Honrubia bien dans son monde

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Honrubia bien dans son monde
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Parmi les petits nouveaux de l'équipe de France, Samuel Honrubia a été le plus en vue lors du match d'ouverture face à la Tunisie. Formé à Montpellier, cet ailier gauche de poche, grand bénéficiaire de la convalescence de Guigou et du forfait d'Ostertag, est en quête perpétuelle de l'efficacité. Et quand il s'agit de s'aérer l'esprit, sa guitare et les jeux vidéo ne sont jamais bien loin.

Parmi les petits nouveaux de l'équipe de France, Samuel Honrubia a été le plus en vue lors du match d'ouverture face à la Tunisie. Formé à Montpellier, cet ailier gauche de poche, grand bénéficiaire de la convalescence de Guigou et du forfait d'Ostertag, est en quête perpétuelle de l'efficacité. Et quand il s'agit de s'aérer l'esprit, sa guitare et les jeux vidéo ne sont jamais bien loin. Quand on demande à Claude Onesta ce qu'il a pensé des premiers pas dans un grand championnat effectués par quelques-uns de ses joueurs contre la Tunisie, le sélectionneur de l'équipe de France est avare en compliments. A part pour Samuel Honrubia dont il a apprécié l'application. Pourtant le jeune ailier gauche né en 86, dont le billet pour la Suède n'a été validé que quelques jours avant le Mondial, n'a rien fait d'extraordinaire jeudi soir. Très peu alimenté sur son aile gauche, le Montpelliérain a attendu la 42e minute du match pour tenter, et réussir, son premier tir. Il a presque été plus vu en défense, notamment quand il est passé en stricte sur le demi-centre tunisien Megannem. Une première sortie finalement très sobre, à l'image du personnage. Venu au handball assez jeune, dès l'âge de 9 ans - "avec un papa handballeur ça aide" - confie-t-il, Honrubia n'est pas du genre à se mettre en avant. "J'ai été sérieux, surtout en défense, juge-t-il. Parce qu'à Bercy contre les Croates je n'avais pas été très bon dans ce secteur là et j'avais vraiment la volonté de me reprendre. Je voulais montrer à mes coéquipiers, et notamment à Didier (Dinart) qui gère la défense, que je pouvais bien défendre. Après c'était la Tunisie, au niveau de l'attaque ce n'est ni la Croatie ni l'Espagne. C'est pour ça que j'attends les autres matches avec impatience." Avant de se frotter à plus forte concurrence, lors des quatrième et cinquième matches du premier tout contre l'Allemagne et l'Espagne, «Sammy» aura certainement encore le temps de se faire remarquer auprès du grand public face à l'Egypte dimanche, puis le Bahreïn le lendemain. "Je suis un geek complet" Ses qualités principales ? "La vitesse, embraye-t-il. Un peu la folie aussi même si j'essaie de la canaliser un maximum. J'ai une volonté d'être le plus efficace possible. Je suis très exigeant avec moi-même. Je peux mettre dix buts et en rater un, je vais quand même me prendre la tête sur le tir que j'ai raté." Véritable poids plume - il est avec ses 75 kilos le joueur le plus léger de l'effectif tricolore - Honrubia se définit comme un garçon "calme et posé" même si "certains diront peut-être le contraire". Sans doute pas Arnaud Bingo, son compagnon de chambrée, avec lequel il s'entend très bien. "Lui aussi joue de la guitare", précise-t-il. Grand amateur de musique, le joueur de Montpellier, club avec lequel il a disputé son premier match avec l'équipe première à 18 ans, aime bien grattouiller les cordes. "Je joue un peu de tout. Je passe des Red Hot à Carla Bruni. Non ça c'est pas vrai, plaisante-t-il. J'adore aussi les jeux vidéo. Je suis un geek complet. J'aime les mangas. J'ai un petit peu un univers d'adolescent. Et je n'ai pas trop envie de laisser ça de côté. Ça me permet de parfois me couper complètement du milieu du handball." Ado de 24 ans, avec néanmoins une belle maturité sur un terrain, Honrubia, né d'un père espagnol et d'une mère d'origine espagnole, aimerait aller au bout de son rêve de gosse en Suède. "Depuis que j'ai vu la finale du Championnat du monde 2001 remporté par les Français, mon plus grand moment de sport en tant que spectateur, j'ai envie de faire pareil. C'est le but ultime quand tu t'entraînes dur pour réussir, explique-t-il. Là je suis comme un dingue, je donnerai mon âme sur le terrain pour gagner." Pour aussi imiter son idole, un certain Grégory Anquetil, aujourd'hui consultant pour les chaines de Canal+ et responsable de la communication au club de Montpellier, véritable héros de la finale du Mondial 2001 à Bercy.