Kirwan: "Rien à perdre..."

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Kirwan: "Rien à perdre..."
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Meilleur joueur en 1987 de la première Coupe du monde qu'il contribua largement à offrir à la Nouvelle-Zélande, John Kirwan fut avant Jonah Lomu l'autre ailier mythique des All Blacks. 24 ans plus tard et le joueur s'est fait entraîneur pour revenir au pays sous les couleurs du Japon, premier adversaire de l'équipe de France samedi, à North Shore. Une première opportunité de mesurer les réels progrès des Nippons.

Meilleur joueur en 1987 de la première Coupe du monde qu'il contribua largement à offrir à la Nouvelle-Zélande, John Kirwan fut avant Jonah Lomu l'autre ailier mythique des All Blacks. 24 ans plus tard et le joueur s'est fait entraîneur pour revenir au pays sous les couleurs du Japon, premier adversaire de l'équipe de France samedi, à North Shore. Une première opportunité de mesurer les réels progrès des Nippons. John, vous étiez de la seule et unique victoire à ce jour de la Nouvelle-Zélande lors de la Coupe du monde 1987. Quel sentiment vous anime à l'heure de ce retour au pays ? C'est extraordinaire d'être en Nouvelle-Zélande et je suis très heureux d'y être pour le rugby. La Nouvelle-Zélande est pour nous le temple du rugby et nous voulons montrer aux Néo-Zélandais comment, au Japon, on joue au rugby. Il est important que nous jouions notre rugby qui, nous le croyons, a son identité propre. Je suis vraiment fier et honoré d'être de retour chez moi, avec l'équipe du Japon. Nous avons la chance de tomber sur les All Blacks dans notre poule. On devrait être content, non ? C'est la Coupe du Monde de rugby. Vous ne voulez pas venir jusqu'ici pour que ce soit facile. Ça ne le sera pas et j'en suis content. Donc jouer contre eux sera un moment spécial. Nous voulons simplement entrer sur le terrain et jouer avec courage et engagement. L'équipe de France, votre premier adversaire dans cette compétition, a choisi d'aligner sa meilleure formation du moment. Flatté ? Je l'ai vu ce matin et je suis vraiment satisfait qu'ils alignent leur meilleure équipe. Ils ont (Fabrice) Estebanez et (Cédric) Heymans derrière et (François) Trinh-Duc à l'ouverture donc je suis vraiment content qu'ils alignent leur meilleure équipe. Nous espérions qu'ils alignent leur équipe-type, ils l'ont fait, donc c'est super. Etre l'équipe la plus en progrès dans cette Coupe du monde" Si affronter les Blacks est un cadeau, jouer l'équipe de France en est un autre à l'évidence à vos yeux ? La France occupe une place de choix dans mon coeur. J'ai disputé mon premier test-match contre la France, j'ai battu mon record de sélections dans l'équipe des All Blacks lors d'un test contre la France, quand Philippe Sella a disputé sont 100e match pour la France. Nous nous réjouissons vraiment à l'idée de jouer contre la France. Les Français ont un beau style de jeu, c'est du "rugby champagne". Nos joueurs respectent les Français, mais comme je l'ai dit auparavant, notre tournoi cette année consiste à montrer au monde à quel point le rugby japonais s'est amélioré. J'adore les Français, j'adore le rugby français et il en va de même pour nos joueurs. C'est la Coupe du Monde, vous devez affronter les meilleures équipes au monde et notre but est de figurer parmi les équipes qui se sont améliorées le plus dans le monde, donc cela signifie que nous devons bien jouer contre la France, bien jouer contre les All Blacks et terminer avec deux victoires contre le Canada et les Tonga. Pensez-vous avoir la moindre chance de surprendre les Bleus samedi, à North Shore, lors de ce premier match ? Je n'aborde jamais une rencontre dans l'optique de perdre. Bien sûr nous allons adopter la bonne attitude en vue de ce match. Les Japonais font preuve d'un courage et d'un engagement incroyables. Elever son niveau de jeu, c'est une question d'adaptation. Les Français sont habitués à des matches particulièrement intenses et à un niveau de rugby élevé. Ils sont habitués à la présence des médias et des caméras, ce qui n'est pas chose courante pour nous. Je pense que c'est important d'aborder le match avec la bonne attitude ; nous n'avons n'a rien à perdre et nous devons nous faire plaisir. De l'avis de tous les observateurs, le Japon a effectué de considérables progrès depuis votre prise de fonctions... Le plus important pour nous, c'est d'être l'équipe la plus en progrès dans cette Coupe du Monde. Pour cela, nous devons être compétitifs samedi soir et, le samedi suivant, jouer incroyablement bien. Pour nous, c'est le début du tournoi et nous voulons montrer à quel point nous avons progressé. "Un message de courage et de soutien au peuple japonais" Est-ce qu'en tant que Néo-Zélandais, vous ressentez une pression supplémentaire ? J'aurai une dose de pression supplémentaire samedi soir parce que ma mère sera présente. Elle a 82 ans et elle connaît le rugby, donc oui, j'aurai une dose de pression supplémentaire, samedi (rires). Quelle influence sur vos joueurs peuvent avoir les terribles évènements qui ont accablé le Japon ces derniers mois ? On était en stage deux semaines après le tsunami. On était très embêté d'aller dans un hôtel cinq étoiles pour faire un bons repas, alors qu'il y avait encore des milliers de disparus. Je tiens à envoyer un message de courage et de soutien au peuple (japonais). Ce qui compte, ce n'est pas le score, c'est l'engagement qu'on met.