Guerre en coulisses à l'AJA

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Guerre en coulisses à l'AJA
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Peu habituée à faire parler d'elle hors du terrain, l'AJ Auxerre fait preuve d'une agitation peu commune depuis quelques semaines. Arrivé à la tête du club il y a deux ans, le président Alain Dujon subit désormais l'opposition des dirigeants historiques du club, Gérard Bourgoin, Jean-Claude Hamel et Guy Roux, bien décidés à reprendre le pouvoir. Et le bras de fer ne fait que commencer...

Peu habituée à faire parler d'elle hors du terrain, l'AJ Auxerre fait preuve d'une agitation peu commune depuis quelques semaines. Arrivé à la tête du club il y a deux ans, le président Alain Dujon subit désormais l'opposition des dirigeants historiques du club, Gérard Bourgoin, Jean-Claude Hamel et Guy Roux, bien décidés à reprendre le pouvoir. Et le bras de fer ne fait que commencer... Si la situation sportive de l'AJ Auxerre s'est améliorée ces dernières semaines - onzième, l'AJA compte cinq points d'avance sur le premier relégable à deux journées de la fin de la saison -, l'agitation règne plus que jamais dans les coulisses du club bourguignon. Intronisé à la présidence du club il y a deux ans, Alain Dujon subit désormais les foudres de ceux qui l'ont installé au pouvoir. Ancien vice-président et sponsor historique du club via son groupe volailler, Gérard Bourgoin, soutenu par les deux figures emblématiques du club, Guy Roux, entraîneur de l'AJA de 1961 à 2005, et Jean-Claude Hamel, président de 1961 à 2009, souhaiterait réaliser son rêve de prendre les rênes du club. Il a pour cela lancé un collectif baptisé AJA 2015. Une assemblée générale devait se tenir ce jeudi soir, au cours de laquelle une motion de confiance ou de défiance à l'égard de l'actuelle direction devait être votée, mais celle-ci ne s'est pas déroulée comme prévu, attisant le conflit entre les deux camps. De son côté, la direction actuelle du club a décidé de reporter cette réunion, se référant à la décision du tribunal d'instance d'Auxerre, qui, s'il a donné raison un peu plus tôt dans la journée à M. Bourgoin, qui demandait à ce que les sept derniers membres du conseil d'administration, acquis à la cause du président Alain Dujon, ne puissent pas voter ce jeudi soir, faute d'avoir intégré ledit conseil il y a plus de six mois, s'est également déclaré "incompétent tant sur la forme que sur le fond". "La décision du juge (étant) susceptible d'appel pour être clarifiée, l'association a décidé de faire appel de la décision", peut-on ainsi lire sur le site du club. Et donc de reporter l'AG... Dujon: "Qu'ai-je à me reprocher ?" Mais, s'estimant dans leur bon droit, Gérard Bourgoin et ses partisans ont poursuivi la réunion, malgré l'absence de 17 membres dont le président du club Alain Dujon et du président de l'association Guy Sénéchal, a révélé Guy Roux au micro d'Infosport+. Le célèbre technicien a par ailleurs indiqué qu'un nouveau président de l'association avait été élu à la majorité, Henri Maupoil, et que Gérard Bourgoin avait été nommé au conseil d'administration, s'ouvrant ainsi la voie vers une prochaine élection en tant que président. Alain Dujon ne l'entend toutefois pas ainsi, défendant son bilan: "Nous avons une bonne trésorerie et l'équipe est toujours en Ligue 1. S'ils veulent faire un putsch qu'ils le fassent dans un an à la fin de mon mandat. Aujourd'hui, qu'ai-je à me reprocher ?", a confié celui qui refuse de démissionner. "C'est fort dommageable pour l'AJA, un club centenaire, sûr d'évoluer en Ligue 1 la saison prochaine. Le club avait une image de stabilité qui est mise à mal", a-t-il poursuivi. Mais les griefs à l'encontre de l'actuel direction sont nombreux selon "AJA 2015", comme l'avait expliqué Guy Roux en début de soirée, toujours sur Infosport+: "Il ne s'agit pas de renverser le président, mais d'une motion de défiance à l'encontre du conseil d'administration. Le seau d'eau qui a fait déborder la goutte (sic), c'est le refus de construire le centre de formation. On avait obtenu les subventions, il n'y avait plus qu'à commencer les travaux. Mais la nouvelle direction a présenté un nouveau projet qui prévoyait de détruire une partie du Stade de l'Abbé-Deschamps, dont un terrain annexe datant de 1961. Il y a aussi Christian Henna qui était au club depuis quinze ans et dont le contrat n'a pas été renouvelé. C'est un joueur qui a subi neuf opérations du genou et qui était devenu un excellent éducateur. Ce sont des petites choses comme ça qui sont intolérables". Citée en exemple pour sa stabilité, l'AJ Auxerre, qui pourrait perdre son entraîneur Jean Fernandez cet été, connaît des remous dont les répercussions pourraient peser sur l'avenir sportif du club si la situation ne se règle pas rapidement.