Kunter: "Je ne suis pas docteur..."

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Kunter: "Je ne suis pas docteur..."
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Battu par l'Asvel la semaine dernière, Cholet veut se reprendre contre Le Mans, samedi soir, lors de la 20e journée de Pro A. Un derby qu'Erman Kunter annonce "difficile et serré". A l'image de cette saison, rendue compliquée par les blessures à répétition, notamment celle de Fabien Causeur. "On a perdu pas mal de temps, estime le coach du CB. Mais je suis persuadé qu'on peut aller au bout."

Battu par l'Asvel la semaine dernière, Cholet veut se reprendre contre Le Mans, samedi soir, lors de la 20e journée de Pro A. Un derby qu'Erman Kunter annonce "difficile et serré". A l'image de cette saison, rendue compliquée par les blessures à répétition, notamment celle de Fabien Causeur. "On a perdu pas mal de temps, estime le coach du CB. Mais je suis persuadé qu'on peut aller au bout." Erman, la défaite subie à Villeurbanne (77-89) le week-end dernier est-elle digérée ? Pas vraiment. On était diminué. Perdre là-bas n'est pas une catastrophe mais notre deuxième quart-temps n'était pas bon. A part à ce moment-là, on a toujours été dans le match. On a essayé de revenir dans les troisième et quatrième quart-temps, mais il y avait encore six, sept ou huit points d'écart. On n'a pas eu assez la niaque, on a perdu des ballons et donné des rebonds défensifs. Voilà, on doit continuer à travailler. D'autant que la concurrence est rude en tête avec cinq équipes en un point... C'est un peu difficile cette saison, il y a beaucoup d'équipes qui ont le niveau. Je mets aussi dans le panier Villeurbanne et Le Mans, parce que leur effectif n'est pas mauvais. Il y a, selon moi, sept équipes qui sont assez costaudes. Et après, pendant les play-offs, tout sera possible. C'est vraiment un championnat ouvert. Vous évoquez Le Mans, votre adversaire samedi soir à La Meilleraie. A quel match vous attendez-vous contre cette équipe assez irrégulière ? Moi, je me souviens surtout qu'ils sont allés gagner à Gravelines en janvier (91-86) donc ça veut dire qu'il y a un potentiel. Ils ont des capacités. Quelques fois ça marche, d'autres non. Mais ça sera un match important pour eux, donc difficile pour nous. En plus, c'est un derby donc le MSB ne voudra pas le perdre... C'est si particulier que ça un derby Cholet-Le Mans ? Non, pas spécialement. Mais depuis deux ou trois ans, les deux équipes jouent toujours quelque chose. Donc c'est à chaque fois un match intéressant. Je m'attends à un score serré. Cholet reste sur un mois de février en demi-teinte avec cette défaite contre l'Asvel, donc, et l'élimination en quarts de finale de la Semaine des As. C'est inquiétant, selon vous ? Un peu. Bon, l'année dernière aussi on avait perdu en quarts des As à la même période. Mais il nous manque des joueurs et ce sont de longues absences. On essaie de trouver des solutions mais ça prend du temps. On n'est pas dans une situation très favorable. Maintenant, on a l'avantage du calendrier puisqu'on va recevoir Nancy et Chalon. Toutes les équipes ont des périodes difficiles, il vaut mieux l'avoir maintenant que fin avril ou début mai. L'an dernier, on est descendu assez bas en février. Il y avait eu les défaites aux As, en Coupe de France, et contre Hyères-Toulon. Et puis on était remonté. Pour l'instant, donc, ça me semble se passer comme en 2010. "Même avec cette équipe, je suis persuadé qu'on peut aller au bout" A quel point les blessures à répétition, de Causeur ou Falker par exemple, vous ont gêné cette saison ? Quand on a perdu ces deux joueurs-là contre le Cibona (en Euroligue au mois de novembre, ndlr), on a appuyé sur les autres joueurs majeurs. Et dans ce cas-là, on a eu besoin de sang frais mais on n'a pas ça. Enfin si, on l'a, mais ça ne s'est pas toujours bien vu... On a des joueurs qui peuvent beaucoup nous apporter en sortie de banc mais sur certains matches, par exemple contre Pau ou l'Asvel, ils ne l'ont pas fait. Ils ont essayé, hein. Où en est Causeur exactement ? D'après ce que j'ai compris, c'est une blessure un peu chiante qu'il a (l'arrière français souffre d'une aponévrose de la voûte plantaire, ndlr). Je ne suis pas docteur. Les médecins m'ont d'abord dit qu'il serait absent trois semaines. S'ils m'avaient dit trois mois, je n'aurais pas fait du bricolage. Là, à chaque fois qu'on a eu des nouvelles, c'était deux ou trois semaines de plus. En tout, ça fait plus de quatre mois. Je n'accuse personne. Mais pour moi, c'est compliqué à gérer. Au mois de novembre, on n'a pas tout de suite recruté de pigiste médical, on a continué à jouer sans lui. On était un peu partagé: est-ce qu'on devait le remplacer ou pas ? Depuis, on a pris William (Gradit) et on l'a prolongé comme joker. Il a bien appris le fonds de jeu, donc ça va. Mais on a perdu pas mal de temps. N'avez-vous pas peur que votre équipe, qui mise beaucoup sur la défense et donc sur le physique, soit épuisée en fin de saison ? Avoir peur n'est pas une solution. On a aussi perdu beaucoup d'énergie pendant l'Euroligue. Mais on ne va pas changer aujourd'hui notre philosophie de basket. Il y a des blessés, il faut faire avec. C'est la règle du jeu. Après, pour Fabien (Causeur), je ne suis pas très pessimiste. Sauf s'il doit subir une troisième infiltration. Là, sa saison sera finie. Malgré tous ces ennuis, vous êtes co-leaders du championnat avec Chalon-sur-Saône. C'est important pour vous à ce moment-là de la saison ? Non. Le plus important, c'est qu'on finisse dans les deux premiers pour avoir l'avantage du terrain jusqu'à la finale. Ça, on peut le faire. Même avec cette équipe, je suis persuadé qu'on peut aller au bout. Après, je pense qu'on pourrait avoir deux victoires de plus. La situation n'est pas catastrophique mais quand on est coach, vous savez... Si on gagne les deux prochains matches (contre Le Mans et Roanne, ndlr), on aura de bonnes chances d'être premier ou deuxième.