Guirado, au gros bonheur

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Guirado, au gros bonheur
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A quelques dizaines d'heures de l'entrée du XV de France en Coupe du monde face au Japon, notre série de portraits des 30 Bleus sélectionnés touche à sa fin. Le 28e se nomme Guilhem Guirado, exclu dans un premier temps de la liste. Mais la blessure de Servat et l'incertitude régnant autour de son état de forme - ainsi que les prestations solides du Catalan durant la préparation - permettent au Catalan de rêver éveillé.

A quelques dizaines d'heures de l'entrée du XV de France en Coupe du monde face au Japon, notre série de portraits des 30 Bleus sélectionnés touche à sa fin. Le 28e se nomme Guilhem Guirado, exclu dans un premier temps de la liste. Mais la blessure de Servat et l'incertitude régnant autour de son état de forme - ainsi que les prestations solides du Catalan durant la préparation - permettent au Catalan de rêver éveillé. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, c'est bien connu. Mais quand le bonheur des uns fait quand même le bonheur des autres, c'est encore mieux ! Telle est un peu l'histoire de Guilhem Guirado, exclu dans un premier temps de la liste des 30, avant d'être rappelé temporairement afin de faire le nombre à la place de William Servat (blessé au genou). Ça ne devait durer que le temps de la préparation, mais le talonneur de l'Usap s'est quand même envolé pour la Nouvelle-Zélande, aux côtés d'un Servat pourtant rétabli et titulaire indiscutable. Il y a des destins qui s'écrivent comme dans un conte de fées... Mais il y avait aussi des signes avant-coureurs, de ceux qui ne trompent pas. Si ce n'était pas pour tout de suite, Guirado aurait très vite fait partie prenante de l'aventure du XV de France. En l'emmenant dans ses valises, Marc Lièvremont a simplement pris de l'avance sur le tableau de marche. Né en 1986, le première ligne perpignanais a encore le temps. Plus jeune que Dimitri Szarzewski (né en 1983) et Servat (né en 1978), ses deux concurrents au poste, Guirado a rapidement pris la route de l'équipe de France. Son parcours ? Une sorte de mix entre son mentor Nicolas Mas et Maxime Mermoz, deux de ses trois coéquipiers en club au sein du XV de France, avec David Marty. Comme Mas (et comme Marty), le "gros" est un Catalan pur souche. Impossible de savoir qui est plus ancré que l'autre à ses racines, mais Guirado est un produit de l'arrière-pays, alors que Marty et Mas sont natifs de Perpignan. Né à Céret, ce beau bébé de 1,83 m et 103 kg a été formé à Arles-sur-Tech, petit village encore plus reculé dans la vallée du Vallespir. Forcément, il part à l'Usap, l'amour de toute une région et le rêve de tout rugbyman des Pyrénées-Orientales. Voilà pour le côté Mas... Champion du monde des moins de 21 ans en 2006, lui aussi... Maintenant, place au côté Mermoz, lui aussi de la génération 1986. Car à partir de là, le destin devient international. Guirado n'est pas un oublié du giron fédéral, un retardataire qui rattrape le wagon à l'arraché. Loin de là... Le Sang et or est juste un surdoué du talon, et a écumé toutes les catégories des équipes de jeunes chez les Bleus: moins de 18 ans, avec lesquels il devient champion d'Europe, moins de 19 ans, où il participe à la Coupe du monde 2005 et inscrit deux essais, et bien sûr moins de 21 ans. Avec ces derniers, il décroche le titre de champion du monde en 2006, aux côtés donc de Mermoz, mais aussi de Médard, Beauxis ou encore Ouedraogo. Pourtant pas titulaire (trois entrées en jeu pour une seule titularisation), le jeune Catalan sera bien l'un des bénéficiaires de la nomination de Lièvremont, Didier Retière et Emile Ntamack - ses trois entraîneurs chez les moins de 21 ans - à la tête des grands du XV de France. Le 9 mars 2008, au Stade de France, Guirado connaît ainsi sa première sélection lors de la victoire face à l'Italie (25-13). Depuis, l'homme se sait barré par Servat et Szarzewski, mais est régulièrement appelé dans le groupe. Indiscutable à l'Usap, où les années fastes de 2009 et 2010 se sont bâties autour des avants, le talonneur s'est aussi révélé à la face de l'Europe, avec la demi-finale de H Cup perdue l'an dernier à Northampton (7-23). Aussi bon dans les impacts au sol que dans les premières percussions ballon en main, il lui reste désormais à s'imposer chez les Bleus. Mais le temps est son allié.