Kolobnev, et après ?

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Kolobnev, et après ?
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Au lendemain de l'annonce du contrôle positif et de l'exclusion d'Alexandr Kolobnev, le peloton du Tour de France 2011 a embrayé mardi sur la deuxième partie du parcours, sans aucun état d'âme pour le coureur incriminé. Cet énième cas de dopage n'a en effet pas atteint le moral des acteurs du cyclisme, heureux de voir les tricheurs pris dans les filets des agences de lutte contre ce fléau.

Au lendemain de l'annonce du contrôle positif et de l'exclusion d'Alexandr Kolobnev, le peloton du Tour de France 2011 a embrayé mardi sur la deuxième partie du parcours, sans aucun état d'âme pour le coureur incriminé. Cet énième cas de dopage n'a en effet pas atteint le moral des acteurs du cyclisme, heureux de voir les tricheurs pris dans les filets des agences de lutte contre ce fléau. Un contrôle positif au bout de la première semaine du Tour 2011. Il n'en fallait pas plus pour voir les détracteurs de la Petite Reine remettre de l'huile sur le feu du débat brûlant autour d'un cyclisme propre. La nouvelle, tombée lundi sous les coups de 20h, s'est attirée les ires des uns, ceux qui se demandent déjà quel sera le prochain sur la liste, et les félicitations des autres, heureux de voir cette chasse aux sorcières suivre son cours. On retiendra néanmoins la présomption d'innocence pour Alexandr Kolobnev qui, au lendemain de l'annonce de son contrôle positif à un diurétique lors de la cinquième étape, s'est fendu d'un communiqué sur son site officiel, où il clame son innocence: "On m'a dit que les laboratoires avaient trouvé une substance, l'hydrochlorothiazide, dont je ne connais pas la provenance. Dans l'attente d'avoir plus d'informations, je n'ai rien à dire à ce sujet, par respect pour les organisateurs de la course et le cyclisme en général". Le puncheur russe, 68e au classement général avant d'être pris par la patrouille, était pourtant dans le collimateur des agences anti-dopage. Il était noté à 5/10 dans la fameuse liste de suspicion dévoilée par l'Equipe en mai dernier... En attendant l'analyse de l'échantillon B ces prochains jours, le vice-champion du monde 2007 et 2009 a "décidé, de son propre chef, de quitter le Tour de France, par respect, là encore, des règles de l'UCI et de l'Agence mondiale antidopage (AMA)". Un choix personnel, donc, qui n'a pas ému plus que cela le reste du peloton, beaucoup plus concerné par les problèmes de sécurité, suite à la manoeuvre accidentelle ayant mis à terre dimanche Juan-Antonio Flecha et Johnny Hoogerland, que par cet énième cas de dopage. Comme si les coureurs souhaitaient évacuer cette triste actualité, témoin d'un simple cas isolé au sein d'un troupeau en règle. Bernaudeau: "Un problème culturel" Les coureurs peu diserts sur le sujet, il faut se tourner vers les anciens grands noms du cyclisme, aujourd'hui devenus consultants, pour trouver trace d'une réaction, positive ou négative, sur ce nouveau nom épinglé. C'est le cas notamment de Cyrille Guimard, présent sur les ondes de RMC, qui soulève le cas de pratiques douteuses dans certains pays : "On a beaucoup de suspicions sur les coureurs de l'Est. Même dans le recrutement des équipes professionnelles, on se pose beaucoup de questions. Tout le monde ne court pas avec les mêmes règles. On sait que les diurétiques font partie des produits masquants. Et donc des produits interdits." Des propos corroborés par Jean-René Bernaudeau, manager de la formation Europcar, tenancière du maillot jaune de Thomas Voeckler, qui derrière la découverte de cette substance dans l'échantillon A des analyses de Kolobnev, y voit "un problème culturel". "J'aimerais bien que les mecs comme lui arrêtent de nous pourrir la vie", s'est ainsi offusqué Bernaudeau sur L'Equipe.fr. "C'est bizarre, on est en pleine reconstruction et des mecs comme ça n'ont toujours rien compris. Ce sont des petits voyous." Christian Prudhomme, directeur du Tour, s'est en tout cas réjouit de la fructueuse collaboration entre l'Union cycliste internationale (UCI) et l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) après ce contrôle positif: "C'est une très bonne nouvelle. Le combat continue. On sait que c'est un combat long, qui durera toujours. Lutter, c'est déjà compliqué mais c'est plus facile quand tout le monde travaille la main dans la main." S'il a davantage "confiance dans la lutte pour un cyclisme propre", Prudhomme n'imagine pas pour autant ne plus avoir affaire à des brebis galeuses sur les routes de la Grande Boucle. Une réponse devrait lui être apportée dans les prochaines semaines, voire dans plusieurs mois...