Karabatic: "Comme une drogue"

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Karabatic: "Comme une drogue"
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En Suède, où l'équipe de France remet son titre mondial en jeu à partir de jeudi, Nikola Karabatic sera une nouvelle fois l'arme n°1 du collectif de Claude Onesta. Le demi-centre tricolore, malgré les titres qui s'accumulent depuis trois ans, reste assoiffé de conquêtes. Pour repousser la concurrence, au sommet de laquelle il place l'Espagne, le Montpelliérain en appelle cette fois-ci aux petits nouveaux du groupe qu'il encourage à prendre leurs responsabilités.

En Suède, où l'équipe de France remet son titre mondial en jeu à partir de jeudi, Nikola Karabatic sera une nouvelle fois l'arme n°1 du collectif de Claude Onesta. Le demi-centre tricolore, malgré les titres qui s'accumulent depuis trois ans, reste assoiffé de conquêtes. Pour repousser la concurrence, au sommet de laquelle il place l'Espagne, le Montpelliérain en appelle cette fois-ci aux petits nouveaux du groupe qu'il encourage à prendre leurs responsabilités. Nikola, est-ce que la perspective de perdre après avoir remporté les trois grandes dernières compétitions ne rajoute pas un petit peu de pression supplémentaire ? Non, non. Sur les dernières compétitions c'est ce que l'on nous demande souvent, si le fait de se rapprocher des records nous met plus encore sous pression, mais ça n'est pas le cas. La pression on l'a déjà, on sait qu'on a une équipe qui peut arriver au bout et sur ce Championnat du monde on sera encore favori. On se met aussi chacun individuellement cette pression, mais non cela n'en rajoute pas, on en a déjà suffisamment comme ça. Vous avez tout gagné avec l'équipe de France depuis 2008, qu'est-ce qui vous motive encore ? Juste qu'on n'a pas envie de perdre, on est des sportifs de haut niveau, on joue dans une très grande équipe et quand on gagne on s'y habitue. Du coup c'est encore plus difficile de perdre. C'est comme une drogue. C'est ça qui nous motive et nous pousse à toujours être à fond sur le terrain. Vous allez jouer les trois équipes les plus faibles de votre groupe pour commencer puis l'Espagne et l'Allemagne, est-ce que cela implique une préparation particulière ? Il y a surtout une équipe beaucoup plus faible qui est le Bahreïn mais la Tunisie et l'Egypte sont quand même performantes, ce sont les champions et finalistes du Championnat d'Afrique. De nombreux joueurs évoluent en France, certains disputent la Ligue des Champions. Ils ont l'habitude du niveau international. La Tunisie nous a déjà battus en grande compétition. Ça va être des matches difficiles, d'autant plus qu'ils arrivent en tout début d'épreuve. Il y aura beaucoup de nervosité, d'excitation et de stress. Ce seront deux matches pièges. Contre le Bahreïn on pourra sans doute faire tourner et reposer certains joueurs. Ensuite l'Allemagne et l'Espagne ce seront deux rencontres qui vont déterminer la suite de notre compétition. "Aux nouveaux de montrer que l'équipe de France leur appartient aussi" Quelles sont les équipes que vous craignez le plus cette année ? Il y aura toujours la Croatie, la Suède qui évoluera à la maison, le Danemark, l'Islande, l'Allemagne. Mais l'équipe qui me semble vraiment très, très dangereuse c'est l'Espagne. Elle possède de très bons joueurs, a naturalisé un gardien, Sterbic, qui est l'un des meilleurs du monde et peut faire la différence à lui tout seul. Que répondez-vous à ceux qui disent que l'équipe de France sera moins forte cette fois du fait de quelques absences ? C'est vrai qu'on n'a pas l'effectif au complet. Daniel Narcisse et Guillaume Gille sont des tauliers habituels de l'équipe. Michaël Guigou est diminué, on ne sait pas à quel niveau il sera. Il est clair qu'on n'a pas la même équipe qu'avant, pas la même confiance. On n'est pas démuni pour autant. Mais on va devoir trouver de nouvelles rotations et de nouveaux joueurs qui pourraient exploser au sein du groupe. Que faut-il attendre des petits nouveaux ? Il ne va pas falloir qu'ils attendent que ce soit Jérôme (Fernandez) ou moi qui fassions la différence tout le temps. Ça va être aussi à eux de prendre les choses en main et de montrer qu'ils sont là. Il va falloir les responsabiliser. De quelle manière ? C'est à eux de comprendre qu'ils n'auront pas à chaque match toute la pression de la terre sur les épaules. Il faut qu'ils n'aient pas peur, qu'ils montrent qu'ils sont bons, qu'ils ont le mental pour ne pas succomber à la pression. Ne surtout pas jouer petit bras à cause de l'enjeu. Nous on ne peut que les accompagner et leur expliquer qu'on est derrière eux. Mais c'est à eux de montrer que l'équipe de France leur appartient aussi.