Huget, une affaire, des questions

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Huget, une affaire, des questions
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Présent jeudi, à Marcoussis, pour y assister Yoann Huget, exclu de l'équipe de France pour manquement au règlement antidopage, Matthieu Blin, le président de Provale, le syndicat des joueurs professionnels, répond aux interrogations nées de cette affaire. Non, Huget ne s'est pas dopé, oui, sa sanction pourrait être sévère dans une affaire qui ranime le débat autour de la localisation dans les sports collectifs.

Présent jeudi, à Marcoussis, pour y assister Yoann Huget, exclu de l'équipe de France pour manquement au règlement antidopage, Matthieu Blin, le président de Provale, le syndicat des joueurs professionnels, répond aux interrogations nées de cette affaire. Non, Huget ne s'est pas dopé, oui, sa sanction pourrait être sévère dans une affaire qui ranime le débat autour de la localisation dans les sports collectifs. HUGET RISQUE-T-IL GROS ? Sous la menace d'une suspension pouvant aller de trois à dix-huit mois pour ce qui n'est pas du dopage, l'ailier bayonnais aura pourtant a priori toutes les peines à échapper à une sanction. "A priori, la barème de sanctions est tel qu'il est vraiment compliqué d'avoir une certaine espérance de ne pas être sanctionné. On est dans des procédures juridiques extrêmement sévères." Une peine susceptible d'appel non suspensif: "La commission disciplinaire de la fédération française va rendre un verdict qui, comme tout verdict, peut être mis en appel que ce soit par Yoann, que ce soit le président de la FFR ou que ce soit évidemment par les responsables de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD)." HUGET ETAIT-IL AVERTI DE SES MANQUEMENTS ? En reconnaissant lui-même sa bévue, erreur de jeunesse pour les uns, faute impardonnable de la part d'un joueur pro pour les autres, le Bayonnais admet sa légèreté sur le sujet après que chacun de ses trois manquements au suivi longitudinal ont été motivés auprès du joueur, qui ne pouvait donc pas ne pas être au courant de la gravité de sa situation. "Il y a chaque fois un avertissement, précise Blin, et c'est pour cette raison que Yoann a tout de suite déclaré qu'il se sentait responsable de... mais qu'après, il va essayer de motiver l'ensemble des choses pour qu'une certaine proportionnalité dans la sanction soit respectée. Il ne participera pas à la Coupe du monde, ce qu'on peut déjà considérer comme une première sanction gigantesque." HUGET PEUT-IL ETRE SOUPÇONNE DE DOPAGE ? Pas question de tomber dans l'amalgame entre un défaut de localisation et un contrôle positif : Yoann Huget n'est pas inquiété pour dopage en l'espèce. "On est bien sous le coup d'une procédure juridique et non médicale ; il n'y a absolument aucune suspicion de dopage et aucun cas douteux qui nécessiterait de mettre en suspend quelque activité que ce soit. J'insiste, la moindre personne qui ferait l'amalgame entre une procédure juridique et administrative et une inquiétude ou une suspicion médicale, pourrait faire l'objet de poursuites pour propos diffamatoires puisque ce n'est absolument pas le sujet. Yoann a subi différentes contrôles au cours de l'année, qui se sont tous évidemment révélés négatifs." HUGET EST-IL UN CAS D'ECOLE ? Cette affaire met en lumière toute la difficulté d'organiser une lutte contre le dopage efficace dans des sports collectifs, où le principe de localisation est difficilement conciliable avec les exigences de la vie de groupe. Un cheval de bataille pour Blin et Provale: "Le syndicat Provale, en collaboration avec la Fnass (Fédération nationale des associations et des syndicats sportifs), qui regroupe le volley, le handball et le basket, a déposé un recours devant le Conseil d'Etat il y a de cela quelques mois, qui a été débouté. Il y a aujourd'hui une procédure engagée devant la commission européenne des Droits de l'Homme sur le fait de vouloir, évidemment participer très largement, voire même avec une intensification des contrôles, à la lutte contre le dopage, mais considérant que ce qui est pour l'instant appliqué n'est pas en résonance avec les contraintes d'un sport collectif. On ne se détourne pas de la responsabilité que les joueurs ont à remplir les obligations, qui leur sont imposées, mais on s'aperçoit bien de la difficulté à obtenir ces renseignements au quotidien."