Heymans en marche arrière

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Heymans en marche arrière
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A J-14 de l'ouverture de l'entrée en lice des Bleus en Coupe du monde face au Japon, notre site continue sa revue de portraits des 30 joueurs de l'équipe de France, qui s'apprêtent à s'envoler pour la Nouvelle-Zélande. A 33 ans, Cédric Heymans, s'il est le doyen des lignes arrières tricolores, surfe sur le pari gagnant d'un replacement au poste d'arrière avec Toulouse, qui lui permet aujourd'hui d'accrocher le bon wagon d'un second Mondial.

A J-14 de l'ouverture de l'entrée en lice des Bleus en Coupe du monde face au Japon, notre site continue sa revue de portraits des 30 joueurs de l'équipe de France, qui s'apprêtent à s'envoler pour la Nouvelle-Zélande. A 33 ans, Cédric Heymans, s'il est le doyen des lignes arrières tricolores, surfe sur le pari gagnant d'un replacement au poste d'arrière avec Toulouse, qui lui permet aujourd'hui d'accrocher le bon wagon d'un second Mondial. Dublin, samedi dernier. La salle de presse de l'Aviva Stadium, où l'équipe de France vient de défaire l'Irlande (26-22) pour la deuxième fois en une semaine sur le chemin de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.), est presque déserte. Dernier Tricolore à livrer encore ses impressions sur le succès tricolore, Cédric Heymans, apaisé et souriant, goûte à l'évidence cette 55e sélection, qui l'a vu inscrire sur un service quatre étoiles d'Aurélien Rougerie, un autre trentenaire, son 16e essai avec le XV de France. "Derrière, j'ai eu beaucoup de courses, mais grâce à tout le monde, moins de contacts et de plaquages, lance-t-il à l'intention de ses partenaires. Moi, ça me va très bien. (rires)" A 33 ans, le néo Bayonnais ne sait que trop bien l'exigence du niveau international et d'un match tranquille et serein, même s'il a produit de l'aveu de beaucoup une prestation très convaincante avec ce n°15 dans le dos pour l'occasion. Impensable il y a six mois encore avant qu'un replacement à ce poste d'arrière avec Toulouse au coeur de l'hiver ne lui permette de remettre au goût du jour sa polyvalence et d'arracher son billet pour la Nouvelle-Zélande. "Bon, il faudrait quand même une hécatombe, une épidémie même (rires)" (février, à l'évocation de sa sélection pour le Mondial) A l'époque, privé des Bleus depuis bientôt deux ans et une lourde défaite (12-39) en clôture de la tournée d'automne 2009 face aux All Blacks, au Vélodrome de Marseille, qu'il joue dans la peau du remplaçant, il ne se fait d'ailleurs aucune illusion sur son avenir en équipe de France: "Elle manque à tout le monde quand on a connu la joie de représenter son pays, la ferveur du Tournoi, l'ambiance d'une tournée, bien sûr que ça manque, il ne faut pas se cacher, avoue-t-il alors sur nos pages. Je l'ai toujours dit: je suis là, si besoin est, ils feront appel à moi. Je ne tire pas un trait, mais ce n'est pas quelque chose non plus qui m'habite énormément, à me dire: « Tu loupes ta fin de carrière. » Aujourd'hui, ils considèrent qu'il y a des joueurs devant. Je ne veux créer aucune polémique, ni crier au scandale. Je me contente de travailler et s'ils m'appellent... Bon, il faudrait quand même une hécatombe, une épidémie même (rires)." Fort de son expérience, il conclut: "Moins on le cherche, plus j'ai l'impression que ça arrive... On va dire que je ne le cherche pas." Une fausse modestie qui l'honore car le Briviste d'origine et de formation -il signa en 1997 à 18 ans la première de ses 4 victoires en H Cup en prenant part à la campagne victorieuse du CABC dans l'épreuve continentale-, devenue une figure reconnue du Stade Toulousain, a su se remettre en cause. Dix ans de fidélité au club de la Ville Rose, qu'il rejoint en 2001 alors qu'il n'a que 23 ans, mais déjà de sacrées convictions pour ne pas hésiter à racheter personnellement la dernière année de contrat, qui le lie encore à Agen, où il a connu sa première sélection dans le Tournoi l'année précédente. Toulouse, où sa vista ballon en mains, ses crochets, sa vitesses et son inspiration s'épanouissent totalement pour en faire l'un des incontournables de l'effectif de Guy Novès. "Ce club m'a fait grandir et m'a apporté énormément de joie", n'hésite pas à souligner aujourd'hui le joueur aux quatre victoires en H Cup -un record- dont trois succès en rouge et noir (2003, 2005, 2010) pour deux finales perdues (2004, 2008), auxquels s'ajoutent deux Brennus (2008, 2011) pour deux finales perdues (2003, 2006), qui complètent un palmarès long comme le bras. Heymans pèse de tout son poids sur la dernière décennie toulousaine, lourd de quelques 260 matches joués pour un total de 81 essais inscrits ! Une excellence et une permanence au plus haut niveau qui lui permettent de s'inscrire là encore dans la durée d'abord sous les ordres de Bernard Laporte, au sein d'une équipe de France, où il endosse le même costume d'indiscutable titulaire malgré la concurrence de clients du calibre des Clerc, Rougerie, Dominici ou encore Garbajosa. Incontournable pour empocher deux victoires dans le Tournoi (2006, 2007), où il ne compte qu'un Grand Chelem (2004), et pour disputer en 2007 tous les matches décisifs d'une première Coupe du monde en France jusqu'à la demi-finale perdue face à l'Angleterre. Une plaie qu'Heymans espère refermer en Nouvelle-Zélande à l'heure de cette seconde apparition dans la compétition suprême. "Moi, je me sens bien physiquement et je n'ai pas l'impression d'avoir baissé physiquement", annonce-t-il plus frais que jamais. Face à un Damien Traille, recordman des sélections dans la ligne de trois-quarts (84) et autre option sous le n°15, le doyen des arrières fait plus que jamais le poids. A suivre dimanche: David MARTY