Huget, un derby et c'est reparti ?

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Huget, un derby et c'est reparti ?
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Privé de Coupe du monde mais aussi du début de la saison de Top 14 pour manquements aux règles de localisation dans le cadre de la lutte antidopage, Yoann Huget, qui a purgé sa suspension, est de retour dans le groupe de l'Aviron Bayonnais pour le 100e derby basque contre le Biarritz Olympique. Une belle occasion de lancer sa saison si l'AFLD classe son dossier le 15 décembre prochain. Sinon...

Privé de Coupe du monde mais aussi du début de la saison de Top 14 pour manquements aux règles de localisation dans le cadre de la lutte antidopage, Yoann Huget, qui a purgé sa suspension, est de retour dans le groupe de l'Aviron Bayonnais pour le 100e derby basque contre le Biarritz Olympique. Une belle occasion de lancer sa saison si l'AFLD classe son dossier le 15 décembre prochain. Sinon... On l'avait quitté très affecté un après-midi d'août, privé de son rêve de disputer la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Près de quatre mois plus tard, Yoann Huget est de retour. Impatient de revenir au jeu. "J'ai une grosse envie de rejoindre mes coéquipiers", avoue-t-il lors d'un entretien accordé au site de l'Aviron Bayonnais. Qui ne le serait pas avoir suivi ses copains de l'équipe de France derrière sa télé et ceux de son club depuis les tribunes pendant trois mois ? Une période d'inactivité récoltée pour avoir fait preuve de légèreté avec une Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) qui n'a pas la réputation d'être souple. Joueur cible (donc contraint de fournir son planning quotidien à l'agence pour répondre à tout contrôle inopiné), l'ailier international (7 sélections) a été pris trois fois par la patrouille, trois défauts de localisation synonymes de trois mois de suspension. Et donc de mise au ban du XV de France, moins d'un mois avant de prendre l'avion pour la Nouvelle-Zélande. Le train bleu est passé et ne se retournera pas sur son triste sort. "Je me refuse de mettre en danger l'image de la France", commente alors Pierre Camou, le président de la FFR, pour justifier l'abandon du soldat Huget. Retour à Bayonne en plein été et sans perspective à court terme. "J'appréhendais un peu le retour de Marcoussis en terre bayonnaise mais je savais que mes coéquipiers étaient à fond derrière moi et les supporteurs ont été très touchants", souffle-t-il aujourd'hui. Mais les heures ont été difficiles... Le plus dur ? "Le premier match de la Coupe du monde peut-être... On m'invitait pour voir des matches, à droite ou à gauche, mais j'avais plutôt envie de rester seul. Je me levais tous les matins, après La Marseillaise parce que c'était un moment difficile. Et le premier match de Bayonne ici contre Toulouse. Je prends place dans les tribunes mais ma tête n'y est pas. Je n'ai pas envie d'être là, j'ai encore l'équipe de France en tête. Mais finalement, quand j'ai vu l'accueil des supporteurs, je me suis dit que ma place n'était pas si loin..." Verdict le 15 décembre Alors Huget prend son mal en patience. Travaille ses automatismes avec un groupe dont il reste proche. Entretient sa condition physique. Sans relâche, même pendant la mini-trêve du Top 14 en octobre où il prend la direction de l'Insep pour travailler sa technique de sprint sous les ordres de Guy Ontanon, entraîneur de Ronald Pognon et Christine Arron notamment. "Je dois gagner en explosivité sur mes départs de course, ce sont des automatismes que je dois trouver sur les dix premiers mètres, j'espère rattraper les fractions de seconde que je peux perdre par rapport à des joueurs plus petits, plus rapides mais surtout plus explosifs que moi", explique-t-il alors. Les semaines défilent. Et la fin du calvaire approche. "Plus ça se rapproche et plus c'est long", dit-il le 17 novembre dernier dans les colonnes de L'Equipe, dix jours avant la levée de sa suspension. "En même temps, je ressens de la peur. L'appréhension de passer complètement à côté." Christian Gajan et le staff bayonnais ne lui laisseront pas le temps de gamberger, le titularisant dès mardi, deux jours après sa requalification. Un retour en semaine certes. Mais à l'occasion du 100e derby basque de l'histoire face au Biarritz Olympique. Preuve qu'il n'a pas perdu la confiance de ses entraîneurs. Et que le garçon, qui n'a jamais gagné à Aguiléra, est solide, prêt à se lancer, qu'importe l'accueil hostile que pourrait lui réserver le public biarrot, qu'importe si son cas n'est pas définitivement réglée, toujours entre les mains de l'AFLD qui statuera définitivement le 15 décembre prochain. "La situation est un peu curieuse, car je peux rejouer avant de connaître la décision finale, je vis avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, c'est assez pénible", avoue-t-il dans les colonnes du Sud Ouest, désireux de clore définitivement ce triste chapitre de sa carrière. "J'espère simplement que la décision de l'AFLD, le 15 décembre, sera clémente et ne me sanctionnera pas davantage. J'ai fait une erreur de jeunesse, j'ai été sanctionné, et toute cette histoire m'a fait mûrir", assure l'intéressé qui se dit "plus responsable". Et certainement plus détaché, lui qui a connu une ascension express la saison dernière avant de retomber lourdement sur terre : "Quand on est mêlé à une histoire de dopage, que ce soit administratif ou médical, ce n'est jamais bon pour son image. Mais je me fiche un peu de mon image. La vérité vient du terrain. Et aujourd'hui, on n'a jamais entendu que Yoann Huget était dopé. Si des gens le pensent, ça ne me gêne pas. Tant que ma famille et les gens que j'apprécie croient en moi, c'est l'essentiel." Le reste n'est que du rugby. Derby ou pas...