Janin: "Dans la peau d'un petit"

  • A
  • A
Janin: "Dans la peau d'un petit"
Partagez sur :

FOOTBALL - Après un début de saison mouvementé, l'entraîneur de Strasbourg espère mieux débuter l'année face à Lyon en Coupe de France, samedi.

Après un début de saison mouvementé, Strasbourg et son entraîneur Pascal Janin espèrent redémarrer la saison du bon pied face à Lyon en 32e de finale de la Coupe de France, samedi.Pascal, après une première partie de saison en demi-teinte, on imagine que la mini-trêve hivernale était la bienvenue du côté du RCS ?Oui mais bon pendant la petite trêve, le club est resté mouvementé (Rires). Mais bon ça va finir par se calmer je pense. Mais pour les joueurs, ça leur a permis de changer de cadre et de pouvoir penser à autre chose en famille. Ça a dû leur faire du bien. J'ai retrouvé des garçons pleins de dynamisme qui avaient envie de s'entraîner C'est vrai que la trêve a eu un effet bénéfique pour l'instant. L'arrivée de Luc Dayan, appelé à la rescousse pour restructurer et assainir les finances du club, vous rassure-t-elle pour l'avenir du Racing ?C'est quelqu'un qui a déjà fait des coups comme ça sur plusieurs clubs. C'est rassurant, il a réussi à remettre à flot certains clubs qui étaient en difficulté avant d'arriver ici. Il connaît ce genre de situations et le premier contact que j'ai eu avec lui est plutôt rassurant. C'est quelqu'un d'assez calme qui sait ce qu'il a à faire pour avoir une chance de réussir. Pour nous et pour moi, entraîneur, c'est plutôt rassurant.Quelles répercussions ont eu tous ces remous sur l'état d'esprit des joueurs ? Cela les a t-il déstabilisé ou au contraire cela a t-il soudé le groupe ?Ça ne les a pas déstabilisés plus que ça sinon on l'aurait certainement ressenti plus nettement encore en termes sportifs, et à l'entrainement, j'ai toujours eu à faire à un groupe qui s'appliquait à bien faire son travail. Je sais qu'ils ont écouté tout ce qui se disait, ça leur a marqué un petit peu l'esprit. Mais est-ce que ça a vraiment joué sur leurs performances, je ne peux pas dire, je ne peux pas le calculer. Mais ils ont eu un comportement professionnel. Ils devaient être au courant de ce qui se passait mais ils n'en n'ont pas rajouté et à aucun moment, on est venu, ni eux ni moi, chercher ça comme excuse à nos défaites quand on a perdu des matches.Par ailleurs, l'attitude du club n'a pas toujours été exemplaire envers vous, mais vous avez toujours bénéficié du soutien de vos joueurs...J'ai eu le sentiment que le fait qu'on m'ait écarté et qu'après, on me demande de rester et que j'accepte, les joueurs l'ont plutôt apprécié et je les ai senti encore plus derrière moi à me soutenir. Je pense qu'ils ont dû apprécier mon comportement par rapport à cette situation, là ou je suis resté professionnel, où je n'ai pas crié au scandale. Mais le soutien des joueurs, c'est capital, un entraîneur ne tient en place que si ses joueurs sont derrière lui et l'écoutent. Il faut, sur le terrain et quand tu leurs parles, qu'ils soient attentifs, concentrés et qu'ils aient envie de faire ce que je leur demande. Et en ce moment c'est le cas. Cet épisode là a peut être même renforcé cette écoute. "Entre ma liste et celle des dirigeants, il y a une petite différence"Vous aviez fait part de votre désir d'étoffer votre staff technique, avez-vous été entendu sur ce point lors de vos entretiens avec Luc Dayan ?Oui, oui, les entretiens que j'ai eus avec Luc Dayan ont porté leur fruit. Je vais dans un premier temps pouvoir modifier le staff et ensuite je pense modifier l'équipe dès qu'on aura réussi à faire partir quelques joueurs comme c'était prévu, mais maintenant avec la DNCG on est obligé de faire les choses dans l'ordre, départs puis arrivées. Vous avez dû effectivement évoquer ensemble la possibilité de vous séparer de certains joueurs ? On en a discuté. On a tracé des lignes avec des joueurs, soit parce que sportivement moi, je ne trouve pas d'intérêt à les garder soit parce que, économiquement, l'urgence de la situation fait qu'on va devoir être obligé de se séparer de quelques uns d'entre eux qui représentent une trop lourde charge pour le club. Mais entre ma liste et celle des dirigeants, il y a une petite différence mais que j'accepte totalement parce que dans le fonctionnement d'une entreprise, il n'y a pas que le sportif, il y aussi l'économique. C'est important, on est tous contents d'être payés en fin de mois. S'il faut faire une transaction sur un joueur pour parvenir à boucler les fins de mois, je ne vais pas m'y opposer ni critiquer cette démarche.Un départ de Magaye Gueye a notamment été évoqué ?Je pense que là aujourd'hui, en l'état actuel des choses, Magaye est plus prêt de rester chez nous que de partir. Les dirigeants tiennent à le garder et moi aussi bien évidemment. Lui pour l'instant il est bien ici. Il sait qu'il doit encore murir, apprendre son métier et qu'il a encore des progrès à faire pour vraiment devenir un bon joueur et il l'accepte tout à fait. Et en ce qui concerne les potentielles arrivées ? La DNCG vous a récemment autorisé à recruter. J'imagine que cela doit être un soulagement ? Avez-vous quelques pistes ?On a des pistes oui. On a pris des contacts avec des clubs, des agents de joueurs. Maintenant, on est liés aux départs qu'on va pouvoir effectuer chez nous. Avant on ne pourra pas annoncer de joueurs ni d'arrivées tant que certains joueurs de chez nous ne sont pas partis. Mais quel profil de joueur recherchez-vous en priorité ?Moi, je voulais renforcer le secteur offensif déjà depuis pas mal de temps. Dès que ce sera possible on enchaînera sur ce secteur offensif qui pour moi a été insuffisant sur la phase aller."On a moins de pression sur les épaules"Comment se passe la collaboration avec Ralph Isenegger, récemment promu conseiller sportif ?Pour l'instant, on échange de façon très professionnelle, ça se passe bien. Je lui donne mon point de vue, lui le sien et on discute souvent avec Luc Dayan du sportif. On échange de façon tout à fait calme et personne n'essaie d'avoir le dessus sur les autres. On met à plat les problèmes que je rencontre et qu'ils rencontrent et on essaie de trouver un juste milieu dans l'intérêt du club. Ce 32e de finale de la Coupe de France face à Lyon sonne comme un défi de taille pour le Racing, comment allez-vous abordez cette rencontre ?C'est toujours plus confortable d'être dans la peau du petit. Si on est battus, tout le monde va trouver ça logique face à une équipe de Champions League. Mais on a un petit pourcentage de chance de créer une énorme surprise. On va se concentrer, travailler pour créer cette surprise qui ne sera pas facile mais c'est sûr qu'on a moins de pression que sur des matches de championnat. Vous disposerez de quel effectif pour cette rencontre ?J'ai presque réussi à récupérer tous mes joueurs à part Bezzaz, Marcos et Fanchone qui seront absents mais tout le reste du groupe est d'attaque donc je n'ai que l'embarras du choix. Contrairement au championnat où vous êtes toujours très attendus, ce match sera l'occasion d'évoluer avec moins de pression ?Oui, ça va nous changer car depuis le début de saison on n'a eu à jouer que des matches où on était dans la peau du "gros". C'est vrai qu'on n'avait pas toutes les armes pour répondre à cette étiquette de favori. J'espère qu'on arrivera à changer ça pendant le mercato pour pourvoir assumer ce rôle là. Mais face à Lyon, on se retrouve dans la peau d'un plus petit et c'est plus facile à aborder, on a moins de pression sur les épaules. Un objectif personnel pour cette deuxième partie de championnat ?Fatalement, je vais essayer de faire en sorte que l'équipe gagne plus souvent et que l'on puisse s'éloigner assez rapidement de la zone de relégation pour avoir une fin de saison plus sereine. Si on n'arrive pas à rejoindre le haut du tableau, ce qui sera difficile à faire maintenant, il faut au moins s'éloigner du bas pour finir plus sereinement et avoir la capacité à préparer la saison suivante bien avant le terme.