L'échec de Mourinho

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L'échec de Mourinho
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Le Real Madrid ne remportera pas sa dixième Ligue des champions cette année, la faute au FC Barcelone, bourreau de la Maison Blanche en demi-finales de la compétition. Si José Mourinho et ses hommes n'en finissent plus d'accabler l'arbitrage, le terrain a lui mis en lumière les mauvaises décisions prises par le technicien portugais, le club catalan surmontant le défi physique imposé par les Merengue.

Le Real Madrid ne remportera pas sa dixième Ligue des champions cette année, la faute au FC Barcelone, bourreau de la Maison Blanche en demi-finales de la compétition. Si José Mourinho et ses hommes n'en finissent plus d'accabler l'arbitrage, le terrain a lui mis en lumière les mauvaises décisions prises par le technicien portugais, le club catalan surmontant le défi physique imposé par les Merengue. "Les arbitres nous ont fusillés. Ils nous ont volés à Barcelone et à Madrid, ils nous ont jetés de la Ligue des champions". Iker Casillas a bien du mal à avaler la pilule de l'élimination, celle survenue mardi au stade des demi-finales après que le Real Madrid a accroché le match nul sur le terrain du Barça (1-1). Le portier champion du monde est loin d'être le seul à montrer du doigt les prestations signées par les hommes en noir, M. Stark au Bernabeu et M. De Bleeckere au Camp Nou. Pourtant, cette victimisation à l'excès ne doit pas faire oublier une évidence: la tactique prônée par José Mourinho a échoué. Désireux de reproduire la performance réalisée avec l'Inter Milan la saison dernière, l'entraîneur portugais n'est pas parvenu à faire bégayer l'histoire. "Les joueurs et moi n'avons aucune responsabilité dans la défaite", assurait le "Special One" à l'issue du match aller perdu deux buts à rien après un doublé de Lionel Messi. Le Lusitanien ne se dédouanerait-il pas trop facilement ? Il est permis de le penser au vu du jeu proposé par le Real Madrid lors de ces 18 jours de folie marqués par quatre clasicos et un bilan équilibré: deux matches nuls, une victoire madrilène en Coupe du Roi et un succès catalan suffisant pour rallier Wembley, théâtre de la finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes, le 28 mai prochain. Adepte d'un 4-3-3 ultra-défensif et agressif lors des trois premiers rendez-vous, le "Mou" a certes permis au Real Madrid de remporter un trophée, mais à quel prix ? Ternissant son image et celle de l'institution madrilène, Mourinho a donc soulevé une Coupe du Roi mais également vu son équipe enfiler le mauvais costume, celui d'un brutal Madrid aux allures néerlandaises lors de la dernière finale de Coupe du monde. Résultat: les Merengue n'ont pas terminé un match à onze et ont bénéficié de la mansuétude de M. De Bleeckere, mardi au Camp Nou, pour enfin finir un clasico en égalité numérique, le Belge se montrant indulgent à l'endroit d'un Ricardo Carvalho qui aurait pu quitter la pelouse avant même le repos. Benzema sacrifié Au-delà de ce détail allégrement passé sous silence par les Merengue, au contraire du but refusé à Gonzalo Higuain, les choix de José Mourinho n'en restent pas moins discutables. Optant pour un schéma qui a fait ses preuves tout au long de la saison pour la demi-finale retour, le 4-2-3-1, le Portugais affichait enfin, bon gré mal gré, une volonté de proposer du jeu offensif. Un noble dessein saboté par le choix des hommes, comme celui de titulariser Gonzalo Higuain à la pointe de l'attaque, l'Argentin rappelant au monde entier qu'il était à court de forme, manquant de vitesse pour faire la différence. Remplacé en deuxième période par Emmanuel Adebayor, le Togolais n'a guère eu plus de réussite, si ce n'est pour multiplier les fautes. Difficile alors de comprendre pourquoi Karim Benzema n'a pas été utilisé lors de ce rendez-vous et, plus généralement, à dose homéopathique lors des clasicos précédents. L'international français n'a pas été le seul remisé au placard, Mesut Özil faisant lui aussi les frais de ces joutes entre les meilleurs ennemis du football espagnol. Une autre décision difficilement compréhensible quand on sait que Kaka lui a été préféré au Camp Nou, le Brésilien traversant la rencontre comme un fantôme jusqu'à son remplacement à l'heure de jeu par le meneur de jeu allemand. "Il fallait aller chercher l'adversaire et c'était le joueur dont nous avions besoin pour tenir le ballon", se justifiera après coup Aitor Karanka, l'adjoint de Mourinho, absent au Camp Nou après sa suspension du match aller. Le Real Madrid est éliminé et par la même occasion frustré. "Mourinho avait raison, poursuivra Karanka. Après le match aller, il a dit que nous ne pouvions pas passer. Si le match aller s'était passé différemment, on aurait pu arriver à Barcelone avec un 0-0 et Pepe. Les faits sont là. Mourinho est déçu et indigné." Un peu comme certains amateurs de football par l'impression laissée par ce Real Madrid et son entraîneur.