L'embarras Diarra

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L'embarras Diarra
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Recrue phare de l'intersaison olympienne, Alou Diarra constitue pour l'heure une énorme déception. Alors que le contexte et le rendement actuels de son équipe exigent de sa part un investissement de tous les instants sur le terrain, l'intéressé apparaît trop souvent dilettante, parfois emprunté et en mal d'arguments techniques. Ces trois derniers matches, Didier Deschamps lui a réduit son temps de jeu. Qu'en sera-t-il face à Dortmund, mercredi, en Ligue des champions ?

Recrue phare de l'intersaison olympienne, Alou Diarra constitue pour l'heure une énorme déception. Alors que le contexte et le rendement actuels de son équipe exigent de sa part un investissement de tous les instants sur le terrain, l'intéressé apparaît trop souvent dilettante, parfois emprunté et en mal d'arguments techniques. Ces trois derniers matches, Didier Deschamps lui a réduit son temps de jeu. Qu'en sera-t-il face à Dortmund, mercredi, en Ligue des champions ? Certes l'OM a signé la semaine dernière son tout premier succès de la saison en championnat. En battant un Evian-Thonon-Gaillard des plus timides (2-0), Marseille a pris un court élan aussitôt freiné à Valenciennes ce week-end (1-1). Aussi l'heure reste-t-elle aux doutes alors qu'est annoncé au Vélodrome le Borussia Dortmund, champion d'Allemagne sortant, en visite mercredi pour le compte de la 2e soirée de Ligue des champions. Il y a deux semaines de cela, les hommes de Didier Deschamps ont parfaitement débuté leur campagne européenne, s'imposant péniblement sur le terrain de l'Olympiakos (0-1). Le challenge qui attend cette fois les Olympiens est cependant d'une toute autre facture. Et Marseille aura besoin de toutes ses forces vives pour le relever. Toutes, Alou Diarra compris. Bien que crédité d'une prestation honorable au Pirée, le milieu de terrain phocéen déçoit depuis le début de la saison, et affiche même de sérieuses lacunes ces derniers temps. Didier Deschamps, son plus fervent soutien depuis son arrivée au club, ne s'y est pas trompé, le remplaçant deux fois, devant Lyon à la pause et contre VA à l'heure de jeu, et lui préférant Charles Kaboré face à l'ETG. Autant de signes qui témoignent du malaise planant autour de l'international tricolore. Un capitaine potentiel contesté en sélection même - en atteste sa relégation sur le banc en Roumanie après une prestation sans éclat en Albanie début septembre. "Je ne suis pas dans une logique de sanction. Ça peut arriver de ne pas commencer par rapport à l'enchaînement des matches", justifiait l'entraîneur marseillais après la victoire de ses troupes contre Evian. Le principal intéressé, lui, jouait la carte de la diplomatie, et de l'esprit d'équipe: "C'est important d'impliquer tout le groupe et de faire confiance à chaque joueur. Je sais que je ne pourrai pas jouer tous les matches." Reste que l'ancien Bordelais, payé 3,8 millions d'euros par an, est censé incarner l'un des maillons forts de cet OM en reconquête et ne peut certainement pas se contenter d'être réduit au rang de remplaçant de luxe. Pas de remise en question... "Je ne suis pas le sauveur de l'OM, je suis un joueur comme les autres mais qui ne doit pas payer les erreurs du collectif. Il faut que tout le monde pense collectif avant de penser individuellement", se défendait-il au soir de la gifle encaissée à Gerland, tandis que son équipe venait d'hériter de la lanterne rouge. Et d'ajouter: "Quand on est dans le bas du classement, on ne regarde que ça. Je pense que l'on me juge uniquement sur le classement de l'Olympique de Marseille." Comment pourrait-il en être autrement alors que la sentinelle qu'il est, certes à son avantage dans les airs, peine à récupérer, à relayer et à relancer comme il se doit. En particulier quand le jeu s'accélère. Mercredi face à Dortmund, cela risque justement d'aller vite, le Borussia ne manquant pas de jeune et vifs talents tels que Mario Götze et Kevin Grosskreutz. Didier Deschamps pourrait être tenté ainsi d'aligner Charles Kaboré au coup d'envoi, avec un Lucho Gonzalez de nouveau positionné en retrait, derrière Morgan Amalfitano et le trio offensif André Ayew-Loïc Rémy-Mathieu Valbuena. "Alou a beaucoup d'expérience, il sait comment faire pour sortir de cette mauvaise passe, estimait la semaine passée Souleymane Diawara dans les colonnes de La Provence. Il doit s'adapter, continuer à bosser et sans doute en faire un peu plus, s'investir davantage à l'image du groupe." Marseille, déjà très en retard sur ses ambitions nationales, a tout à y gagner en effet.