Ils coulent avec les Bleus

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Ils coulent avec les Bleus
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La probable élimination de la France coûterait cher à ses partenaires, en particulier à TF1.

La probable élimination de la France coûterait cher à ses partenaires, en particulier à TF1.La probable élimination de l'équipe de France de la Coupe du monde en Afrique du Sud coûte cher, et pas seulement à l'ego des joueurs et des supporters. Pour les partenaires des Bleus, sponsors et médias, le manque à gagner de l'absence des Français au stade des huitièmes de finale se chiffre en centaines de milliers d'euros. Voire en millions d'euros. Et c'est TF1 qui devrait payer le plus lourd tribut. La première chaîne a déboursé 120 millions d'euros pour l'exclusivité de la Coupe du monde. Cependant, le groupe aura dépensé au total 87 millions d'euros pour les droits, puisqu'il a rétrocédé 37 des 64 matchs à France Télévisions et Canal+.Adidas et Nike inquietsPlusieurs millions d'euros de recettes publicitaires pourraient au final échapper à la chaîne. "TF1 avait prévu de doubler les tarifs publicitaires dans la deuxième partie de la compétition si l'équipe de France continuait à y participer", relève un analyste financier chez Exane BNP Paribas. A titre d'exemple, les spots publicitaires de la finale, le 11 juillet, coûteront 260.000 euros dans le cas fort peu probable où la France y participerait. Deux fois plus que s'ils en sont absents.Derrière TF1, c'est Adidas qui risque de payer le plus de pots cassés. La marque aux trois bandes pourrait subir un "manque à gagner de 200.000 à 300.000 maillots", juge Gilles Dumas, directeur de l'agence de marketing Sportlab. Pas moins de "50% des ventes" de maillots se font pendant la compétition, surtout après le premier tour. Mais Nike, qui sera l'équipementier des Bleus à partir de janvier 2011, n'est pas forcément à la fête non plus, note Frédéric Bolotny. "Je pense que Nike a autant à s'inquiéter qu'Adidas. Il y a un tel désamour pour l'équipe de France que, quand on aligne 42 millions d'euros par an -ce qui est surréaliste-, il y a de quoi se faire des cheveux blancs pour la suite", souligne l'économiste."Pas tant la défaite que l'esprit"A court terme, les autres parraineurs des Bleus, qui ont payé le droit d'utiliser leur image, devraient subir "un énorme manque à gagner", assure Gilles Dumas. "Des campagnes qui étaient certainement prévues ne se feront pas, parce que les parraineurs ne vont pas avoir envie de surfer sur les résultats de l'équipe de France, ils vont jouer profil bas".A plus long terme, c'est le désamour entre l'équipe et les Français qui pourrait faire du tort à ses partenaires. "Ce n'est pas tant la défaite que l'esprit dans lequel elle a eu lieu. Il y a des manières de perdre. Quand vous devenez sponsors, vous voulez être associé à quelque chose d'enthousiasmant", souligne le consultant en "sponsoring sportif" Olivier Michel.Mais le début d'un "nouveau cycle", avec le remplacement de Raymond Domenech par Laurent Blanc, pourrait changer les choses et ce résultat n'est donc "pas une raison pour sortir d'un partenariat", ajoute l'analyste. A la pression sportive, énorme, s'ajoute donc la pression économique, toute aussi conséquente, sur les épaules du futur sélectionneur des Bleus.