Havret: "Jouer encore mieux"

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Havret: "Jouer encore mieux"
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Tout juste auréolé d'une magnifique deuxième place à Hong Kong, à deux coups de Rory McIlroy, Grégory Havret en veut toujours plus. Le Rochelais pense ainsi à la victoire à Dubai à l'occasion du championnat du monde, véritable finale du circuit européen qui débute à partir de jeudi. Il n'en fait toutefois pas un objectif, au vu du plateau extrêmement relevé qui l'attend sur cet ultime tournoi de la saison.

Tout juste auréolé d'une magnifique deuxième place à Hong Kong, à deux coups de Rory McIlroy, Grégory Havret en veut toujours plus. Le Rochelais pense ainsi à la victoire à Dubai à l'occasion du championnat du monde, véritable finale du circuit européen qui débute à partir de jeudi. Il n'en fait toutefois pas un objectif, au vu du plateau extrêmement relevé qui l'attend sur cet ultime tournoi de la saison. Grégory, parlez-nous avant tout de cette formidable deuxième place à Hong Kong... J'étais un peu déçu le vendredi, j'ai très mal fini sur les trois derniers trous. Ça me coûte assez cher finalement, mais c'est malgré tout un super week-end en -9. J'ai fait une très bonne partie dimanche avec Rory McIlroy, je l'ai notamment bien tenu sur le retour. Je suis évidemment très content de cette deuxième place, même si j'aurais préféré finir devant lui. Mais bon, je fais -4 sur le retour, avec un ou deux supers putts sur des moments clé... J'aurais du mal à légitimer une victoire. Avant le week-end, j'aurais bien sûr signé tout de suite pour ce résultat. Et puis il y avait énormément de monde pour suivre McIlroy, pour voir le phénomène. Justement, le fait d'avoir partagé la partie de McIlroy sur le dernier tour, ça aide ? Que ce soit lui ou un autre, je pars du principe que ce n'est pas comme au foot ou au tennis, où on peut mettre en place une stratégie, s'appuyer sur un point faible, insister sur un contrecoup physique. Au golf, on est vraiment seul avec notre balle. Et qu'il y ait 5 000 personnes autour ou aucune, on est capable de faire les mêmes coups. J'essaie de ne pas me lancer influencer, que ce soit dans le positif ou dans le négatif. Je fais ma partie, et c'est vrai qu'historiquement, ça me réussit plutôt dans ce genre de confrontations. Si j'arrive sur un dernier tour avec McIlroy, ou avec Woods ou Mickelson comme j'ai pu le faire dans le passé, c'est que ça gagne, qu'on est dans les cinq premiers. Ça signifie que le jeu est en place depuis trois jours, et il n'y a pas de raison que ça change le dimanche. C'est quelque chose que j'aime beaucoup, des moments qui resteront en moi. Je suis content de les avoir plutôt bien gérés jusqu'ici. Au niveau du jeu, on n'est pas tenté de se calquer sur le phénomène qui est à côté de soi ? Il a un jeu de golf qui est le sien, ce qui est très important c'est de rester dans son mental, dans sa manière de voir les choses et dans sa stratégie. Il faut s'y tenir. Si on commence à regarder l'autre, qu'on se rend compte qu'il tape des coups qu'on ne voit jamais, il ne faut pas se dire que c'est comme ça qu'il faut faire. Il n'est pas n°2 mondial pour rien, c'est un prodige comme il y en a très peu eu dans l'histoire. Ce n'est pas le meilleur de tous les temps, loin de là, mais en termes de frappe de balle, il n'y a pas six ou sept joueurs que je suis capable de citer et qui sont ou ont été meilleurs que lui. C'est comme ça, tant mieux pour lui. Moi, je m'appuie sur mes 11 ans de circuit européen, j'essaie de continuer à progresser. Si McIlroy m'avait ouvert une ou deux portes, je me serais peut-être engouffré, mais en l'occurrence ce n'est pas le cas. Comme je le disais, je suis quand même assez content de terminer deuxième. Vous êtes désormais meilleur Français à la Race to Dubai, et le meilleur également au classement mondial avec une 92e place. Heureux ? J'en suis content aussi, c'est sûr, je préfère terminer la saison du mieux possible. J'espère finir encore mieux sur les deux classements après Dubai, et garder ma place de n°1 français. Mais ce n'est pas une finalité. Très sincèrement, je préfère être 10e mondial et 3e français, que n°1 français et 92e mondial. C'est quelque chose que je commence à avoir l'habitude de répéter, mais je le pense tellement... Cette place française, elle n'est pas anecdotique, elle est importante. Surtout que le niveau de jeu augmente, doucement mais sûrement, année après année. Finir l'année devant Grégory Bourdy, Raphaël Jacquelin, Thomas Levet qui gagne l'Open de France, ça veut dire que ma saison aura été clairement réussie. J'aimerais gagner un tournoi, et c'est toujours possible. Il faudra jouer encore mieux qu'à Hong Kong, mais je me dis que jeudi soir, j'aurai peut-être un 67 ou un 68. Comme j'aurai peut-être un 76 ou un 77, à faire évoluer dans le bon sens. On se fait souvent remettre en place par ce sport, comme parfois on ne s'attend pas à bien jouer et les performances sont là. En ce moment, c'est une bonne période. Mais avant Hong Kong, j'avais fini 60e. La semaine d'avant encore, j'avais loupé le cut à Singapour, alors que je venais de faire 6e à Valderrama. Ce n'est vraiment pas une science exacte, mais malgré tout il y a des choses qui se passent bien, qui évoluent dans le bon sens. "Il a gagné à la Woods" Ces classements sont-ils représentatifs de votre saison ? Avez-vous des regrets par rapport à vos performances d'ensemble ? Je suis assez content sur le nombre de top 10, j'en suis à six donc c'est plutôt bien, avec trois podiums. Mon objectif c'était de gagner, je ne l'ai pas fait et ça commence à faire quand même un peu long depuis août 2008. Ça donne envie de revivre ça, si je ne gagne pas à Dubai il y aura un petit goût d'inachevé. Sinon, c'est un peu négatif d'avoir loupé neuf ou 10 cuts, dont quatre d'affilée de fin juillet à septembre. Ça, c'est clairement quelque chose que je dois faire évoluer. Si je suis capable de bien jouer dans des moments de grosse tension, j'aimerais reporter ça sur les périodes où il y a moins de pression. J'ai besoin de plus de régularité, je n'arrive pas à me transcender tout le temps. Si je devais me noter, je me mettrais un 6,5 ou 7/10. Quel est votre objectif sur cette finale de Dubai ? Je pense que si je joue comme à Hong Kong, je ne gagnerai pas. Il y a eu deux, trois erreurs, en plus des quatre coups que je perds à la fin vendredi, qu'il ne faut pas faire quand on joue un tournoi aussi relevé. Et avec les Majeurs, Dubai sera le plus difficile de l'année. On n'a pas vraiment le droit à l'erreur, Lee Westwood est extrêmement en forme, et je ne parle pas de Luke Donald. McIlroy vient de gagner, les Européens sont vraiment dans une bonne dynamique... On a la Ryder Cup, avec des joueurs très forts, au sommet de leur art et quasiment au sommet du monde. Ce sera une semaine vraiment difficile, mais si j'ai les mêmes sensations qu'à Hong Kong, j'espère terminer dans les 10 premiers. Si je fais entre 5e et 10e, ce sera une bonne semaine, et si j'accroche un top 5 ce sera carrément super. Mais déjà dans les 10 premiers, ce serait bien, et je dirais 5e en me mettant un objectif élevé. Vous vous êtes déjà un peu projeté sur la saison 2012 ? Il y a un évènement qui va marquer mon début d'année, c'est que je vais redevenir papa. Ce sera mon grand projet 2012, et je vais notamment calquer ma saison par rapport à ça, en essayant de beaucoup jouer avant la naissance, programmée vers fin avril. Je vais tenter d'engranger pas mal de points pour poser les clubs ensuite et faire autre chose que du golf, au moins fin avril-début mai. Après, c'est sûr que si je commence bien la saison ou que je fais un bon résultat cette semaine, il y aura peut-être des coups à jouer en Majeurs ou même en Ryder Cup. Tout arrive très vite en golf. On verra à ce moment-là ce qu'il faudra faire et mettre en oeuvre, afin pourquoi pas de réaliser mes rêves... A l'inverse, un début de saison médiocre m'obligerait à jouer beaucoup plus ensuite, peut-être pour assurer les cartes ou un top 60 européen... En tout cas, les premiers mois seront assez remplis. Pour terminer, que vous inspire l'événement golfique du week-end, à savoir la victoire de Tiger Woods à Thousand Oaks ? Il a gagné à la Woods, avec un birdie au 17 et un autre au 18, où il termine sur un putt incroyable quand on sait ce qu'il représente... Je suis super content, comme toute la planète golf je pense, de le voir gagner. Il a tellement apporté à ce sport que ça fait vraiment plaisir de le revoir là, c'est génial de voir que tout le monde en parle. Il avait beau être entre la 50e et la 60e place mondiale, il reste presque n°1 dans le coeur de tout le monde. On sait qu'il n'est pas à son niveau, c'est bien qu'il remette les pendules à l'heure. Et à mon avis, ce n'est pas terminé.