Ils ont fait 2010: Yannick Agnel

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Ils ont fait 2010: Yannick Agnel
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Qui dit fin d'année dit bilan. Et à l'heure des bilans, la rédaction a choisi de donner la parole à plusieurs sportifs français qui, à un degré ou un autre, ont marqué l'année sportive 2010. Après Cammas, Dusautoir, Lemaitre et Riner, nous terminons avec le nageur Yannick Agnel, champion d'Europe du 400 mètres nage libre, à tout juste 18 ans.

Qui dit fin d'année dit bilan. Et à l'heure des bilans, la rédaction a choisi de donner la parole à plusieurs sportifs français qui, à un degré ou un autre, ont marqué l'année sportive 2010. Après Cammas, Dusautoir, Lemaitre et Riner, nous terminons avec le nageur Yannick Agnel, champion d'Europe du 400 mètres nage libre, à tout juste 18 ans. Yannick, l'heure du bilan a sonné. Qu'est ce qui vient en premier à l'heure de repenser à 2010 ? Ça a été tellement vite. J'ai eu l'impression de vivre un mois, mais aussi dix ans à la fois. C'était une année riche en évènements, en émotions. Une belle année, vraiment. Avec l'impression d'avoir grandi, à la fois personnellement, intérieurement, mais aussi techniquement ? Bien sûr. Déjà, il y a eu la majorité ! Puis, j'ai eu mon bac. Et en même temps, il y a eu toutes ces compétitions, ces grandes compétitions, mes premiers grands rendez-vous internationaux. Et pas mal de performances auxquelles je ne m'attendais pas forcément. J'ai un peu grandi de tous les côtés (rires). Si on prend le déroulé de cette année, il y a eu une première partie de saison avec en point d'orgue les championnats de France, porte d'entrée vers les Euros de Budapest. Et il y avait à ce moment-là le Bac, aussi, à gérer, qui a toujours été une priorité pour vous... C'est toujours plus compliqué de mener deux choses à la fois. C'était un deal qu'on avait eu (avec son entraîneur, ndlr), je voulais vraiment aller jusqu'au bout du lycée. Le tout, c'était d'avoir une bonne organisation, et puis j'avais un entourage qui m'aidait beaucoup aussi. Résultat, tout est allé sans problème, et avec énormément de plaisir. A partir de septembre, j'appréhendais un peu de n'avoir "que" la natation, à fond, mais finalement ça se déroule pour le mieux. Je ne suis pas aliéné par tous ces entraînements, j'arrive à trouver d'autres loisirs à côtés, un peu plus intellectuels. Ces championnats de France vous ont permis de conquérir votre premier titre chez les Seniors, avec un record de France à la clé (1'46''35, sur 200 mètres, à Saint-Raphaël), ce qui a été plutôt rare dans ces championnats. Oui, mais il y a aussi eu cette erreur que je n'aurais pas dû commettre, sur le 200 mètres (pour ne pas avoir réalisé les minima en séries, Yannick Agnel a manqué la qualification pour Budapest sur cette distance, ndlr). Ces championnats de France étaient les premiers où j'avais quelque chose à jouer. J'ai énormément appris lors de cette semaine. "Ce n'est pas pour la célébrité que je fais ce métier" Ensuite, vous avez tenu à faire un crochet par les championnats d'Europe juniors, à Eindhoven. Bilan : 6 médailles, dont 5 titres. C'était important pour moi, ma dernière année en juniors. Ne serait-ce que vivre cette semaine avec une équipe junior, à laquelle je tiens beaucoup, avec uniquement des gens de mon âge, avec qui je m'entends super bien, a été un moment important. Je voulais le faire au maximum, même à une période de l'année qui n'était pas forcément évidente. Rapidement, il y a eu Budapest, où vous avez été le premier soleil de la compétition, qui a mis en route l'équipe de France. Première course, le 400 mètres, et première Marseillaise. Ce n'était pas quelque chose auquel je m'attendais. Les championnats d'Europe juniors m'avaient mis la puce à l'oreille. Je suis parti à Budapest en me disant qu'il fallait faire le mieux possible, que je n'avais pas vraiment de pression particulière pour mes premiers « Europe ». J'y suis allé décontracté, et ça a réussi. C'était aussi une manière de vous faire une place dans l'équipe de France, pour le relais, au milieu des cadors ? Une place dans un relais se gagne avec des performances. Je me serais mal vu prendre la place de qui que ce soit en n'ayant rien prouvé. Je suis content d'avoir une place de plus en plus légitime, dans une équipe superbe, avec une véritable osmose. Dans toute cette semaine, on était vraiment dans une bulle de performance. On a vécu très intensément. C'est un bon point de départ pour toutes les échéances qui nous attendent. A votre retour en France, il y a eu une autre nouveauté, cette exposition médiatique grandissante. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle notoriété ? C'est super gratifiant. C'est génial, mais c'est aussi quelque chose d'éphémère. C'est bien aussi de retrouver son petit train-train, ses petites routines. Il faut savoir garder les pieds sur terres, et continuer à s'entraîner dur. Ce n'est pas pour la célébrité que je fais ce métier. Il y avait une dernière échéance, c'était Dubaï, et les mondiaux en petit bassin. Ça a été contrasté pour vous, mais n'est-ce pas aussi le meilleur encouragement pour revenir l'an prochain, et en remettre en course ? Ce genre de bilan mitigé est effectivement encourageant pour la suite. Ça me donne encore plus envie de m'entraîner, et de travailler dur pour aller toujours plus vite. Les Mondiaux, je ne connaissais pas. Dubaï, c'était un premier contact avec ce niveau-là. J'en suis assez content malgré tout. Ça me donne envie d'y gouter une nouvelle fois. La journée de mercredi (élimination en séries du 200 mètres, puis le soir médaille d'or avec le relais) résume tout l'apprentissage que j'ai pu faire durant cette semaine à Dubaï, et même dans cette année. Ça a été un ascenseur émotionnel incroyable, à la fois étrange et fabuleux. C'est pour des moments comme ça que je fais du sport. J'espère en vivre encore plein. Terminons avec les voeux. Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour 2011, avec mes Mondiaux de Shanghai, et évidemment les JO de Londres qui se rapprochent ? De belles émotions. Du plaisir, peu importe ce qu'il se passera.