Groupama 3 capitule

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Groupama 3 capitule
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VOILE - Groupama 3, victime d'une avarie lundi, est contraint d'abandonner sa tentative de record du monde.

En avance de près d'une demi-journée sur le record établi par Orange 2, détenteur du Trophée Jules-Verne, Groupama 3 a été victime d'une sérieuse avarie lundi. Le maxi-trimaran skippé par Franck Cammas fait désormais route vers l'Afrique du Sud et est contraint à l'abandon.Franck Cammas est décidément maudit ! Moins de deux ans après une première tentative sur le Jules-Verne avortée au sud de la Nouvelle-Zélande, le skipper de Groupama 3, qui n'a toujours pas vu le Cap Horn, voit son deuxième essai interrompu encore plus tôt, avant même le Cap de Bonne-Espérance et après seulement 11 jours de mer. La mauvaise nouvelle est tombée lundi à 17h sous la forme d'un communiqué de l'équipe à terre de l'Aixois: "Un grand crac vers 13h00 (heure française) ce lundi, mettait fin aux espoirs de Franck Cammas et ses neuf équipiers de battre le record autour du monde de Orange 2. Une cloison du bras de liaison arrière venait de rendre l'âme dans des conditions musclées puisque le trimaran géant naviguait au débridé à 90° du vent réel dans un flux puissant de nord-nord-est et sur une mer agitée. L'équipage savait qu'il fallait aller vite pour rester dans le bon secteur du front chaud qui les poursuivait afin de descendre avec cette dépression brésilienne vers le cap de Bonne-Espérance. Cette faiblesse du bras de liaison a provoqué une fissure du flotteur au vent et, devant l'importance des dégâts, l'équipage a tout de suite arrêté le bateau et conclut qu'il fallait abandonner cette tentative autour du monde."Lors d'un contact téléphonique établi avec son équipe, Franck Cammas a donné davantage de précisions sur l'avarie survenue entre le Brésil et l'Afrique du Sud: "On avait passé la nuit à bien naviguer pour rester devant le front et ce matin, Thomas Coville et Bruno Jeanjean qui étaient sur le pont, ont entendu un grand «clac» : il y avait une petite fissure entre le bras arrière et le flotteur bâbord. Ça bougeait beaucoup: on s'est arrêtés plein vent arrière pour ouvrir la trappe et accéder à l'intérieur. Une partie du collage entre le bras et le flotteur au niveau de la cloison est cassé. La liaison est donc structurellement diminuée d'au moins 50%. Il est impossible de réparer en mer à cause des mouvements. En ce moment, on se fait encore secouer: il y avait 35 noeuds de vent par le travers au moment de l'avarie. Et maintenant, on s'est fait rattraper par le front et il y a 40 noeuds. On a affalé la grand-voile et Groupama 3 navigue vent arrière pour éviter les mouvements brusques. On va établir un plan de route pour éviter d'avoir trop de vent et trop de vagues. On fait cap au sud pour laisser passer la deuxième dépression cette nuit: on repartira demain mardi matin vers Cape Town." Le coup est dur pour l'équipage qui, après un week-end difficile pour se dépêtrer d'une dorsale anticyclonique l'ayant freiné pendant 24 heures à 5,5 noeuds de moyenne, avait enfin pu accélérer. Auparavant, Groupama 3, parti le jeudi 7 novembre de Brest, s'était distingué en avalant l'Atlantique Nord en 5 jours 15 heures et 23 minutes, nouveau record sur ce tronçon, il comptait encore 350 milles d'avance ce lundi sur le tableau de marche d'Orange 2, détenteur de ce Trophée Jules-Verne en 50 jours, 16 heures 20 minutes et 4 secondes. Reste que si le coup d'arrêt est aussi brutal que doit être grande la déception ressentie par les dix équipiers, il en faut visiblement plus pour décourager Franck Cammas, qui, au moment d'annoncer son abandon, a tenu à préciser: "On continue les quarts et je travaille avec Stan (Honey, le navigateur, ndlr) pour voir ce que nous allons faire par la suite. L'idée est de rentrer ensuite rapidement en France: l'équipage est partant et si nous pouvons partir avant fin janvier, c'est encore jouable pour une nouvelle tentative !" Et si le duel tant attendu entre Groupama 3 et Banque Populaire V, actuellement en stand-by à Lorient, avait finalement lieu ?