Huget à la porte !

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Huget à la porte !
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La rumeur courait depuis l'absence du Bayonnais à l'entraînement ce jeudi matin. Yoann Huget a été exclu de l'équipe de France pour manquement à trois contrôles antidopage. Cela équivaut, selon les règlements de l'AFLD et de l'AMA, à un contrôle positif. La décision a été annoncée ce midi par Pierre Camou, le président de la FFR. Le trois-quarts aile de l'Aviron ne disputera pas la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande.

La rumeur courait depuis l'absence du Bayonnais à l'entraînement ce jeudi matin. Yoann Huget a été exclu de l'équipe de France pour manquement à trois contrôles antidopage. Cela équivaut, selon les règlements de l'AFLD et de l'AMA, à un contrôle positif. La décision a été annoncée ce midi par Pierre Camou, le président de la FFR. Le trois-quarts aile de l'Aviron ne disputera pas la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Du jamais-vu dans l'histoire du XV de France. Yoann Huget a été mis à l'écart du groupe de Marc Lièvremont pour manquement au règlement antidopage. Le Bayonnais n'a pas été contrôlé positif, mais il est sanctionné pour trois "défauts de localisation". A trois reprises, un contrôleur s'est présenté, et à chaque fois Huget n'a pu justifier ses absences. Selon le règlement de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et de l'Agence mondiale antidopage (AMA), cela équivaut à un contrôle positif. Par précaution, le joueur, le staff et les dirigeants de la FFR ont décidé d'une mise à l'écart immédiate. Devant la longueur des procédures à venir, Huget aurait certainement manqué la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 septembre au 23 octobre). Et l'encadrement, qui ne peut appeler un joueur en cours de compétition qu'en cas de blessure, ne pouvait surtout pas prendre le risque de conserver un joueur, forcément perturbé, et avec une telle épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Fall relancé ? Cette décision rapide permet à Marc Lièvremont de trouver une solution de repli. "Je me retire de la Coupe du monde parce que la sanction que j'encours est de trois mois minimum jusqu'à 18 mois, a déclaré Huget, rapporte RMC. Très affecté, le joueur s'est présenté aux côtés de Pierre Camou, le président de la FFR, pour annoncer la nouvelle. Il devra passer en commission le 17 aout prochain. "Je préfère quitter le groupe maintenant plutôt que de le mettre en difficulté, sachant que je ne pourrai être remplacé", a expliqué l'ailier bayonnais, avant d'énumérer les conditions de ses trois manquements au contrôle antidopage, qui lui valent aujourd'hui cette exclusion: "Il y a deux absences lors desquelles je n'ai pas répondu présent: lors de la première, j'avais mal rempli la localisation. C'est une négligence de ma part. J'en prends la responsabilité. La deuxième, c'est parce que j'étais avec l'équipe de France la veille de France-Pays de Galles et la troisième parce que j'ai accepté une séance photo organisée en dernière minute"." Une attitude pour le moins légère, il est vrai, de la part d'un joueur professionnel. Lièvremont n'a pas énormément d'options devant lui. Devant l'incertitude pesant sur l'état de santé d'Aurélien Rougerie, le groupe avait été élargi à 33 éléments. Le sélectionneur pourrait choisir de composer avec l'effectif actuel, l'option la plus probable au regard de l'évolution positive du cas Rougerie, où d'appeler un remplaçant qui pourraient être Clément Poitrenaud, Benjamin Fall ou Julien Malzieu. Le sélectionneur tricolore a encore jusqu'au 22 août pour annoncer les noms des 30 joueurs retenus pour la Coupe du monde. Si le cas Huget n'avait pas de précédent dans le rugby, il en existe dans les autres sports, comme le tennis ou le cyclisme. On se souvient que fin 2009, le tribunal antidopage flamand avait suspendu pur un an les Belges Yanina Wickmayer et Xavier Malisse pour défauts de localisation. Cette décision avait ensuite été annulée un mois plus tard par le tribunal de première instance de Bruxelles. En 2007, le sulfureux Michael Rasmussen avait été exclu du Tour de France pour avoir menti sur son emploi du temps, ce qui équivaut également à un défaut de localisation. L'UCI avait finalement suspendu le Danois pour deux ans. Pour Huget, qui va devoir se battre pour démontrer sa bonne foi, la désillusion est terrible. A tel point que Pierre Camou se faisait plus paternel que jamais en de telles circonstances, mais justifiait aussi la radicalité de sa décision en brandissant l'intérêt supérieur de l'équipe de France: "Je veux lui dire que je comprends et partage sa peine. Pour tout joueur, c'est un déchirement de ne pouvoir porter le maillot de la France. (...) Je me refuse de mettre en danger l'image de la France. (...) Le groupe doit pouvoir se concentrer sur sa préparation, sans interférence. Tous les joueurs doivent être individuellement à 100% concentrés sur la préparation. Cela n'aurait pas pu être le cas de Yoann." Pour le Bayonnais, le rêve est passé.