Imanol, la Coupe au coeur

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Imanol, la Coupe au coeur
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Chaque jour notre site vous fait découvrir à travers une série de portraits les joueurs de l'équipe de France en route pour la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). C'est aujourd'hui une figure des Bleus de la dernière décennie, Imanol Harinordoquy, qui se dévoile. Après deux échecs en demi-finale face à l'Angleterre, le Basque veut le trophée William-Webb-Ellis plus que tout.

Chaque jour notre site vous fait découvrir à travers une série de portraits les joueurs de l'équipe de France en route pour la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). C'est aujourd'hui une figure des Bleus de la dernière décennie, Imanol Harinordoquy, qui se dévoile. Après deux échecs en demi-finale face à l'Angleterre, le Basque veut le trophée William-Webb-Ellis plus que tout. Du haut de son mètre quatre vingt douze, Imanol Harinordoquy s'est forgé au fil des saisons et des sélections avec les Bleus un costume de taulier sur-mesure. Alors que rien ne le destinait à une telle carrière- le petit (...) Imanol rêve de prendre la succession de son père Lucien en devenant maquignon et ne découvre le rugby que sur le tard (15 ans) au sein de la Section Paloise après s'être essayé à bien d'autres disciplines-, le gamin de Garazi se retrouve plongé dans le grand bain du rugby international avant même d'avoir soufflé ses 22 bougies et connaît une ascension fulgurante. Il fait ses classes aux côtés des monstres sacrés que sont Olivier Magne et Serge Betsen, complète ainsi l'une des troisièmes lignes les plus performantes de la planète et crève l'écran lors du Tournoi 2002. Premières piges en Bleu, premier Grand Chelem : jackpot ! L'année suivante, désigné vice-capitaine Downunder, il est la révélation du Mondial 2003. Un Mondial qui verra les Bleus butter sur l'avant- dernière marche face au XV de la Rose... La claque, épineuse, restera longtemps gravée dans la mémoire du Basque. Malgré un splendide Tournoi 2004- et un autre Grand Chelem- où il glane le titre de meilleur marqueur de la compétition, s'en suit un gros passage à vide. La tournée d'automne s'avère compliquée, la déroute face aux Blacks et la mauvaise copie rendue face aux Argentins pèsent. Du joueur sauvage au leader En 2005, Imanol démarre son aventure Biarrote. Deux premières saisons de rêves, où il soulève à deux reprises le Bouclier de Brennus et dispute une finale européenne (2006). Paradoxalement, ces deux années sont aussi celles où Harinordoquy est le moins appelé. En perte de vitesse, auteur de prestations plus que moyennes, le Basque n'est plus aussi bondissant qu'auparavant. En février, loin de convaincre, il cède sa place à Sébastien Chabal, Julien Bonnaire ou encore Thomas Lièvremont. Ainsi « mis au placard », il vit une importante remise en question, et ses performances sur la seconde partie de saison lui permettent de retrouver Marcoussis à l'aube de l'été 2006. Titulaire lors du match inaugural du Mondial 2007 face aux Pumas, Imanol passera le reste de la compétition sur le banc. La suite de l'histoire, vous la connaissez : le XV de France se hisse de nouveau en demi finale... affronte de nouveau l'Angleterre... et termine de nouveau au pied du podium. Nouvelle et cruelle désillusion pour le Biarrot. Une frustration qui fait naître chez lui une envie décuplée de soulever cette satanée coupe Webb Ellis ! Ecarté du groupe France lors du Tournoi 2008 (au profit du jeune Picamoles), il traverse avec son club une saison extrêmement chaotique, mais réintègre le XV à l'occasion de la tournée d'automne, et connaît même pour la première fois les honneurs du capitanat sur la pelouse de Sochaux, face aux Îles Pacifique. L'année 2009 marque son retour au premier plan... avant qu'une blessure au genou ne ternisse la fin de saison. Auteur d'un tournoi 2010 tonitruant (conclu par un nouveau Grand Chelem), il est victime d'une fracture du nez en avril. Capitaine du Biarritz Olympique, casqué tel un gladiateur pour protéger son appendice, il mène malgré tout ses hommes jusqu'à une seconde finale de H Cup (vs Toulouse) mais, touché aux côtes, se voit privé de tournée australe. La fin de saison sera difficile... Peu épargné par la concurrence et les pépins physiques, Imanol, encore victime début juillet d'une inflammation de l'aponévrose plantaire, est bel et bien de retour et aborde son troisième Mondial avec 69 capes au compteur (contre 41 lors de la précédente édition). La soif de victoire et la détermination, elles, restent intactes ! Le joueur sauvage a laissé place au leader. Elément essentiel de la vie de groupe, joueur de devoir et de parole, la figure emblématique du BO, farouchement attachée à ses racines, a pris de l'envergure et prouvé qu'elle avait les épaules suffisamment solides pour endosser les responsabilités. Réputé pour son aisance dans le combat aérien, dominateur dans le défi physique, Imanol est devenu l'un des flankers les plus complets de l'hexagone et par la même occasion l'une des pièces maîtresses du pack bleu-blanc-rouge. Big boss de la touche tricolore, il peut d'ailleurs se targuer d'être le n°8 le plus titularisé de l'ère Lièvremont. A l'heure de partir en Nouvelle Zélande, difficile pour le sélectionneur de se passer des services d'un élément si précieux... Le Harinordoquy cru 2011 semble être arrivé à maturité. Onze ans après son premier contrat pro, et neuf ans après sa toute première cape, il s'est forgé un palmarès digne des plus grands. Riche d'une solide expérience des grands rendez-vous internationaux, il s'accommode aujourd'hui parfaitement de la concurrence sans perdre une miette de son esprit de compétition : contraint de laisser au néo-capé Raphaël Lakafia et à Louis Picamoles le maillot frappé du n°8 et de glisser sur le flanc de la mêlée, nul doute qu'il aura coeur de mettre toute sa polyvalence au service du collectif. Sa carrière, loin d'être un long fleuve tranquille, aura fait de lui un joueur à part. Talentueux et précoce, souvent présenté à tort comme orgueilleux, mais en vérité guerrier hors pair, Imanol a su laisser son côté tendre et sa timidité au vestiaire pour s'endurcir et surtout se bonifier avec l'âge. Plus serein qu'auparavant, il dégage une aura bien particulière et fédère ses troupes. A 31 ans, le voilà embarqué pour un 3e Mondial. Le Basque savoure chaque sélection tant il connaît la valeur de chacune d'entre elles et sait que rien n'est jamais acquis. A l'horizon du pays au long nuage blanc se profile un beau challenge, mais aussi une belle aventure humaine : "Le but, c'est d'arriver tous ensemble jusqu'au bout. En équipe". Plus que jamais prêt à rebondir, encore plus fort, encore plus haut, Imanol n'a aucune envie que son rêve lui glisse une 3e fois entre les doigts... A suivre mercredi: Pascal PAPE