L'Angleterre se cherche encore

  • A
  • A
L'Angleterre se cherche encore
Partagez sur :

Dans l'attente de possibles retrouvailles avec les Bleus pour un crunch bouillant en quarts de finale, les Anglais doivent, comme les hommes de Marc Lièvremont, déjà valider leur billet lors d'un match couperet face à l'Écosse ce samedi au sein de la poule B de cette Coupe du monde. Le score fleuve face à une faible Roumanie, n'a pas rassuré Martin Johnson qui attend plus de ses ouailles. Notamment une discipline qui leur fait curieusement défaut depuis le début de la compétition.

Dans l'attente de possibles retrouvailles avec les Bleus pour un crunch bouillant en quarts de finale, les Anglais doivent, comme les hommes de Marc Lièvremont, déjà valider leur billet lors d'un match couperet face à l'Écosse ce samedi au sein de la poule B de cette Coupe du monde. Le score fleuve face à une faible Roumanie, n'a pas rassuré Martin Johnson qui attend plus de ses ouailles. Notamment une discipline qui leur fait curieusement défaut depuis le début de la compétition. 37. Voici le chiffre qui fait bondir Martin Johnson. En trois rencontres, contre l'Argentine, la Géorgie et la Roumanie, les Anglais ont concédé 37 pénalités (contre 25 pour les Bleus à titre de comparaison). Une indiscipline chronique qui agace au plus haut point le sélectionneur du XV de la Rose, conscient que ce genre d'erreur se paierait cash face à un adversaire plus renommé. Ou même simplement plus réaliste que les Pumas qui avaient laissé filer trois tentatives pour finalement s'incliner de quatre points face, il est vrai, face à au moins autant maladroits qu'eux en la personne d'un Jonny Wilkinson à la botte rouillée ce soir là sur la pelouse de l'Otago Stadium (5 manqués). Or cet adversaire plus consistant, cela pourrait bien être l'Écosse ce samedi, vieille connaissance que l'Angleterre n'a pourtant jamais affronté hors de leur ile britannique (la demi-finale de 1991 se jouant à Edimbourg). D'autant que les joueurs d'Andy Robinson joueront aussi gros que des Tongiens affamés à l'idée de croquer du Bleu ce samedi. Là où les coéquipiers de Finau Maka ont besoin d'une victoire avec le bonus offensif sans bonus défensif pour éliminer les Français, les Écossais, eux, peuvent se contenter d'une victoire tout court pour sortir les finalistes de la dernière édition. C'est dire si le danger est grand d'offrir sur un plateau un tel affront au pied de Chris Paterson (Dan Parks étant remplaçant), 20 ans pile après le raté de Gavin Hastings à Murrayfield. Wilkinson : "L'heure prendre les choses en main davantage que d'en parler" Énervé, Johnson a appelé à la mobilisation et peut se satisfaire du retour de suspension de l'expérimenté Courtney Lawes en deuxième ligne, un point essentiel pour rétablir la sacro-sainte discipline anglaise. Tout en appelant à la prudence: "C'est un gros match. Si on le prend mal, on pourra monter dans l'avion dimanche soir", s'est évertué à rappeler l'ancien capitaine. "Croyez-moi, quand vous en arrivez à des matches couperets, et c'est le cas, il faut trouver le chemin de la victoire." Un appel relayé par les anciens de la maison, Jonny Wilkinson en tête, le Toulonnais s'apprêtant à enchaîner une deuxième titularisation consécutive au détriment de Toby Flood et son 18e match de Coupe du monde, record partagé avec... Martin Johnson ! "Quand on en est aux moments où il faut gagner ou perdre avec un petit écart, il faut être beaucoup plus attentif aux détails", souligne « Wilko ». "On sait dans quel sens on veut aller. C'est l'heure de prendre les choses en main davantage que d'en parler." Le héros de 2003 fait bien d'insister car nul doute que les Écossais auront soigneusement disséqué cette étonnante faiblesse, Andy Robinson les connaissant par coeur du haut de son statut d'ancien adjoint de Clive Woodward. "Il adore le rugby. Il va travailler aussi dur que possible sur nous. Il va être méticuleux et il va essayer de trouver quelque chose pour nous surprendre. C'est pour ça qu'on doit être parés à toute éventualité", reconnaissait cette semaine le capitaine Mike Tindall. "Si vous repensez à Twickenham (lors du match des Six Nations en mars dernier, remporté par 22-16 par le XV de la Rose, ndlr), ils avaient mis une belle pagaille dans les zone de contact.Ils nous avaient vraiment mis la pression. Pour que notre jeu fonctionne vraiment, nous avons besoin de balles rapides et à Twickenham, ils avaient bien réussi à nous les ralentir. On s'est concentrés sur ce point cette semaine". Là sera peut-être en effet l'une des clés du match, les ailiers anglais ayant pris l'habitude de sortir les leurs du pétrin depuis le début du tournoi. Chris Ashton, meilleur marqueur d'essais du tournoi (5 réalisations), pourrait bien être appelé à la rescousse. Mais Martin Johnson ne se contentera sûrement pas d'un succès sans prestige ni discipline tactique, même porteur d'un billet pour un quart de finale face aux Bleus...