Guazzini, c'est bientôt fini

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Guazzini, c'est bientôt fini
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Le président emblématique du Stade Français est sur le départ. Au plus tard en 2013. "Ou avant", précise Max Guazzini dans un entretien exclusif accordé au Figaro. S'il dément avoir vendu ses parts, l'actionnaire majoritaire du Stade Français (67%) confirme son intention, pour "garantir la pérennité du club", d'ouvrir le capital, ce qui à terme pourrait le rendre minoritaire.

Le président emblématique du Stade Français est sur le départ. Au plus tard en 2013. "Ou avant", précise Max Guazzini dans un entretien exclusif accordé au Figaro. S'il dément avoir vendu ses parts, l'actionnaire majoritaire du Stade Français (67%) confirme son intention, pour "garantir la pérennité du club", d'ouvrir le capital, ce qui à terme pourrait le rendre minoritaire. "Je ne serai pas président toute ma vie. Vingt ans, c'est le maximum ! J'arrêterai donc en 2013. Ou avant. Cela dépendra des circonstances et des nécessités..." Cette fois, c'est dit. Max Guazzini est bien sur le départ. S'il dément avoir déjà vendu ses parts, qui à hauteur de 67% du capital du club, en font l'actionnaire majoritaire, ou être sur le point de le faire, l'emblématique président parisien reconnaît pour la première fois vouloir à terme céder la main, lors d'un entretien exclusif accordé au Figaro. "À dire vrai, je suis nostalgique de l'époque où on prenait le train avec les joueurs le matin du match, on revenait le soir et on allait boire quelques verres, explique celui qui a pourtant contribué à le médiatiser. Le rugby a changé et je le regrette. C'est dû aux médias et à certains présidents qui se trompent de sport et traitent le rugby comme le football. L'argent y joue un rôle beaucoup plus important que par le passé." L'argent, le nerf de la guerre, qui le pousse aujourd'hui à ouvrir le capital du Stade Français pour "garantir la pérennité du club", hier sur le devant de la scène, aujourd'hui écarté des phases finales du Top 14 pour la deuxième année consécutive, même s'il répète que son « bébé » "n'est pas réduit en poussière", un message envoyé à "ces charognards prennent leurs désirs pour des réalités". Un tour de table qui, à terme, pourrait lui faire perdre la majorité. "Je n'en fais pas une affaire personnelle. C'est l'intérêt du club qui compte. Il faut être lucide et ouvrir la porte. On a déjà diminué notre budget (de 21 à 19 M euros, ndlr). Nous avons impérativement besoin de ressources nouvelles, non pour l'augmenter - ce n'est pas à l'ordre du jour -, mais pour ne pas le baisser davantage", se justifie-t-il. Encore de belles surprises Si le club n'a jamais fait de folies question salaire sous sa direction, ce qui ne l'a pas empêché de remporter cinq titres de champion de France (1998, 200, 2003, 2004 et 2007), le Stade Français n'a aujourd'hui plus le même pouvoir d'attraction que par le passé, concurrencé par les nouveaux venus de Toulon ou du Racing-Métro 92. "Nos difficultés financières ne nous ont pas permis d'effectuer ces deux dernières saisons le recrutement qu'on aurait dû", reconnaît-il, contraint d'engager des "joueurs de devoir" ou des espoirs prometteurs (voir par ailleurs). En attendant des jours meilleurs, peut-être à la livraison du nouveau stade Jean-Bouin, "une question de vie ou de mort", insiste le président parisien. "Le Stade Français est en errance depuis des années, sans lieu d'entraînement et avec une antiquité en guise de stade. Pouvoir accueillir le public dans de bonnes conditions, disposer de loges pour les partenaires, c'est indispensable." A 63 ans, et après bientôt 20 ans de présence à la tête du club, Max Guazzini ne juge plus sa présence indispensable. Même s'il réserve encore quelques belles surprises aux supporteurs du Stade Français, dès samedi au Stade de France contre Clermont, ou pour le futur. "Vous verrez la saison prochaine que le Stade Français reste un club atypique...", glisse-t-il. L'heure des adieux n'a pas encore sonné.