Kirwan s'est-il vu trop beau ?

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Kirwan s'est-il vu trop beau ?
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Précédée dans cette Coupe du monde par ses résultats et son jeu en nets progrès, l'équipe du Japon, entraînée par John Kirwan, n'a pu assumer son ambition d'être la révélation de ce Mondial néo-zélandais. Toujours sans victoire avant de clôturer leur tournoi mardi face au Canada, les "Cherry Blossom" sont au même point : leur dernier et unique succès dans la compétition date toujours d'il y a vingt ans.

Précédée dans cette Coupe du monde par ses résultats et son jeu en nets progrès, l'équipe du Japon, entraînée par John Kirwan, n'a pu assumer son ambition d'être la révélation de ce Mondial néo-zélandais. Toujours sans victoire avant de clôturer leur tournoi mardi face au Canada, les "Cherry Blossom" sont au même point : leur dernier et unique succès dans la compétition date toujours d'il y a vingt ans. Un constat d'échec "Notre but est d'être l'équipe qui a fait le plus de progrès au monde. Je pense que nous devrons être jugés à la fin du tournoi sur nos performances d'entraîneurs et de joueurs." John Kirwan aura eu beau marteler avec force et conviction son ambition tout au long de cette Coupe du monde, son leitmotiv n'aura pas été suivi d'effets. Débarquée en Nouvelle-Zélande forte d'une victoire inédite dans la Pacific Nations Cup, la sélection nippone, dotée d'un jeu lui-même plus abouti et ambitieux, n'aura existé réellement que le temps d'un match face à la France, poussée dans ses derniers retranchements, avant de s'imposer (47-21). S'en sont suivis deux revers, l'un logique face aux All Blacks (83-7), l'autre beaucoup plus décevant face aux Tonga (31-18), qui laissent aujourd'hui Kirwan et ses hommes dans l'obligation de s'imposer mardi, à Napier, face à une équipe du Canada, tombeuse des Tongiens (25-20) et dont le tournoi est déjà une réussite. "On sait qu'on a mal joué, assume Kirwan, dont les joueurs ont durement éprouvé la réalité de la compétition avec pas moins de cinq forfaits définitifs. Dans une Coupe du Monde, tout le monde joue mal, mais quand vous jouez mal, vous devez gagner. On a mal joué et on a perdu. On n'est pas assez bons pour mal jouer et gagner." Si le jeu enlevé et plein de générosité de son équipe a enflammé le public, le Japon attend toujours une victoire en Coupe du monde qui le fuit depuis vingt ans et un succès sur le Zimbabwé. "Ça ne sert à rien de bien jouer si on perd, reconnaît un Kirwan trop lucide sur les exigences du haut niveau pour se bercer de fausses illusions. Je crois qu'on n'était pas prêts pour une telle intensité, et ça nous a fait faire des erreurs. Il est important de bien commencer, et on ne l'a pas fait." Les Nippons n'ont donc d'autre choix que de bien finir face aux Canucks: "C'est un match important pour nous tous. On est déçus du match contre les Tonga, donc l'équipe est très motivée à livrer un grand match. On est impatients de jouer un grand match contre le Canada." Un match entre Blacks "C'est un mec bien, vraiment, on faisait chambre commune. Il a un sens de l'humour assez cassant. C'est un gars de la campagne, il avait l'habitude de se lever à 6h du matin, de me réveiller et de m'apporter une tasse de thé. Je suis un citadin, je n'étais pas habitué à ça, j'aime me lever beaucoup plus tard." Face au Canada, John Kirwan retrouve Kieran Crowley, coéquipier au sein des All Blacks sacrés champions du monde en 1987. Autant dire que les deux hommes se connaissent parfaitement et l'ancien ailier vedette de la sélection néo-zélandaise sait à quoi s'attendre de la part de son homologue: "Il jouera probablement un jeu de possession assez tôt et nous mettra sous pression. [...] Kieran a fait du super boulot. Je pense qu'ils ont beaucoup progressé et ils ont quelques très bons joueurs, comme le 8 et le 13. [...] Il prépare un match très tactique contre nous, je pense que ça rendra le Canada encore meilleur." Et d'autant plus dangereux que les Canucks ont pu bénéficier de neuf jours de repos depuis leur défaite face à la France (46-19). Un luxe dans cette Coupe du monde si peu favorable aux petites nations: "Ils ont eu beaucoup de temps pour se préparer, donc tactiquement, ils seront très forts et auront quelques surprises pour nous", prévient Kirwan. Qui sait pourtant se montrer zen lorsqu'on évoque son avenir à la tête du Japon: "C'est notre façon de vivre, je n'ai aucun contrôle là-dessus. C'est dans la nature des choses, les contrats arrivent ou non. Je ne peux pas contrôler ça." Et de conclure, plus sage que jamais: "Le plus important, ce n'est pas comment vous tombez, c'est comment vous vous relevez et repartez."