Jouanno attend et menace

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Jouanno attend et menace
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Dans l'attente de nouveaux éléments, Chantal Jouanno n'ose pas croire les accusations du site Mediapart, qui affirme après enquête que les dirigeants du football français "veulent moins de noirs et d'arabes" dans les centres de formation. Mais la ministre des Sports se dit prête à prendre des sanctions contre la fédération.

Dans l'attente de nouveaux éléments, Chantal Jouanno n'ose pas croire les accusations du site Mediapart, qui affirme après enquête que les dirigeants du football français "veulent moins de noirs et d'arabes" dans les centres de formation. Mais la ministre des Sports se dit prête à prendre des sanctions contre la fédération. C'est une nouvelle tâche d'encre sur la copie déjà très brouillonne de la FFF depuis la Coupe du monde 2010 qu'a jetée Mediapart. En affirmant que les dirigeants du football français voulaient "moins de noirs et d'arabes" dans les centres de formation, le site fondé par Edwy Plenel a mis l'instance présidée par Fernand Duchaussoy dans de sales draps. Si ces accusations, qui pourraient être très lourdes de conséquences pour la "3F" et son directeur technique national François Blaquart, seront au menu du conseil fédéral ce vendredi matin, elles ont suscité depuis jeudi soir un bon nombre de réactions. En premier lieu, Chantal Jouanno. Le DTN menacé ? La ministre des Sports a ainsi "demandé une inspection aux services de la Jeunesse et des Sports afin de faire toute la lumière sur cette affaire". "J'ai eu le président de la fédération qui me dit que ça lui semble totalement impossible", a-t-elle déclaré sur Le Monde.fr. "Je n'ose pas y croire. Pour l'heure, nous sommes dans le domaine de la rumeur. Ce serait contraire à l'histoire du football, totalement discriminatoire et illégal. Pour l'instant nous sommes dans le doute. Nous ne condamnons pas la fédération dans l'attente d'éléments plus précis." Si ces éléments venaient à accabler davantage la FFF, Chantal Jouanno n'hésiterait pas à prendre les mesures qui s'imposeraient. "Le directeur technique national (François Blaquart, ndlr) a été nommé très récemment par le ministère des Sports. Si les faits étaient avérés, on prendrait des sanctions contre le DTN, a-t-elle ainsi fait savoir. Par ailleurs, cette année, le ministère a mis en place une politique de lutte contre les discriminations qui obligent les fédérations nationales à être proactives en la matière. Si la fédération ne respectait pas ces engagements, on lui retirerait tout financement public." La FFF, qui a déjà démenti les informations de Mediapart, est invitée à réagir. Et vite.