Ipswich doit s'en remettre

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Ipswich doit s'en remettre
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Balayé 7-0 par Chelsea dimanche en 32e de finale de la Cup, à Stamford Bridge, Ipswich Town s'est également séparé de son charismatique entraîneur Roy Keane, trois jours avant la débâcle. Pas vraiment la meilleure préparation qui soit, au moment d'enchaîner avec la réception d'Arsenal en demi-finale aller de la Carling Cup. Surtout, le 19e de Championship a un maintien à assurer...

Balayé 7-0 par Chelsea dimanche en 32e de finale de la Cup, à Stamford Bridge, Ipswich Town s'est également séparé de son charismatique entraîneur Roy Keane, trois jours avant la débâcle. Pas vraiment la meilleure préparation qui soit, au moment d'enchaîner avec la réception d'Arsenal en demi-finale aller de la Carling Cup. Surtout, le 19e de Championship a un maintien à assurer... Se séparer de son entraîneur n'arrange pas tout. Lens l'a déjà prouvé en France, et Ipswich a fait encore pire outre-Manche. Le rapport de forces n'était toutefois pas le même entre les Tractor Boys et Chelsea, victorieux 7-0 à Stamford Bridge en 32e de finale de la Cup, qu'entre le RCL et Paris. Au contraire de Laszlo Bölöni au Parc des Princes, le nouvel entraîneur Paul Jewell n'était pas encore sur le banc d'Ipswich, après le limogeage vendredi dernier de Roy Keane. Mais le mal est fait quand même, et Jewell ne prendra ses fonctions que samedi prochain face à Milwall en Championship. Le deuxième choc face à Arsenal, plat de résistance du terrible menu d'Ipswich en demi-finale aller de la Carling Cup mercredi, se jouera donc à nouveau avec l'intérimaire Ian McParland sur le bord du terrain. "Je serai au stade mercredi soir." Pas certain que la promesse de Jewell (faite en conférence de presse après la signature de son contrat) soit de nature à rassurer les supporters d'Ipswich, qui n'auront probablement pas de mal à remplir les 30 000 sièges de Portman Road. Mais songer à se réjouir afin de fêter les exploits des leurs face aux Gunners, c'est une autre histoire. Même si Arsène Wenger devrait encore faire tourner, le 19e de Championship (deuxième division anglaise) ne pointe qu'à trois points du premier relégable, Crystal Palace. Pas la grande forme, en tout cas pas suffisamment a priori pour faire trembler Arsenal, qu'il soit dans sa configuration "Baby" ou pas. A nous la victoire, 30 ans après ? Finalement, le principal motif d'espoir pour Ipswich a trait au parcours personnel de son nouveau coach. Le fameux Paul Jewell avait ainsi éliminé Arsenal, sur le banc de Wigan, en... demi-finales de la Carling Cup en 2006. Comme il y aura un match retour dans deux semaines et que Jewell officiera à ce moment-là, pourquoi ne pas rééditer l'exploit ? Là aussi, le raccourci est un peu faiblard pour permettre aux fans d'y croire vraiment. Surtout que leur humeur n'est pas folichonne en ce moment. Malgré sept défaites lors des neuf derniers matches de championnat, Ipswich et ses supporters étaient particulièrement attachés à Roy Keane, l'ancienne gloire de Manchester. Et le changement est encore un peu dur à digérer, comme en attestait McParland après la déroute à Chelsea, interrogé par FanHouse: "Je suis entraîneur depuis plusieurs années, et je n'ai jamais été battu de la sorte. Je savais ce qui allait arriver. Les gars sont encore un peu sous le choc depuis le départ de Keane jeudi." Certains ont même eu des paroles rares à propos de l'Irlandais, à l'image du portier hongrois Marton Fulop, interrogé par le site Origo: "Je suis triste du départ de Roy Keane, triste qu'il n'ait pas réussi ici. Il a deux faces: c'est un homme très gentil, mais qui pouvait aussi dire, après les matches, des choses qui le dépassaient. Mais c'est vrai pour tous les entraîneurs. Il m'a recruté dans deux clubs, donc je ne peux rien dire de mal sur lui." La valise encaissée à Stamford Bridge n'aura rien fait pour consoler le pauvre Fulop, qui a encaissé la bagatelle de 23 buts en cinq matches disputés sur la pelouse de Chelsea, soit une moyenne de... 4,6 buts par rencontre. Quant à Ipswich, le club est devenu le premier à encaisser sept buts en Cup face à une équipe de Premier League depuis 1999, et le calvaire de Macclesfield face à Coventry. Toutefois, Fulop se rappelait de bien meilleurs souvenirs face aux Gunners: "Pour mes débuts en Premier League, j'avais battu Arsenal 1-0." Après tout, il est difficile de tomber plus bas désormais. Le jeune attaquant Connor Wickham - international anglais des moins de 21 ans, mais espoir déçu cette saison puisqu'il n'a pas encore marqué - a notamment l'occasion rêvée de se rappeler au bon souvenir d'Arsenal, déjà sur les rangs pour l'enrôler. Au meilleur des cas, peut-être jouera-t-il lui aussi dans un film, à l'image de ses illustres prédécesseurs à Ipswich, vainqueurs de la Coupe de l'UEFA 1981. Certains avaient partagé l'affiche avec Sylvester Stallone et Pelé, dans A nous la victoire. Un joli casting et une histoire à prolonger, face à des Gunners plus habitués aux feux des projecteurs.