Heulot: "Remporter une étape"

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Heulot: "Remporter une étape"
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Engagée sur son premier Tour de France, l'équipe Saur-Sojasun découvre pas à pas la Grande Boucle. Nous poursuivons notre chronique avec son manager général, Stéphane Heulot, ancien cycliste français, champion de France sur route en 1996 et porteur du maillot jaune pendant trois jours sur la Grande Boucle la même année.

Engagée sur son premier Tour de France, l'équipe Saur-Sojasun découvre pas à pas la Grande Boucle. Nous poursuivons notre chronique avec son manager général, Stéphane Heulot, ancien cycliste français, champion de France sur route en 1996 et porteur du maillot jaune pendant trois jours sur la Grande Boucle la même année. Qu'est-ce que serait un Tour de France réussi ? Un Tour de France réussi ? D'avoir mes neuf coureurs à Paris, d'avoir réussi à lever les bras sur au moins une étape et la cerise sur le gâteau serait d'avoir un bon classement général final avec Jérome Coppel. Je pense que ça serait vraiment le rêve. On peut également imaginer décrocher le maillot blanc même si la concurrence sera élevée. Mais je pense qu'une belle place au général pourrait permettre d'avoir le maillot blanc. Que peut-on espérer de Jérôme Coppel ? Que du bon ! Je crois que l'approche a été excellente puisque tout s'est passé comme on le souhaitait. A partir de là je pense qu'on sera dans le timing. Il a besoin que la course parte pour pouvoir se libérer complétement. Il devrait être vraiment bien à partir des Pyrénées. Comment pouvez-vous définir vos neuf coureurs et votre équipe? J'ai essayé de rendre l'équipe la plus homogène possible par rapport au parcours qui nous est proposé. On a essayé d'y mettre une solution possible pour tous les jours par rapport à notre objectif de remporter une étape. On voulait un collectif suffisamment soudé et uni pour défendre et protéger un leader. On souhaitait avoir des individus qui avaient envie de partager cette aventure humaine. On juge évidemment sur les performances athlétiques mais également le mental, le sentiment que l'on ne lâchera jamais rien. Il y aura des hauts mais aussi des bas et j'espère qu'on pourra réagir de manière très positive par rapport à cela. "J'étais plus ou moins destiné à faire autre chose" Vous avez beaucoup de néophytes dans votre équipe. Ont-ils eu besoin d'une préparation différente que les autres, avec notamment un travail mental et physiologique ? Non, pas tant que ça... Ce sont des néophytes mais si on a décidé de les aligner, c'est qu'ils ont largement la maturité pour faire un Tour de France. Ils ne sont pas si nombreux que ça. Néophytes par rapport au Tour de France mais beaucoup d'entre eux on fait des Vuelta, des Giro... Je trouve que c'est une chose positive puisqu'on retrouve un certain enthousiasme et une fraicheur de découvrir le Tour, d'avoir envie et d'être heureux d'être là. Vous souvenez-vous de votre premier vélo ? C'était un vélo rouge motobécane. J'avais six ou sept ans. Pensiez-vous déjà à en faire votre métier ? Malheureusement oui (rires). J'ai un père qui a fait du vélo de compétition donc tout jeune j'étais déjà sur le bord d'un circuit. J'ai toujours était là-dedans même si j'ai entamé des études de kinésithérapeute avant de passer professionnel. J'étais plus ou moins destiné à faire autre chose mais j'ai toujours eu ça en tête. Quelle était votre première course ? Première victoire. Le jour du muguet, j'étais en cadet et j'avais 15 ans en 1986. C'était dans une ville près de Rennes. J'ai gagné toutes mes premières courses dans toutes les catégories différentes. Ça a plutôt bien marché pour moi puisque je n'ai pas souvent été dans le doute. C'est un souvenir important qui reste dans un coin de ma tête. Je n'ai pourtant pas une grande mémoire de mes courses mais celle-ci je m'en souviens. "Pendant six ans, j'ai oeuvré bénévolement à faire passer une dizaine de coureurs chez les professionnels" Vous souvenez-vous de votre premier maillot jaune ? Oui forcément. Mais ce n'est pas ce que je retiens de ma carrière. Beaucoup de gens ne parlent que de ça... C'est un grand moment, je ne peux pas dire le contraire, mais j'aime aussi pouvoir partager des moments avec les miens. Le maillot jaune est un tourbillon de sollicitation, qui ne m'a pas permis de savourer ce moment-là avec les personnes qui m'ont aidé dans les moments difficiles. Le jour où on est porté aux nues, on doit attendre pour pouvoir les appeler ou pouvoir partager ce bonheur. Le maillot jaune n'a donc pas été si marquant ? Si bien sûr ! Il ne faut pas que je dise n'importe quoi. Mais c'est vrai que je m'attendais à autre chose... Que retenez-vous de votre premier jour de manager général ? Depuis 2004, nous avons lancé cette aventure avec Lylian LeBreton et Xavier Jan avec des moyens dérisoires. On avait envie de croire en des jeunes, qui ne croyaient pas forcément en leurs possibilités. Et maintenant je suis fier de me dire qu'on est au Tour de France en 2011 avec une équipe. Avez-vous toujours imaginé de devenir manager général après avoir été coureur ? Pas du tout. J'ai quitté le cyclisme en fin 2002 parce que je n'avais plus envie et j'étais un peu déphasé par rapport à mon sport. J'avais le sentiment de devoir tourner la page. J'avais décidé de partir et de démissionner puis je me suis retrouvé malgré moi impliqué avec les jeunes. A partir de là, je me suis aperçu que j'allais peut-être me réconcilier avec mon sport. Finalement je me suis pris au jeu. Pendant six ans, j'ai oeuvré bénévolement à faire passer une dizaine de coureurs chez les professionnels. On se disait que c'était dommage de rester toujours à la porte mais c'est bien d'avoir eu les moyens d'évoluer plus haut. Comment se passe le côté financier dans votre équipe ? C'est mon travail. Je ne gère pas que le côté sportif. Sojasun est une aventure qui date de 2006, on a donc grandi ensemble par rapport au cyclisme. Saur est arrivé un peu plus tard mais ce sont des gens avec qui nous partageons des valeurs. Finalement, on s'est bien trouvé.