Heureusement Flessel !

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Heureusement Flessel !
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Créditée d'un total de quatre récompenses pour seulement un titre, apporté par les habituels épéistes, l'équipe de France va quitter Sheffield sur un bilan bien médiocre que Laura Flessel et ses partenaires auront ce mardi à peine rehaussé d'une troisième médaille de bronze. Les craintes exprimées avant cet Euro par Brice Guyart apparaissent à la lumière de ces résultats bel et bien fondées.

Créditée d'un total de quatre récompenses pour seulement un titre, apporté par les habituels épéistes, l'équipe de France va quitter Sheffield sur un bilan bien médiocre que Laura Flessel et ses partenaires auront ce mardi à peine rehaussé d'une troisième médaille de bronze. Les craintes exprimées avant cet Euro par Brice Guyart apparaissent à la lumière de ces résultats bel et bien fondées. "Où est passée cette force, cette aura, que de nombreuses grandes nations de l'escrime nous enviaient ?" Par ce questionnement teinté d'inquiétude, Brice Guyart n'avait pas hésité à tirer à sa façon, de manière à la fois directe et pondérée, le signal d'alarme à la veille de ces XXIVe Championnats d'Europe (*). A l'évidence, le fleurettiste, champion olympique 2004, ne noircissait pas à l'excès le tableau d'une équipe de France qui, à force de ne plus jurer que par l'échéance olympique, a fini par perdre de vue l'essentiel... De Sheffield, théâtre de cet Euro, les Bleus repartent dans la peau d'anonymes, à la seule exception notable d'une équipe masculine de l'épée rentrée dans le livre des records grâce à la seule médaille d'or tricolore de la compétition, un cinquième titre continental depuis 1998 (et la réintroduction des épreuves par équipes aux Championnats d'Europe), qui fait d'elle l'égale de la Hongrie. Pour le reste, l'heure est à la soupe à la grimace pour une équipe de France rentrée dans le rang pour de bon ; sans que Laura Flessel et ses coéquipières, décevantes en individuel, ne parviennent véritablement mardi à rehausser par équipes ce bilan malgré la conquête d'une troisième médaille de bronze grâce à l'inusable "guêpe", encore capable à 39 ans de placer dix touches de rang pour enlever la décision dans le match pour la troisième place face à l'Estonie (42-41). Un bilan (1 or, 3 bronze) identique à celui de Leipzig, en 2010, qui confirme la mauvaise passe collective. Quand les handisports quittent Sheffield dans le trio de tête des nations (voir par ailleurs). Srecki: "Dans le « gruppetto » derrière les grandes nations" "Ce ne sont pas de bons résultats pour des athlètes de ce niveau là, avouait sur RMC Eric Srecki, le Directeur technique national français à la veille des épreuves par équipes. Les épreuves individuelles ont été mauvaises, mais ce qu'il faut, c'est relativiser leur importance. On est dans le « gruppetto » derrière les grandes nations. Ce qui nous préoccupe dès maintenant, c'est la qualification olympique. Il n'y a donc pas péril en la demeure." Dans le "gruppetto" pour reprendre un vocabulaire de circonstances, mais désormais à bonne distance du maillot jaune que les Bleus ne voient plus que de loin. En Angleterre, l'équipe de France aurait sans doute aimé prendre ses marques à un an de ces Jeux Olympiques de Londres, qui obnubilent son encadrement et ses cadres. La voilà au contraire en proie à toutes les interrogations à trois mois des Mondiaux, à Catane (Italie, 8-16 octobre), qu'elle serait bien inspirée de ne pas galvauder. Sous peine d'aller au-devant de grandes désillusions. (*) Dans un communiqué publié sur son site personnel, Guyart déclarait notamment: "Nous ne faisons plus peur, nous ne surprenons plus. Ou plutôt si, nous nous surprenons à perdre des matchs largement à notre portée. Avec en prime le sentiment de ne pas avoir livré le combat attendu ou pire d'avoir frôlé le « hors sujet »."