Hoogerland, le jour d'après

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Hoogerland, le jour d'après
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Porteur du maillot à pois de meilleur grimpeur sur un Tour de France qui observait lundi sa première journée de repos dans le Cantal, Johnny Hoogerland n'a pas pu savourer comme il se doit ce moment de répit. Le Néerlandais, percuté la veille par une voiture à 40km de l'arrivée à Saint-Flour, porte sur lui les séquelles de sa terrible envolée dans les barbelés: 33 points de sutures aux jambes et un moral forcément en berne.

Porteur du maillot à pois de meilleur grimpeur sur un Tour de France qui observait lundi sa première journée de repos dans le Cantal, Johnny Hoogerland n'a pas pu savourer comme il se doit ce moment de répit. Le Néerlandais, percuté la veille par une voiture à 40km de l'arrivée à Saint-Flour, porte sur lui les séquelles de sa terrible envolée dans les barbelés: 33 points de sutures aux jambes et un moral forcément en berne. Il y avait foule, lundi sur les coups de 14 heures, à l'hôtel de l'équipe Vacansoleil. Point de grand leader dans la formation néerlandaise, mais un coureur, Johnny Hoogerland, qui est passé sur toutes les chaînes de télévision la veille, lors de la neuvième étape du Tour de France entre Issoire et Saint-Flour. Percuté, tout comme Juan Antonio Flecha, par une voiture floquée France Télévisions alors qu'il se trouvait dans la bonne échappée à 40 kilomètres du but, le coureur de l'équipe Vacansoleil a été projeté sur plusieurs mètres avant de s'arrêter net dans des barbelés. Les images de ses jambes en sang lors de son long calvaire solitaire pour rallier Saint-Flour parlent d'elle-même sur la souffrance endurée par ce coureur de 28 ans, 12e de la Vuelta il y a deux ans. Nouveau maillot à pois du Tour, grâce aux nombreux points empochés avant cet accident aux lourdes conséquences, Hoogerland est apparu marqué au moment de répondre aux questions des médias à l'occasion de la première journée de repos de l'épreuve. Qui ne le serait pas ? Les deux jambes enroulées dans des compresses, pour protéger les 33 points de sutures posés sur ses plaies, ce baroudeur aux qualités indéniables de grimpeur a prévenu d'emblée: "C'était un accident mais je ne pardonne pas. C'est une erreur, cela peut arriver à tout le monde. Il n'a pas fait exprès, du moins je l'espère". Comme les dirigeants de son équipe, lesquels n'ont pour le moment pas souhaité intenter une action juridique contre le chauffeur du véhicule, Hoogerland ne veut pas rajouter de l'huile sur le feu. "Je ne sais même pas ce que je pourrai faire demain" Sa préoccupation principale est ailleurs. Bien que meurtri et touché dans sa chair, celui qui remporta le Tour des Flandres Juniors en 2001 aimerait ne pas avoir tout perdu lors de ce terrible coup du sort. "Je serai au départ demain (mardi), assure-t-il. J'espère que j'aurai assez de force pour faire cette étape. Mais je ne sais même pas ce que je pourrai faire demain." Déjà héroïque pour terminer la 9e étape, Hoogerland risque de souffrir le martyr sur sa machine entre Aurillac et Carmaux. Mais, selon son coéquipier Romain Feillu, "tout le soutien qu'il a reçu lui a fait énormément de bien au moral." Cela sera-t-il suffisant, alors que la haute montagne s'annonce dès jeudi dans les Pyrénées ? L'image serait pourtant belle de le voir escalader les premiers cols pyrénéens avec la tunique à pois sur les épaules. Une sorte de récompense pour ce garçon venu sur le Tour avec un objectif auquel il ne croit plus guère désormais. "C'était peut-être ma chance d'amener le maillot de meilleur grimpeur à Paris. Je ne le saurais jamais. Je me sentais mieux que jamais durant toute ma carrière..."