Hervé: "Quand même compétitif"

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Hervé: "Quand même compétitif"
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Remake de la finale 2009, le duel de vendredi soir entre l'Asvel et Orléans est aujourd'hui, lors de la 6e journée de Pro A, "le gros match du bas de tableau" selon Philippe Hervé. Un entraîneur orléanais qui espère voir ses protégés glaner un deuxième succès de rang pour la première fois de la saison, malgré un secteur intérieur à la peine que Ludovic Vaty va bientôt renforcer.

Remake de la finale 2009, le duel de vendredi soir entre l'Asvel et Orléans est aujourd'hui, lors de la 6e journée de Pro A, "le gros match du bas de tableau" selon Philippe Hervé. Un entraîneur orléanais qui espère voir ses protégés glaner un deuxième succès de rang pour la première fois de la saison, malgré un secteur intérieur à la peine que Ludovic Vaty va bientôt renforcer. Philippe, Ludovic Vaty vient d'effectuer son retour au sein de l'effectif orléanais, alors que vous aviez eu des mots assez durs à son égard lors de son transfert avorté à Grenade cet été... Il faut resituer les propos. Il y a deux choses. D'abord, il y a un choix sportif du garçon que je respecte même si, pour autant, je ne pensais pas que c'était forcément le moment de faire ce choix là sportivement. Deuxièmement, c'est aussi vis à vis de l'engagement dans notre projet, qui consiste à mettre en avant des jeunes joueurs français et à les responsabiliser comme Aldo (Curti), Adrien (Moerman) et donc Ludo (Vaty). Ce n'est pas une perspective de court terme et c'est ce qui m'avait agacé à l'époque parce que ce choix remettait en question le projet qu'on avait pu mettre en place avec lui et d'autres. A partir de là, c'était aussi une manière de manifester de manière indirecte notre envie de ne pas le voir partir. Le revoir à Orléans est donc une satisfaction ? Oui, on a aujourd'hui envie de l'avoir avec nous comme c'était prévu à l'époque. On avait très envie qu'il reste et on est très content qu'il soit là aujourd'hui parce que, globalement, on va pouvoir mettre en place ce qu'on souhaitait mettre en place au mois de juin dernier, lorsqu'on avait recruté Zach Moss avec Ludo dans l'effectif. L'histoire n'était donc pas terminée et c'est une très bonne chose que ça se termine comme ça aujourd'hui. A partir de quand espérez-vous pouvoir l'intégrer dans l'équipe ? Il a récupéré de sa blessure à la cheville. Après, on sait malheureusement qu'il n'est pas à 100% au niveau du basket. Et qu'il ne le sera pas avant trois ou quatre semaines. Il lui faut entamer une pré-saison, mais dans la saison ! On n'a rien prévu concernant ses débuts, on l'intègre dans l'entrainement du groupe, avec en parallèle un entraînement complémentaire. Et en fonction de son évolution mais aussi de son état d'esprit et de sa volonté, on pourra l'intégrer en compétition. Mais cela me paraît encore bien prématuré. Revenons sur votre entame de saison. Vous avez débuté par une victoire, avant d'enchaîner avec trois défaites et de renouer avec le succès lors de la dernière journée. Comment l'analysez-vous ? Il y a des raisons qui expliquent ce début de saison pas à la hauteur de nos ambitions, qu'on ne peut pas forcément accepter mais comprendre. La première raison, c'était d'abord ce déficit structurel dans notre groupe. On l'a très vitre mesuré, notamment au poste cinq. Et c'était aussi renforcé par le fait que Zach Moss ait eu beaucoup de mal à digérer la méthode de travail quotidienne de la pré-saison. Il a donc été en-dedans et, malheureusement pour lui, il était beaucoup mieux depuis dix jours et il se blesse en début de match contre Gravelines. Ça a donc un peu anéanti tous les efforts qu'il faisait. Autant avant Nancy, il était à côté de la plaque, autant après il avait commencé à comprendre qu'il fallait faire les choses différemment. Et ce déficit-là a été renforcé puisqu'on a été obligé de jouer Gravelines et Vichy sans pivot. Et la deuxième ? L'effectif est fortement renouvelé et n'a pas été mis dans la difficulté en termes de résultats dans la pré-saison. Et quelque part, il y a peut-être eu une forme inconsciente d'euphorie, où on se dit qu'on ne peut pas perdre. Quand on vient donc finalement à perdre ça génère plus rapidement du doute parce qu'on ne s'y était pas forcément préparé. Et puis il y a un certain doute individuel, même s'il y a une bonne confiance collective, je suis même surpris que le groupe maitrise collectivement ce qu'on veut faire alors qu'il a été beaucoup renouvelé. Concernant le doute individuel, il y a des signes encourageants, déjà au niveau des comportements et de l'état d'esprit il n'y rien à redire. C'est un groupe qui n'a rien lâché, alors qu'il y a eu pas mal de contre-performances individuelles. On a quand même existé et on était en mesure de gagner à Cholet, de battre Gravelines alors qu'à côté de ça ils en mettent 35 à tous les autres ! Il y a un point très important c'est qu'on est quand même compétitif alors qu'on a un gros déficit de réussite au tir. "D'un point vue structurel, l'Asvel a beaucoup d'avance" Avec 38% de réussite au tir, vous pointez d'ailleurs à l'avant-dernière place de Pro A dans ce secteur... Il faut savoir que toutes les mi-temps qu'on a gagnées, on les a shootées à moins de 45% ! Toutes celles qu'on a perdues, on les a shootées à 30%... Et on ne demande pas de shooter à 50% ! On a quand même réussi à perdre la deuxième mi-temps de Vichy pour deux points, en shootant à 23% ! C'est donc ridicule sur cet aspect mais par contre on se dit qu'à côté de ça il y a beaucoup de choses qu'on doit bien faire pour réussir à ne pas prendre des cartons comme c'est le cas en ce moment. Il y a des bonnes choses, il ne faut pas qu'on les oublie dans ce qu'on fait à l'heure actuelle et il faut surtout chasser le doute. Comment comptez-vous vous y prendre ? Le fait de renforcer l'équipe et de la rééquilibrer va permettre aussi aux gens de moins travailler sur de la polyvalence, d'avoir moins de choses en tête. Aujourd'hui, il y a pas mal de choses qu'on simplifie pour que les joueurs soient un peu plus dans l'action que dans la réflexion. Et puis rééquilibrer va aussi faire beaucoup de bien dans le sens où, quand vous identifiez un déficit sur le secteur intérieur, les joueurs savent que pour gagner il faut être adroit en dehors de la raquette et ils ont donc plus de pression. D'ailleurs, sur les deux derniers matches on n'a pas été adroit à trois points alors qu'avant on était la meilleure équipe dans ce secteur. Maintenant, ça nécessitera aussi un peu de temps parce qu'on n'a pas encore de poste cinq donc on essaie de gérer au mieux la période actuelle. Le départ de Laurent Sciarra à l'intersaison a-t-il créé un certain vide au niveau du leadership ? Des joueurs comme Aldo Curti et Adrien Moerman, qui font un peu figure de "gardiens du temple", ou Amara Sy, un leader naturel, parviennent-ils à combler ce vide ? Il y a un très bel état d'esprit au sein du groupe, ça travaille dans le même sens donc on n'a pas besoin de quelqu'un qui rameute les troupes. Ça sert toujours d'avoir des leaders très vocaux comme pouvait l'être Laurent quand il y a des dérapages, des gens qui on tendance à sortir des rails. Mais ce groupe là n'est pas compliqué à gérer au quotidien. Il n'y a pas nécessité aujourd'hui d'aller chercher ce ou ces joueurs qui amènent plus de leadership, ce n'est pas vraiment notre souci du moment. Aldo et Adrien sont jeunes par l'âge mais ils ne le sont plus par l'expérience accumulée depuis deux ou trois ans, des saisons où ils ont fait des finales et où ils ont eu un rôle à jouer. Ils doivent être matures. Et globalement, ils répondent plus ou moins bien à ça aujourd'hui. Bien sûr, pas toujours avec le même niveau de performance alors que pour l'état d'esprit, ils sont plus leaders aujourd'hui. D'autant plus qu'il y avait un garçon comme Laurent qui impacte un peu tout le monde et qui a tendance à faire que les autres sont sur la réserve. Mais là, ce sont des gens qui se sont ouverts. Amara est lui plus expérimenté. Il faut qu'il s'intègre à une méthode de jeu et de travail et qu'il reprenne de la confiance sur du jeu, parce que l'année dernière il en a été beaucoup privé. Donc pour l'instant il faut qu'il se concentre sur lui. Vendredi soir, ce sera l'heure des retrouvailles pour Amara Sy mais aussi J.R. Reynolds avec Villeurbanne, une équipe encore plus mal que vous au classement avec seulement une victoire en cinq matches... C'est le gros match du bas de tableau ! (rires) C'est évident que les deux clubs sont sous pression. Un peu plus Villeurbanne parce qu'ils ont une victoire de moins et puis ils jouent à domicile. Le contexte est difficile d'autant plus qu'ils ont déjà effectué des réajustements d'effectif. Il y a une forte attente autour d'eux sur le match de vendredi soir. Mais ils avaient déjà dû y faire face il y a dix jours à Nancy et ils avaient bien répondu. Ça ne va pas être simple pour nous, d'autant plus qu'on se présente sans nos deux pivots. Et c'est quand même une équipe athlétique et grande. Il va falloir qu'on réponde à ça. C'est donc un match à gros enjeu, pour sortir un peu du bas du tableau. Pour vous aussi, ce match à l'Astroballe aura une saveur particulière... Personnellement, j'ai aujourd'hui tourné la page de mon épisode villeurbannais, après cinq ans sur le projet orléanais. Mais l'Asvel a, d'un point de vue structurel, beaucoup d'avance sur les autres clubs en France, et ils aimeraient bien avoir la même marge sportivement. Plus généralement, je pense qu'il est impossible d'avoir des résultats sans structure. Ce sont les structures d'abord, le sportif après. J'en sais quelque chose car lors de mon passage à Villeurbanne, l'investissement était structurel...