Josse : "Un beau challenge"

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Josse : "Un beau challenge"
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Deux mois après s'être engagé avec le Gitana Team pour prendre la tête du projet MOD70, Sébastien Josse effectue sa rentrée «officielle» samedi à l'occasion de la quatrième édition du Tour de Belle-Ile. En attendant la livraison de son monotype de 70 pieds en fin d'année, «Jojo» naviguera sur Gitana 11, l'occasion pour lui de roder son équipage...

Deux mois après s'être engagé avec le Gitana Team pour prendre la tête du projet MOD70, Sébastien Josse effectue sa rentrée «officielle» samedi à l'occasion de la quatrième édition du Tour de Belle-Ile. En attendant la livraison de son monotype de 70 pieds en fin d'année, «Jojo» naviguera sur Gitana 11, l'occasion pour lui de roder son équipage... Pouvez-vous nous refaire l'historique de votre engagement au sein du Gitana Team ?C'est assez simple, Gitana a d'abord fait l'annonce qu'ils se séparaient de Yann Guichard, sur ce, j'ai pris contact avec Gitana pour savoir si mon profil pouvait correspondre et après, c'est allé assez vite. J'ai eu une réponse assez positive rapidement, on s'est rencontrés et ça s'est fait. Vous étiez à l'époque engagé avec Franck Cammas en vue de la Volvo Ocean Race, lui en avez-vous parlé ? Non, je lui en ai parlé une fois que j'étais sûr de la chose, il n'y a pas eu plus de problème que ça, Franck n'a pas été choqué, il m'a demandé si c'est vraiment ça que je voulais faire, je lui ai dit oui, il m'a dit "bonne chance." Vous avez surtout fait du monocoque ces dernières années, est-ce un virage pour vous ? Disons que le multicoque, je regarde ça avec attention depuis plusieurs années, ce sont plus les circonstances qui ont fait que j'ai fait du monocoque pendant dix ans, parfois, on ne choisit pas ce qu'on peut faire. Je n'avais pas de possibilité d'aller sur multicoque, là une opportunité s'est présentée, c'était l'occasion pour prendre le virage. Le Baron Benjamin de Rothschild, armateur du Gitana Team, s'est séparé ces dernières années de plusieurs skippers (Lemonchois, Peyron, Guichard...), parfois avec pertes et fracas, vous y avez pensé au moment de signer ? Aujourd'hui, quand je regarde mon parcours, je me dis que j'ai fait plein de super choses, mais je n'ai jamais eu de sponsor très longtemps, parce que c'étaient des opérations de communication qui duraient un an et demi-deux ans. Je ne raisonne pas sur du long terme, on n'est pas là pour se dire qu'on est en CDI pendant dix ans, mais je vois que chez d'autres sponsors, ce n'est pas forcément mieux, on l'a vu avec Banque Populaire. Il y a un peu la valse des skippers, c'est notre métier qui veut ça. Pour ce qui est du Baron, je lui ai posé la question du pourquoi et du comment, il m'a donné plusieurs réponses et voilà. J'y vais pour faire ce que j'aime, il me donne l'opportunité d'apprendre un nouveau support, il n'y a pas beaucoup de sponsors qui s'engagent comme ça, je les remercie plus que je réfléchis combien de temps je vais rester, on verra comment ça se passe. "Des bateaux simples et pas trop chers" Vous débarquez sur un circuit monotype tout neuf, le MOD70, comment voyez-vous l'avenir de cette classe ? Plutôt positif. Beaucoup de gens dans le «milieu» étaient plutôt sur la défensive, on constate un réel engouement dans la série, il y a pas loin d'une dizaine de bateaux prédéfinis, je pense que ça a pas mal d'avenir. Ils ont bien mis à plat tous les défauts de la classe Orma (multicoques de 60 pieds, ndlr), le concept est bien: ce sont des bateaux simples qui ne coûtent pas trop cher, il n'y a pas de développement, il n'y a pas de Grand Prix, ce n'est que de l'océanique, ça me correspond, il n'y a quel de l'équipage, ça me correspond aussi. Vous allez diriger un équipage, comme vous l'avez déjà fait sur la Volvo Ocean Race en 2004-05, ça vous plaît ? Je ne suis ni pro-solitaire ni pro-équipage, j'aime bien tout faire. Il faut juste savoir se mettre dans des «modes»: quand on a un objectif en solitaire, il faut se mettre en mode solitaire parce que c'est exigeant, là, un programme en équipage, ça m'intéresse aussi. La Volvo, je me suis éclaté, je ne dis d'ailleurs pas que je ne la referais pas. Là, il y a un programme super intéressant, qui me permet non seulement de découvrir un nouveau support mais en plus de créer un équipage pour trois ans, c'est aussi un beau challenge. Et cet équipage, à quoi va-t-il ressembler ? Ça avance petit à petit, je prends mes marques, des personnes sont déjà confirmées, on va continuer tout au long de l'année en naviguant sur Gitana 11, pas mal de gens circulent, je ferai un point à la fin de l'année, j'attends encore pour l'annonce officielle. Revenons au bateau, vous avez récemment navigué sur le MOD70 de Stève Ravussin, comment l'avez-vous trouvé ? Super ! On m'aurait dit: "Il faut traverser l'Atlantique avec", je serais parti tout de suite ! Les bateaux sont très simples, sans beaucoup d'hydraulique, tout ce qui est technique est bien limité, ce qui n'empêche pas de trouver tout de suite des sensations. C'était une petite sortie dans la Baie de Lorient, mais on prend assez vite confiance car le bateau n'est pas trop extrême, j'ai hâte d'avoir le mien. Pouvez-vous comparer avec un trimaran Orma ? Sur la forme des flotteurs, c'est plus travaillé, sur le reste, c'est plus une «marche en arrière» qu'une évolution dans la mesure où on a cherché à simplifier les bateaux: il y a moins d'hydraulique, les appendices sont plus petits, il n'y a pas de trimmer, techniquement, les bateaux ont... pas régressé, c'est péjoratif, mais ont été simplifiés pour qu'ils soient plus accessibles à des équipes étrangères qui n'ont pas forcément le vécu Orma. "On ne va pas jeter les bateaux au bout de quatre ans..." En attendant, vous naviguez sur Gitana 11, qui n'est autre qu'un trimaran Orma agrandi de 60 à 77 pieds, là aussi, la comparaison est-elle possible ? Oui, le MOD 70 a été inspiré de Gitana 11, notamment quand on voit les formes de flotteur. Mais Gitana 11 reste une machine exceptionnelle, c'est un bateau plus léger, plus toilé, avec des foils plus grands, il y a plus d'artifices avec le mât qui bouge dans tous les sens, le bateau est plus technique mais aussi plus fragile. Le MOD70 prône une stricte monotypie, le concept vous plaît-il ? Il faut de tout, chaque série a ses avantages et ses inconvénients. Une classe Open, c'est du développement, c'est intéressant, épanouissant, ça fait vivre les bureaux d'études, mais ça coûte très cher et c'est un peu sans limites, l'argent dicte un peu les règles. Là, ça met plus les gens à armes égales, on ne va pas jeter les bateaux au bout de quatre ans, donc économiquement, c'est vraiment intéressant pour un sponsor d'investir dessus et c'est le sportif qui reprend le dessus. Vous faites votre première course samedi sur le Tour de Belle-Ile, comment l'appréhendez-vous ? Comme un bon entraînement, il faut être à l'heure au départ, bien naviguer, il y a plus de pression que de faire des bords de reaching en baie de la Trinité. Ces courses constituent des objectifs qui vont rôder gentiment l'équipe technique et navigante. C'est un bon départ de commencer comme ça, car demain, si je dois prendre le départ avec dix MOD par 25 noeuds, je ne suis pas sûr d'être très à l'aise... Combien serez-vous à bord ? On naviguera à six, comme sur le MOD, il y aura Jean-Baptiste Levaillant, Florent Chastel, Jean-Baptiste Epron, Sébastien Téthiot et Antoine Koch.