Groupama 3 tient le choc

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Groupama 3 tient le choc
@ © Team Groupama
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VOILE - Groupama 3 accuse un léger retard de 7h30 sur le record du Trophée Jules-Verne.

VOILE - Groupama 3 accuse un léger retard de 7h30 sur le record du Trophée Jules-Verne. En franchissant lundi matin à 6h43'47" (heure française) la longitude du Cap de Bonne-Espérance, l'équipage de Groupama 3 est entré dans la troisième phase de son périple autour du monde, sans doute pas mécontent de laisser derrière lui un Atlantique Sud qui, comme en novembre lors de sa première tentative (avortée au bout de onze jours), ne lui a pas fait de cadeau. Franck Cammas et ses hommes savaient cependant à quoi s'attendre, eux qui avaient décidé de s'élancer d'Ouessant le 31 janvier dernier, presque contraints et forcés. "On finissait notre stand-by le 5 février, on est partis le 31 janvier, parce qu'on ne voyait rien venir dans les dix jours à suivre, c'était effectivement notre dernière chance", nous confirmait le 5 février Franck Cammas, à la veille de franchir l'équateur. Et l'Aixois de prévoir une "suite mauvaise" dans un Atlantique Sud guère décidé à laisser glisser le trimaran vert et orange. Si le tronçon Ouessant-équateur a été vite avalé (5 jours 19h07'), soit le deuxième chrono absolu sur ce parcours après celui réalisé en novembre (5 jours 15h23'), la suite a été effectivement bien plus compliquée pour Groupama 3 qui aura mis 8 jours 20 heures et 41 minutes pour basculer dans l'océan Indien, soit beaucoup plus que le meilleur temps sur ce tronçon, qu'il détient d'ailleurs (7 jours 2h22'), mais également plus que le chrono d'Orange 2 en 2005 (7 jours 5h19'). Contraint d'effectuer une large boucle le long des côtes sud-américaines pour contourner l'anticyclone de Sainte-Hélène, l'équipage a en outre été ralenti dans des zones de transition difficiles à traverser, jusqu'à enfin accélérer vendredi au moment de mettre définitivement le clignotant à gauche dans les quarantièmes et de se caler devant une dépression lui permettant d'allonger la foulée. Un coup de vent en guise de cadeau de bienvenue Depuis, Groupama 3 aligne des journées entre 650 et 800 milles et des moyennes proches des 30 noeuds, ce qui lui a permis de stopper l'hémorragie par rapport à Orange 2, avec seulement 7h30 de retard à Bonne-Espérance, un retard loin d'être irrémédiable et surtout moins important que ne le craignait Franck Cammas au moment de franchir l'équateur. Les "Groupama Boys" sont désormais lancés dans un long sprint austral sur lequel Orange 2, bateau plus long et plus puissant, s'était régalé, même si sa trajectoire en début d'Indien, jusqu'aux Kerguelen, avait été tout sauf rectiligne, à cause de vents instables obligeant alors Bruno Peyron et ses hommes à beaucoup manoeuvrer. A priori, la situation paraît plus simple pour le trimaran à bord duquel on se préparait lundi matin à essuyer un premier fort coup de vent en guise de comité d'accueil dans l'Indien. "On va être au reaching cet après-midi pour une vingtaine d'heures entre 34 et 40 noeuds de vent, ce n'est jamais très agréable, mais la seule chance qu'on a, c'est qu'on n'aura pas trop de vagues, en tout cas pas de vagues de face", a ainsi commenté Steve Ravussin, préposé à la vacation du jour. Du coup, l'équipage s'est préparé en conséquence, prêt passer d'une configuration grand-voile haute-solent à trois ris-ORC et à faire le dos rond, le temps que ça passe. "On a préparé le bateau, on a fait un check complet pour voir si la structure a été touchée, on a grimpé dans le mât parce qu'on avait un problème de drisse, mais tout va pour le mieux", confirme le Suisse, pas mécontent de retrouver un océan Indien plus clément que celui rencontré deux ans plus tôt lors de la première tentative de Groupama 3 sur le Jules-Verne (qui s'était terminée par un chavirage sous la Nouvelle-Zélande). "Heureusement que la météo change ! Il semblerait que l'Indien soit bien mieux que la dernière fois. La dernière fois, le bateau avait beaucoup souffert, là, si la mer est clémente, ça nous permettrait de faire cet Océan Indien qui est quand même un gros morceau dans ce Trophée Jules-Verne." Bref, le moral est plutôt bon...