Jemâa: "Fier du peuple tunisien"

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Jemâa: "Fier du peuple tunisien"
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Après son succès contre Saint-Etienne (2-1), son premier depuis le 7 novembre, Lens s'est relancé dans la course au maintien. Et ce samedi, les Artésiens peuvent même sortir de la zone de relégation s'ils battent Caen en match en retard de la 19e journée. Ancien Caennais, le Tunisien Issam Jemâa évoque cette "rencontre la plus importante de l'année" mais également les récents bouleversements en Tunisie.

Après son succès contre Saint-Etienne (2-1), son premier depuis le 7 novembre, Lens s'est relancé dans la course au maintien. Et ce samedi, les Artésiens peuvent même sortir de la zone de relégation s'ils battent Caen en match en retard de la 19e journée. Ancien Caennais, le Tunisien Issam Jemâa évoque cette "rencontre la plus importante de l'année" mais également les récents bouleversements en Tunisie. Avec le recul, comment analysez-vous votre succès contre Saint-Etienne, samedi dernier à Bollaert ? Cette position de relégable est dure pour nous. On a vraiment trop de pression quand on est mal classés. On avait peur de prendre un but ou de perdre le ballon. C'était le stress. Et dès que Saint-Etienne a marqué, on s'est sentis en quelque sorte soulagés et on s'est mis à jouer librement. On a vraiment tout donné sur ce match et cela a marché. Vous êtes à l'origine du but contre son camp de Perrin qui offre la victoire au Racing. Vous vous êtes alors jeté dans le public. Racontez-nous... C'était complètement spontané. Peu importe qui avait marqué, moi ou un autre, on prenait les trois points. Je me suis donc jeté dans le public... Je savais que j'avais une bonne détente (Rires) Pendant la trêve, Jean-Guy Wallemme a laissé sa place à Laszlo Bölöni. Qu'est ce qui a changé dans le management ? Quand un entraineur s'en va, tous les joueurs se sentent fautifs. Bölöni a compris qu'on était trop fragiles mentalement. Il a donc beaucoup insisté dans ce domaine et travaille individuellement avec certains joueurs. "La rencontre la plus importante de la saison" Depuis son arrivée, vous évoluez en pointe de l'attaque. Satisfait ? Pour moi, c'est clair, j'espère jouer plus souvent à ce poste, comme je le fais en sélection. Je souhaite être plus régulier et plus efficace pour mon club. Vous recevez samedi Caen, une équipe où avez évolué une saison (2007-2008), quel souvenir en gardez-vous ? Un très bon souvenir. Ils aiment le football là-bas. J'ai passé une belle année avec eux: Franck Dumas, le président Fortin et quelques joueurs avec qui j'ai gardé contact. Mais bon, je ne les ai pas appelés cette semaine. Que craignez-vous particulièrement dans cette équipe ? Ils ont des joueurs très rapides et procèdent très bien en contre. C'est une équipe avec beaucoup de jeunes joueurs à l'aise techniquement. Cela ne va pas être simple. Comment abordez-vous ce match ? Caen est dans la même situation que nous. Le président Martel a dit que c'était un match à quinze points. Moi je pense qu'il vaut plus que quinze points. C'est la rencontre la plus importante de la saison. Dans le vestiaire, on parle beaucoup du fait que l'on peut sortir de la zone de relégation. Si on perd, cela ne sera pas fini. Si on gagne, cela peut tout changer pour le club. "J'ai porté un brassard pour rendre hommage aux victimes" Vous êtes tunisien, comment avez-vous vécu les événements qui sont survenus dans votre pays ? J'ai été très perturbé par ce qu'il s'est passé. Je n'en dormais pas la nuit. Avec d'autres joueurs (Kasraoui et Yahia, ndlr), ce fut très dur pour nous parce que nos familles sont toujours là-bas. Je me tiens informé tous les jours de la situation. J'ai même porté un brassard contre Saint-Etienne pour rendre hommage aux victimes. Comment appréhendez-vous ce bouleversement ? Les choses commencement seulement à changer. Je suis très fier du peuple tunisien. L'ancien président Ben Ali avait-il une influence sur l'équipe nationale ? Non, absolument pas. Le football était en dehors de ça. Le 9 février, la Tunisie doit recevoir l'Algérie, qui a également connu des troubles politiques récemment. C'est un match très symbolique pour vous, s'il a bien lieu... J'espère qu'on pourra le jouer. Aujourd'hui, ça semble compliqué même si je n'ai pas d'information. Cela serait un superbe symbole. En tout cas, je suis pressé de rentrer là-bas, de jouer, et de faire de ce match une fête.