Jouanno: "Trop tard pour arrêter"

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Jouanno: "Trop tard pour arrêter"
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Malgré la démission d'Edgar Grospiron il y a trois jours, Annecy croit toujours en ses chances d'organiser les Jeux Olympiques d'hiver en 2018. La ministre des Sports, Chantal Jouanno, est intervenue ce mercredi à Paris pour réaffirmer son soutien à la candidature haut-savoyarde. "On n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise", a-t-elle déclaré.

Malgré la démission d'Edgar Grospiron il y a trois jours, Annecy croit toujours en ses chances d'organiser les Jeux Olympiques d'hiver en 2018. La ministre des Sports, Chantal Jouanno, est intervenue ce mercredi à Paris pour réaffirmer son soutien à la candidature haut-savoyarde. "On n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise", a-t-elle déclaré. Pourquoi avoir convoqué la presse, trois jours après la démission d'Edgar Grospiron ? Déjà pour réaffirmer le soutien du CNOSF, des membres du CIO et des sportifs à la candidature d'Annecy. C'était un préalable que j'avais fixé à cette candidature. On ne peut repartir que s'il y a un soutien fort du mouvement sportif. Ensuite, pour donner le calendrier: là, on est focalisé sur la finalisation du dossier écrit qu'on doit remettre le 11 janvier prochain. Et enfin de dire que, nous l'Etat, on va mettre à disposition un haut fonctionnaire pour aider les équipes locales à finaliser le dossier. On a aussi demandé au conseil de surveillance de mettre en place une stratégie pour la communication à l'international. Car comme l'a dit Edgar Grospiron, c'est là qu'on a du retard et qu'on est en difficulté. Comment expliquez-vous sa décision de quitter son poste de directeur général en charge de la candidature d'Annecy ? Il avait fallu refaire tout le dossier au préalable, ce qui fait que l'investissement au niveau de la stratégie à l'international n'a pas été fait. C'est là qu'on a péché et c'était difficile, voire impossible, pour Edgar Grospiron d'être directeur général d'un côté et VRP de la candidature de l'autre. Donc on remet les choses dans le bon ordre et on repart du bon pied. Il fallait qu'Edgar Grospiron s'en aille pour que les choses bougent ? Non. Edgar est quelqu'un de bien et il faut savoir qu'il reste dans la candidature. Il a juste dit: "Moi en tant que leader, je n'ai pas envie de supporter tout ça sur mes épaules". Il aurait été préférable que non mais voilà... Les difficultés ne sont vraiment apparues qu'il y a une semaine. Quelles sont ces difficultés et sont-elles surmontables ? Les difficultés, c'est d'abord le retard de la candidature par rapport aux autres, d'autant qu'il a fallu refaire le dossier. Il y a ensuite une difficulté liée à l'investissement à l'international: on sait très bien qu'il y a un jeu de changement de continent à chaque candidature, ce n'est pas nouveau, on ne le découvre pas. Mais le président du CIO l'a très bien dit. Pas d'énervement inutile. Tout est encore jouable. On a un dossier qui est bon sur le fond, notamment par sa dimension développement durable et écologique qu'on peut encore améliorer. Ce n'est pas un problème de fond, c'est un problème de présentation. Ça se corrige plus facilement. On ne part pas favori, on le sait et on l'a intégré, mais rien n'est fait aujourd'hui. On n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. Ne partant pas perdant, il faut faire le travail dignement et jusqu'au bout. "Tout ne peut pas reposer sur le travail d'un seul homme" Qui remplacera Edgar Grospiron pour incarner la candidature d'Annecy 2018 ? Ça c'est au mouvement sportif de le décider. Dans une candidature à des Jeux Olympiques, c'est le CNOSF et les acteurs locaux qui portent la candidature. L'Etat n'a pas à se substituer à eux, l'Etat vient en appui et fait tout ce qu'il peut. Je veux bien mouiller ma chemise pour Annecy 2018 mais ce sont eux qui doivent faire ce choix. Ça sera de toute façon une équipe (qui remplacera Edgar Grospiron). Tout ne peut pas reposer sur le travail d'un seul homme. Il y a un gros travail qui a été fait par les uns et les autres, on ne va pas gommer tout ça. Ne vaudrait-il pas mieux abandonner vu le retard pris ? Pour moi, la question est saugrenue. Arrêter maintenant serait catastrophique. Jamais aucune nation n'a retiré son dossier. Celui d'Annecy est, je le répète, bon sur le fond. Ce qu'on propose, ce sont des Jeux à la montagne, avec de la vraie neige. Cet aspect de développement durable, on peut le creuser davantage. C'est un atout qu'on peut mettre encore plus en avant. Il reste six mois, ça laisse le temps de faire du bon travail avec le budget qui est le nôtre. Je me souviens que, quand les entraînements étaient difficiles et que je disais à mon entraîneur que c'était impossible, il me répondait: "Impossible n'est pas français". La réussite ne passe-t-elle pas par une rallonge supplémentaire du budget de cette campagne ? N'inversons pas la réflexion. Si on définit d'abord une stratégie à l'international claire qui nécessite plus de moyens, alors on pourra les justifier. Les grandes entreprise peuvent aussi investir, mais elles ne viendront que s'il y a un plan clair. Dire au 15 décembre qu'il faut tout arrêter, franchement c'est trop tard.