Kelleher: "Une question d'honneur"

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Kelleher: "Une question d'honneur"
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Titulaire avec le Stade Français contre Toulon samedi en clôture de la cinquième journée, Byron Kelleher reste un spectateur attentif de la Coupe du monde et ne pourra pas passer à côté du choc entre la Nouvelle-Zélande et la France qui précèdera son entrée sur la pelouse de Mayol. Pour l'ancien demi de mêlée international, les All Blacks devront jouer avec l'idée de défendre leur terre, tout en se méfiant des Bleus...

Titulaire avec le Stade Français contre Toulon samedi en clôture de la cinquième journée, Byron Kelleher reste un spectateur attentif de la Coupe du monde et ne pourra pas passer à côté du choc entre la Nouvelle-Zélande et la France qui précèdera son entrée sur la pelouse de Mayol. Pour l'ancien demi de mêlée international, les All Blacks devront jouer avec l'idée de défendre leur terre, tout en se méfiant des Bleus... Votre déplacement à Toulon sera précédé d'un autre grand match comptant pour la Coupe du monde entre les All Blacks et la France. Ça vous parle ? Le match le plus important pour moi ce week-end, c'est Toulon-Stade Français. Mais c'est vrai qu'il y a un autre petit match ce week-end, j'aurai un oeil dessus (sourire)... Plus sérieusement, c'est très intéressant de jouer notre « chat noir », et j'espère que l'on gagnera contre l'équipe de France. Mais ce week-end, pour les Blacks, il n'est pas question de rugby, mais avant tout de défendre notre terre. C'est l'esprit des All Blacks, des Néo-Zélandais, des Maoris. Nous respectons trop cela. Sans oublier que les joueurs auront une motivation supplémentaire en voulant respecter toutes les victimes du tremblement de terre qui a touché Christchurch en février dernier. Gagner ce week-end est une question d'honneur. Selon vous, la France peut-elle battre la Nouvelle-Zélande ? Il ne faut jamais dire jamais. On verra. L'équipe de France a la pression. Elle jouera avec deux demis de mêlée à la charnière. Mais ils sont capables de faire de bonnes choses. Reste à voir s'ils seront capables de supporter la pression que les All Blacks leur imposeront en attaque... La composition de cette équipe de France mérite-t-elle vraiment la polémique qu'elle suscite depuis quelques jours ? Si l'on regarde les trois dernières Coupes du monde - et plus particulièrement celles de 1999 et 2007 - on se rend compte que l'équipe de France a été sous-estimée, et était vraiment dos au mur. C'est dans cette situation-là qu'elle est la plus à même de se lâcher, et ce sera le cas cette fois encore : les Français auront une parfaite opportunité de se lâcher... "Je m'oblige à ne pas me laisser emporter par l'émotion" Quels souvenirs gardez-vous de ces matches face aux Bleus ? En 1999, il me semble qu'avant la Coupe du monde, nous avions remporté facilement un match contre eux. En demi-finale du Mondial, nous avions dominé sans trop de problème la première mi-temps. Mais je crois que les joueurs pensaient trop à la finale, et avaient sous-estimé les Français. Seulement voilà, le « French flair » est revenu en deuxième mi-temps... et l'on a finalement perdu ce match. Blessure de David Skrela, charnière inédite, retour des cadres côté néo-Zélandais : le contexte ne semble pas extrêmement favorable aux Tricolores... La France fait tourner son effectif depuis le début de la Coupe du monde. Mais ça n'a que peu d'importance : le seul objectif est d'aligner une équipe qui voudra gagner, car c'est avec l'état d'esprit que l'on y arrive. Ils doivent faire abstraction de la pression exercée par les médias, se concentrer sur l'équipe. Chaque joueur a besoin de se concentrer sur ce qu'il a à faire. Après ça, s'il y a de la cohésion au sein du groupe, ils ont l'opportunité de gagner contre les Blacks, c'est certain. Ils ont le talent nécessaire, donc pour l'emporter, il faut qu'ils aillent là-bas avec de la confiance, qu'ils se lâchent, qu'ils jouent « à la française » ! Je suis 100% All Black, donc naturellement, je serai pour la Nouvelle-Zélande samedi. Mais si l'équipe de France affronte l'Angleterre ou une autre équipe, là, oui, je les soutiendrai (sourire)... Ne regrettez-vous pas d'avoir mis un terme à votre carrière internationale en vivant cet événement à distance ? Je m'oblige à ne pas me laisser emporter par l'émotion en pensant que cette Coupe du monde se déroule en Nouvelle-Zélande, en pensant à tout le public, à la famille présente là-bas, aux All Blacks qui défendent notre terre... Bien sûr, j'aurais aimé y être. Mais je veux aussi continuer ce que je fais ici et mettre toute mon énergie sur le terrain, ici, en France.