le meilleur sur le Français en trois manches (7-6, 6-2, 7-6). Un match qui ne restera pas dans les annales, contrairement au précédent. Il ne fallait pas s'attendre à un remake. D'abord parce que le premier tour entre John Isner et Nicolas Mahut l'an dernier est entré au panthéon du tennis pour son incroyable durée (11h05) et son intenable intensité. Ensuite parce que les deux joueurs n'avaient pas envie de remettre le couvert et on les comprend. Il était donc préférable de parler de revanche, surtout pour le Français, qui a eu beaucoup de mal à effacer les séquelles du match de la saison dernière. A la lumière du soleil déclinant, sur un court n°3 qui n'avait pas vraiment attiré les foules (les organisateurs n'ont pas eu l'audace de programmer le match sur le fameux n°18), Mahut n'a pas trouvé ce qu'il était venu chercher, s'inclinant en trois manches (7-6, 6-2, 7-6) contre un Américain bien plus solide. A l'énoncé du tirage au sort vendredi, une stupeur avait parcouru les allées du All England Cricket Club et bien plus loin encore. A l'entrée des deux joueurs sur le court, l'atmosphère semblait imprégnée d'une véritable excitation. Celle-ci retombait bien vite au fur et à mesure que les spectateurs quittaient le court avec l'heure tardive, mais aussi parce que le niveau de jeu n'atteignait jamais l'excellence. Au gros service d'Isner, Mahut répondait par des montées tranchantes au filet, un vrai match de gazon en somme. Mais sans l'étincelle qui aurait passionné un peu plus les spectateurs. Isner, lui, s'en moque bien de la manière, le voilà au deuxième tour où l'attend un autre Nicolas, l'Espagnol Almagro, pas un foudre de guerre sur herbe et donc une proie facile pour le géant américain. 2h03 de match, seulement... En plus, il n'abordera pas ce match sur les rotules comme ce fut le cas il y a un an contre De Bakker, puisqu'Isner est resté 2h03 sur le court face à Mahut. Ridicule quand on a déjà joué plus de onze heures. Durant ce laps de temps, l'Américain a pu jauger son service, tester ses réflexes en retour et renforcer sa régularité dans l'échange. Ce secteur de jeu tournait plus à l'avantage de Mahut dans la première manche, mais les balles de break étaient une denrée trop rare pour le Français que le jeu décisif sonnait comme une évidence. Les grosses erreurs de l'Angevin à ce moment-là du match n'avaient rien d'évidentes, malheureusement pour lui. Et elles ouvraient la porte à un cavalier seul d'Isner jusqu'à l'entame de la troisième manche (7-6, 6-2). Plus de rythme, plus de jeu, un peu plus de tout, la troisième manche offrait enfin quelque chose d'intéressant. Avec un break d'avance, Mahut avait même un quatrième set dans la raquette. Trop irrégulier, il lui manquait ce brin de confiance nécessaire pour conserver sa mise en jeu sans dommage. Rebelote alors pour un jeu décisif et rebelote pour Isner qui gagnait son billet pour le deuxième tour sur un coup droit trop long du Français. L'accolade entre les deux hommes, chaleureuse, en disait long sur le respect mutuel et l'amitié qu'ils entretiennent depuis un an. Seulement, il n'y a qu'un seul vainqueur dans l'histoire, c'est Isner.