Groupe Bel, les ailes déchirées

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Groupe Bel, les ailes déchirées
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Si Groupe Bel, distancé depuis la sortie de la Méditerranée, n'arrive pas à faire son retard sur Estrella Damm (Pella-Ribes) et Mapfre (Martinez-Fernandez), et encore moins sur Virbac-Paprec 3 (Dick-Peyron) confortable leader de la Barcelona World Race, la raison est désormais connue: depuis l'équateur, Kito de Pavant et Sébastien Audigane déplorent la perte de deux voiles d'avant.

Si Groupe Bel, distancé depuis la sortie de la Méditerranée, n'arrive pas à faire son retard sur Estrella Damm (Pella-Ribes) et Mapfre (Martinez-Fernandez), et encore moins sur Virbac-Paprec 3 (Dick-Peyron) confortable leader de la Barcelona World Race, la raison est désormais connue: depuis l'équateur, Kito de Pavant et Sébastien Audigane déplorent la perte de deux voiles d'avant. Rassurez-vous, Kito de Pavant va bien. Victime d'une chute le 12 janvier dernier, tandis que le bateau traversait le Pot au Noir, ce qui lui a valu deux côtes fêlées, le skipper de Groupe Bel est aujourd'hui rétabli. Il ne fallait pas chercher là les raisons de la "petite forme" du 60 pieds aux couleurs de La Vache qui Rit. Si le plan Verdier-VPLP n'affiche pas des vitesses dignes de son potentiel, au point de perdre à la régulière des milles sur les deux tandems espagnols, Alex Pella et Pepe Ribes (Estrella Damm) d'un côté, Iker Martinez et Xabi Fernandez (Mapfre) de l'autre, l'explication a été donnée mercredi : depuis la latitude des îles du Cap-Vert, Groupe Bel navigue sans son grand gennaker, ni son spi lourd, perdus depuis deux départs successifs au lofe. "Si cela n'a pas été toujours pénalisant sur le parcours, le grand gennaker et le spi lourd nous manquent ces derniers jours. Il est important d'expliquer à ceux qui nous suivent pourquoi Groupe Bel n'est pas à 100% de son potentiel", s'est résolu à avouer De Pavant. S'il a un temps envisagé de s'arrêter à Recife, comme Virbac-Paprec 3, aujourd'hui leader de la course, et Foncia l'ont fait, le Sétois a renoncé, faute d'être en mesure d'attraper le même train que ses petits camarades. Kito de Pavant et Sébastien Audigane font contre mauvaise fortune bon coeur... "Nous avons eu beaucoup de près et du portant dans un vent musclé ou alors plutôt faible, ce qui nous a permis de garder une bonne cadence", concède le skipper de Groupe Bel. Une situation qui a tourné... "Depuis quelques jours, tout est rentré dans l'ordre avec un vent portant d'une vingtaine de noeuds, là où le grand gennaker nous fait défaut. Nous sommes à 20% en deçà des performances de Groupe Bel. Conclusion, Estrella Damm avec lequel nous naviguions à vue il y a moins d'une semaine, s'est envolé à plus de 100 milles devant." Entre 10 et 25 noeuds de vent aux allures portantes, l'essentiel de la navigation dans le grand sud, le monocoque Imoca ne peut naviguer avec la toile du temps. Un handicap qui pourrait pousser les deux navigateurs à une escale technique à Wellington, à l'entrée nord du détroit de Cook. Un arrêt d'au moins 48 heures, durée imposée par le règlement de la Barcelona World Race (passée la longitude du sud de la Tasmanie, l'escale doit durer au minimum quarante-huit heures entre l'instant où le voilier s'amarre à quai ou au mouillage et celui de son départ). De quoi s'interroger sur une telle opportunité. "Aujourd'hui, rien de vital ne nous pousse à nous arrêter", analyse De Pavant. "Nous prendrons notre décision dès que nous aurons une vue précise des conditions météo autour de la Nouvelle-Zélande qui joueront ou non en faveur d'un stop plus ou moins pénalisant vis à vis de nos concurrents. Il est aussi possible que d'autres équipages s'interrogent comme nous actuellement. La course est loin d'être terminée..."