Kern saisit sa chance

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Kern saisit sa chance
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Première victoire française sur le Dauphiné. Parti dans l'ascension finale vers les Gets, Christophe Kern s'est imposé en solitaire lors de la 5e étape, la première à se disputer en haute montagne. Le coureur de l'équipe Europcar devance Chris Anker Sörensen (Saxo Bank) et son coéquipier Thomas Voeckler. Bradley Wiggins (Sky) conserve le maillot jaune, à deux jours de l'arrivée.

Première victoire française sur le Dauphiné. Parti dans l'ascension finale vers les Gets, Christophe Kern s'est imposé en solitaire, lors de la 5e étape, la première à se disputer en haute montagne. Le coureur de l'équipe Europcar devance Chris Anker Sörensen (Saxo Bank) et son coéquipier Thomas Voeckler. Bradley Wiggins (Sky) conserve le maillot jaune, à deux jours de l'arrivée. Pour la neuvième fois de la saison, Thomas Voeckler a levé le poing cette saison. C'est autant que Philippe Gilbert ou Alberto Contador, mais le champion de France compte toujours une victoire de moins cette saison que ces deux cadors du peloton. Et pour cause, vendredi, c'est le succès de son coéquipier Christophe Kern, lors de la 5e étape du Critérium du Dauphiné, que le leader de l'équipe Europcar célébrait. Parti lors de l'ascension finale vers les Gets, Kern a su résister aux contres des puncheurs dans les derniers hectomètres pour cueillir le plus beau bouquet de sa carrière. "C'est vraiment super, pouvait-il jubiler après l'arrivée devant les caméras de France 3. Ça faisait vraiment longtemps que je l'attendais, cette victoire. Six ans que je n'ai pas gagné, et là je réussis à l'emporter, sur le Dauphiné, une étape de montagne." A 30 ans, c'est peu dire que Kern vit une seconde jeunesse sous le maillot d'Europcar. L'Alsacien avait quitté Bouygues Telecom en 2007 pour tenter sa chance avec le Crédit Agricole puis Cofidis, sans réel succès. Retrouver Jean-René Bernaudeau lui a visiblement fait un bien fou. Et ce malgré une blessure en début de saison. "Depuis que je suis sur le Dauphiné, tout le monde me dit que je n'ai jamais été aussi affuté. Je suis en pleine forme. Pourtant, j'ai été blessé au genou en début d'année. Mais les médecins de l'équipe et Jean-René m'ont laissé le temps de revenir. Je les remercie." Et avec la manière. Voeckler en allié de poids C'est en costaud que Kern est allé chercher sa victoire. Car cette 5e étape comptait parmi les plus convoitées. Si elle marquait, selon les mots de Bradley Wiggins, "le vrai début du Dauphiné", la montée vers les Gets, avec 10,7 km d'ascension à 4,7%, était dans les cordes de bon nombre de coureurs du peloton. Bien plus, certainement, que les arrivées au Collet d'Allevard et surtout à la Toussuire, samedi et dimanche. Résultat, dès les premières pentes et le courageux Jason McCartney repris (le coureur RadioShack était seul en tête depuis plus de 100 kilomètres), les premières banderilles ont été placées. Tony Martin (HTC), Pierre Rolland (Europcar), Juan Manuel Garate (Rabobank), Pierrick Fédrigo (FDJ), Oliver Zaugg (Leopard), David Lopez Garcia (Movistar) et donc Christophe Kern (Europcar) se sont tour à tour portés à l'avant. Mais c'est lorsque que les choses se sont corsées, et que Joaquin Rodriguez (Katusha) a pris la course en main, que Kern a placé son accélération décisive, à trois kilomètres de l'arrivée. Dans les pourcentages les plus élevés, l'Alsacien a réalisé un joli numéro et a pu compter sur un allié de poids en la personne de Thomas Voeckler. Le champion de France, qui aurait pu ne pas prendre le départ vendredi matin (son épouse est sur le point d'accoucher de leur deuxième enfant), s'est jeté dans les roues de tous les contre-attaquants, dont Dan Martin (Garmin), pour défendre la position de son équipier. Avec bonheur, puisque Kern conservera sept secondes d'avance sur Chris Anker Sörensen (Saxo Bank), et neuf sur Voeckler, qui termine en tête du peloton des favoris comprenant Wiggins (toujours maillot jaune), Evans et Vinokourov. Kern, à présent, peut envisager l'avenir avec sérénité. Il devrait être au départ du Tour de France le 2 juillet prochain. "Jean-René m'en parle depuis le début de l'année. Sans me donner de garanties, il m'avait fait comprendre que si je retrouvais mon niveau, ce serait bon." Kern, lui, vient d'en donner des sacrées, de garanties.