Hoarau: "Numéro 2, non..."

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Hoarau: "Numéro 2, non..."
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De nouveau convoqué en équipe de France par Laurent Blanc, Guillaume Hoarau savoure à l'avance le France-Brésil de mercredi, qui évoque pour lui quelques souvenirs de jeunesse. Lundi, l'attaquant parisien a commenté son statut en Bleu, mais également les problèmes d'efficacité qu'il a parfois rencontrés cette saison en club. Sans faux-fuyant...

De nouveau convoqué en équipe de France par Laurent Blanc, Guillaume Hoarau savoure à l'avance le France-Brésil de mercredi, qui évoque pour lui quelques souvenirs de jeunesse. Lundi, l'attaquant parisien a commenté son statut en Bleu, mais également les problèmes d'efficacité qu'il a parfois rencontrés cette saison en club. Sans faux-fuyant... Une fois de plus, vous êtes retenu par Laurent Blanc, comment accueillez-vous cette marque de confiance ? Je vois ça plus comme une récompense. Il y a beaucoup de joueurs qui aimeraient être à ma place, donc je mesure la chance que j'ai aujourd'hui. Maintenant, est-ce de la logique ? Je ne sais pas. On sait tous que nos performances sont scrutées, on a un statut à justifier et on se doit d'être meilleur match après match, tous les week-ends, ne serait-ce que pour rendre la confiance placée en nous par le sélectionneur national. Attendez-vous les annonces des listes avec impatience? Il y a toujours ce petit moment où le coeur s'accélère, où je transpire un petit peu. Maintenant, c'est vrai que la première fois, il y avait un côté magique. Même si c'est différent aujourd'hui, ça reste aussi fort, d'autant plus lorsqu'on se prépare à jouer le Brésil. Quelle signification a cette affiche contre le Brésil? C'est le Brésil, tout simplement. Un France-Brésil au Stade de France, pour les nostalgiques, les souvenirs sont bons. Il y a cette finale de 1998, j'étais tout jeune à l'époque, mais j'avais fêté cette finale comme si je l'avais jouée. Aujourd'hui, l'espace d'une soirée, on a l'occasion de vivre un dixième de ce que les internationaux français de l'époque ont vécu le soir du 12 juillet. "De temps en temps, je manque un peu de grinta" Aujourd'hui, vous considérez-vous comme l'attaquant n°2 des Bleus derrière Karim Benzema dans la hiérarchie? Non, je ne vois pas les choses comme ça. Parmi les attaquants, j'ai un profil différent des autres et je sais qu'on me fait confiance. Au niveau de mes statistiques, je dois encore améliorer pas mal de choses. Je me dois d'être intransigeant avec moi-même, de bonifier mon jeu pour progresser au plus vite et retrouver à chaque fois l'équipe de France avec plus de maturité. Alors n°2, non. Le coach a ses idées sur le jeu, il sait comment utiliser ses joueurs et lesquels il doit faire jouer en fonction de l'adversaire. Sur certains matches cette saison avec le PSG, vous avez manqué pas mal d'occasions, cela vous a-t-il marqué ? Oui, il y a des périodes comme ça, où on ne parvient pas à passer à autre chose. On ressasse les occasions manquées... Il faut que je redevienne décisif, c'est le mot. Le fait d'être systématiquement dans les petits papiers de Laurent Blanc ne vous ôte-il pas un peu de pression ? Je suis serein. La pression, on en a besoin. Celle du week-end, avant et pendant les matches, elle est importante. Après, le fait d'être en équipe de France me pousse à être obnubilé par l'idée de marquer, sans pour autant déjouer. Peut-être faudrait-il que je me rentre dans la tête que je dois jouer pour marquer et ne pas me dire que ça va venir. De temps en temps, je manque un peu de grinta. Mais je suis dans le vrai, je ne triche pas, et c'est vrai qu'il y a des périodes où, on ne comprend pas pourquoi, les buts s'enchaînent, les ballons rentrent, et d'autres où ça ne veut plus. Ce sont les aléas... "J'ai besoin de participer" N'êtes-vous pas trop altruiste pour un attaquant ? Il faudra sans doute, dans l'avenir, que je me montre plus égoïste. Mais je sais que j'ai énormément besoin du collectif pour pouvoir tirer mon épingle du jeu. Tout seul, je n'arrive à rien. Mais j'ai pris conscience notamment que le travail défensif que j'effectue pour l'équipe a une incidence sur ma lucidité. Il ne faut pas se mentir, il y a un juste milieu à trouver. Sur la notion d'être plus "tueur" devant le but, plus égoïste, il va falloir travailler dessus. Quel match vous a le plus affecté cette saison ? Celui face à la Biélorussie au Stade de France ou celui à Montpellier avec le PSG (1-1) ? C'est différent. Contre la Biélorussie, pour mon premier match en tant que titulaire en Bleu, mentalement, j'avais tout fait pour être prêt, et cette défaite au bout était dure à digérer. Montpellier, c'est autre chose. Ce sont des occasions ratées et, le week-end d'après, il suffit d'en mettre une pour passer à autre chose. L'équipe de France joue davantage avec des meneurs que le PSG, vous touchez du coup moins le ballon, est-ce gênant pour vous? Non, gênant, ce n'est pas le mot. C'est vrai que j'ai besoin de remises, de premiers contrôles pour me mettre dans le match. J'ai besoin de toucher le ballon. En club, je sais que mes décrochages sont quelques fois un peu exagérés puisque je redescends très bas, mais en équipe de France, on a des gars qui aiment toucher le ballon et qui le font beaucoup mieux que moi, donc il faut que je sache rester à ma place. Mais dans un match, je ne peux pas me contenter d'attendre une occasion, j'ai besoin de participer.