Hazard, nul n'est prophète...

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Hazard, nul n'est prophète...
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Indiscutable avec Lille, Eden Hazard peine à s'imposer lorsqu'il porte le maillot de la Belgique. Pire, l'attaquant du Losc a même été suspendu pour les trois prochaines rencontres par son sélectionneur Georges Leekens, mécontent du comportement de son joueur. Ce mardi, dans les colonnes de la Dernière Heure, Hazard a tenu à mettre les choses au clair.

Indiscutable avec Lille, Eden Hazard peine à s'imposer lorsqu'il porte le maillot de la Belgique. Pire, l'attaquant du Losc a même été suspendu pour les trois prochaines rencontres par son sélectionneur Georges Leekens, mécontent du comportement de son joueur. Ce mardi, dans les colonnes de la Dernière Heure, Hazard a tenu à mettre les choses au clair. En France, Eden Hazard est vu comme un prodige assez discret, qui défraie rarement la chronique lorsqu'il est question d'évoquer autre chose que ses performances sur le terrain ou son éventuel futur transfert vers un grand club étranger. De l'autre côté du Quiévrain, en Belgique, la donne est tout autre. L'attaquant du Losc s'affiche ce mardi en Une de la Dernière Heure, l'un des plus importants quotidiens francophones du pays. En cause, la brouille qui oppose le meilleur joueur de Ligue 1 de la saison passée à son sélectionneur Georges Leekens. La relation entre les deux hommes n'a jamais été chaleureuse, mais elle a complètement viré au froid le 3 juin dernier, lors d'un Belgique-Turquie en éliminatoires de l'Euro 2012. Remplacé à l'heure de jeu, Hazard avait quitté le terrain sans un regard pour son sélectionneur, et aurait alors quitté le stade pour s'offrir... un hamburger. Il avait alors été reproché au n°10 lillois son attitude globale avec les Diables Rouges, puisque Hazard s'était déjà fait remarquer en n'arborant pas le costume officiel de l'équipe nationale le jour du match. Deux mois plus tard, Leekens a décidé de sévir. Hazard sera absent des deux prochaines sélections, ce qui équivaut aux trois matches contre la Slovénie, en Azerbaïdjan et contre les États-Unis. "C'est une petite sanction, pour son bien", a commenté l'ancien défenseur de Bruges, en poste depuis mai 2010. "Je compte sur lui. Je veux faire de Hazard un joueur du top absolu. Je ne suis pas là pour le punir, mais pour l'aider. (...)Qu'il ne m'ait pas tendu la main, cela ne compte pas pour moi. Il y a d'autres règles que tout le monde doit respecter. J'ai rédigé un code lors de ma désignation comme coach fédéral. Elles valent pour les petits et grands noms. Ainsi que pour les équipes de jeunes." Inflexible, Leekens. Frustration passagère... Il a fallu attendre cinq jours pour avoir la réponse d'Hazard. Par le biais de la société TB Soccer INT, qui gère ses intérêts, le joueur a donc envoyé un communiqué à la Dernière Heure. Pour clarifier les choses, pas pour mettre de l'huile sur feu, même si Hazard laisse entrevoir un possible retrait définitif de la sélection. En premier lieu, les communicants du Lillois se chargent de rappeler son "traitement" durant les 5 matches qui ont précédé ce Belgique-Turquie : 45 minutes en quatre rencontres, et même une place en tribune au Kazakhstan. Et puis... "Ce fameux 3 juin 2011, frustré comme tout joueur de haut niveau de sortir à l'heure de jeu, au moment précis où il prenait l'ascendant sur la défense turque, après avoir été à l'origine du but belge, Eden a pris sa douche puis est allé se ressourcer 10 minutes auprès des siens, à 10 mètres du stade, avant de revenir aux vestiaires saluer ses coéquipiers et l'ensemble des membres de la délégation." "Il n'a donc quitté l'enceinte du stade qu'une heure trente après la rencontre. Il n'est donc pas directement rentré chez lui comme certains l'ont laissé entendre... S'il n'est pas revenu sur le banc, c'était pour ne pas provoquer de réaction du public", ajoute le communiqué, qui évoque le simple fait d'une frustration passagère, mais reconnaît aussi "l'erreur" du joueur de ne pas être revenu immédiatement sur le banc. A son goût, la sanction est donc bien trop sévère. "Rappelons toutefois à titre de comparaison, que 2 internationaux français de tout premier plan ont reçu une suspension de 3 et 5 matchs pour avoir fomenté une grève en pleine Coupe du Monde." Le précédent Scifo Selon le communiqué, "l'entourage personnel [d'Hazard] souffre de la situation et des récurrentes attaques infondées et publiques sur son investissement, son attitude et son professionnalisme." S'il dit "beaucoup trop aimer son pays et le maillot national qu'il porte depuis l'âge de 15 ans pour y renoncer", l'attaquant nordiste brandit tout de même la menace, à mots couverts. "Si cela devait perdurer, comme tout individu responsable, il serait alors contraint de prendre toutes les décisions utiles pour préserver le bien être des siens et la tranquillité de ses partenaires", est-il écrit. Comme pour affirmer que le feuilleton Hazard n'est pas terminé. Le cas du Lillois n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui d'un autre ancien du championnat de France, Enzo Scifo. Depuis la Coupe du monde 1998, l'ancien Auxerrois et Monégasque garde en travers de la gorge son remplacement précoce contre la Corée du Sud. L'oeuvre, déjà, de Georges Leekens. "Si je devais donner mon avis, vous savez déjà ce que j'en pense, répond aujourd'hui Scifo, interrogé par la Dernière Heure. Je m'abstiendrai donc de m'exprimer sur le dossier Hazard car d'aucuns seraient prêts à établir un parallélisme avec ce que j'ai connu. Je m'étonnerai juste du caractère tardif de cette sanction. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de suspendre Eden ?" Il n'est pas le seul à se poser la question...