Kombouaré connaît la règle du jeu

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Kombouaré connaît la règle du jeu
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S'il est toujours l'entraîneur du Paris Saint-Germain au terme d'une trêve internationale agitée, la faute à la rencontre entre Leonardo, le directeur sportif du club de la capitale, et Carlo Ancelotti, Antoine Kombouaré ne se fait aucune illusion, et ce depuis le début de la saison : son avenir sur le banc parisien dépend du parcours de son équipe. Ce qui ne lui offre aucun droit à l'erreur. Comme dimanche au Parc face à Nancy.

S'il est toujours l'entraîneur du Paris Saint-Germain au terme d'une trêve internationale agitée, la faute à la rencontre entre Leonardo, le directeur sportif du club de la capitale, et Carlo Ancelotti, Antoine Kombouaré ne se fait aucune illusion, et ce depuis le début de la saison : son avenir sur le banc parisien dépend du parcours de son équipe. Ce qui ne lui offre aucun droit à l'erreur. Comme dimanche au Parc face à Nancy. "Je suis premier du championnat..." S'il s'est repris rapidement pour s'effacer devant l'institution PSG, Antoine Kombouaré a laissé échapper ce lapsus, presque gêné de se mettre ainsi en avant... Et pourtant, si le Paris Saint-Germain est en tête du championnat après 13 journées, avec un total de 30 points sur 39 possibles, soit le meilleur départ de l'histoire du club, "une fierté", avoue-t-il, c'est aussi en partie grâce à lui. Mais l'ancien entraîneur de Valenciennes, qui n'a pas le charisme d'un José Mourinho ou d'un Carlo Ancelotti et en convient très bien ("Forcément, il y a de la vérité. Ancelotti, c'est un mec qui a gagné la Ligue des champions. Son palmarès parle pour lui", reconnaît-il), n'est aujourd'hui qu'un simple pion sur l'échiquier de ce nouveau PSG. Un pion qui sautera au moindre faux-pas, qu'importe si le club est alors en tête du championnat ou toujours en course pour le titre. Ainsi soit-il, l'argent est roi. "Je n'ai pas à juger. C'est le foot", constate, sans amertume ni faux-semblant, Kombouaré. "Je vous l'ai dit depuis le début, ce n'est pas venu de la bouche de Leonardo : je n'étais pas supposé être là. Quand des actionnaires arrivent et investissent beaucoup d'argent, les gens changent. La preuve, Robin Leproux est parti. Donc je m'attendais aussi à un changement à mon niveau. Ils ont décidé de me garder et de lier mon avenir aux résultats de l'équipe. Je suis là, le club est en tête du championnat donc forcément j'ai le sentiment de faire du bon travail. Le reste, je ne le maîtrise pas." Pas plus l'agenda de Leonardo, lequel a profité de la trêve internationale pour discuter dans un restaurant parisien avec Carlo Ancelotti, un entraîneur qu'il connaît bien pour avoir travaillé avec lui à l'AC Milan, que les rumeurs de la presse... Une discussion "mouvementée" avec Leonardo "Que les choses soient bien claires, en ce qui me concerne, jamais je n'ai imaginé ne plus être l'entraîneur du PSG", évacue Kombouaré, pas surpris par la manière de fonctionner de son manager même s'il aurait aimé plus de discrétion de sa part, pour preuve la "discussion parfois un peu mouvementée" qu'ils ont eu cette semaine. "Ce qui s'est passé cette semaine, c'est la façon de fonctionner du club aujourd'hui, rappelle-t-il. On est en train d'anticiper. Mais c'est tout à fait normal ! C'est la suite logique de cette envie de faire progresser le club, avec la possibilité de contacter d'autres entraîneurs, d'autres joueurs. Tout est possible. Alors la concurrence est accrue à tous les niveaux, que ce soit pour les joueurs ou pour l'entraîneur..." Un contexte qui ne l'effraie pas, lui qui n'est pas du genre à lâcher, désireux de "s'inscrire fortement dans le futur du club" même s'il est conscient de ne pas avoir toutes les cartes en mains. "Depuis le début, je sais où j'en suis, que ce soit dans mon travail ou avec les gens qui dirigent ce club, insiste-t-il. Donc je n'ai aucun souci. Je suis blindé, je sais depuis le début qu'il faut que je reste concentré sur mon travail. Ce n'est qu'à force de travail que je réussirai à faire progresser le club. Le reste, ça m'importe peu." "Je ne me plains pas" Tout juste peut-il s'appuyer sur son bilan après le premier tiers du championnat. "Ce que l'on est en train d'accomplir avec des joueurs qui ne sont pas habitués à jouer tous les trois jours, comme Gameiro, Ménez ou Pastore, avec neuf joueurs arrivés tardivement et sans préparation, avec Leonardo arrivé lui aussi tardivement, c'est fantastique", note-t-il sans occulter que le résultat ne suffira pas sans la manière, comme le lui ont rappelé ses patrons : "Je suis le premier à le dire !" Une première place qui plaide en sa faveur, preuve selon lui qu'il a les épaules suffisamment solide pour gérer un vestiaire avec des egos aussi relevés que ceux de Pastore, Ménez ou encore Nenê. "Bien sûr qu'il y a parfois des tensions entre eux et moi, j'ai un management qui est ce qu'il est", avoue-t-il, ne niant pas son côté Père Fouettard. "Mais notre relation est basée sur le respect, sur la confiance et sur le travail." Des joueurs qui, aujourd'hui, le soutiennent, à l'instar de Christophe Jallet, mais l'intéressé ne se fait pas d'illusion : "Quand on a de bons résultats, forcément les joueurs vont se demander ce que l'on peut reprocher au coach et pourquoi on changerait. Ils sont dans une logique de victoire, de confiance." Une dynamique qu'il s'est appliqué à nourrir au cours de cette trêve un peu particulière pour ne pas passer à côté, dimanche au Parc des Princes, face à Nancy : "Ce n'est pas évident à gérer, pour les joueurs, qu'il faut protéger, il faut les remettre dans le coup, leur donner l'envie de repartir au combat pour oublier cet épisode. On a travaillé pendant 15 jours pour remobiliser tout le monde, pour qu'ils fassent abstraction de tout ce qui s'est passé. On a tout fait pour préparer le match au mieux." Autrement dit, dans un contexte qu'il aurait aimé moins animé. "Je ne me plains pas, balaie-t-il. Il faut mesurer la chance qui est la nôtre aujourd'hui. C'est un projet fantastique, avec des moyens fantastiques. On ne se cherche pas d'excuse. Et on avance, on avance... Et puis, si ça s'arrête demain, c'est la vie." Ainsi soit la vie d'entraîneur à Paris...