Greipel s'offre (enfin) Cavendish

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Greipel s'offre (enfin) Cavendish
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Premier succès allemand sur ce Tour de France. André Greipel s'est imposé au sprint lors de la 10e étape entre Aurillac et Carmaux. C'est le premier succès sur la Grande Boucle pour le puissant coureur de la formation Omega Pharma-Lotto, un succès d'autant plus précieux qu'il a été acquis pour un rien face à son meilleur ennemi, Mark Cavendish... Thomas Voeckler garde le maillot jaune.

Premier succès allemand sur ce Tour de France. André Greipel s'est imposé au sprint lors de la 10e étape entre Aurillac et Carmaux. C'est le premier succès sur la Grande Boucle pour le puissant coureur de la formation Omega Pharma-Lotto, un succès d'autant plus précieux qu'il a été acquis pour un rien face à son meilleur ennemi, Mark Cavendish... Thomas Voeckler garde le maillot jaune. Il en avait sûrement rêvé. Plus d'une fois même. André Greipel, 28 ans, considéré comme l'un des meilleurs du peloton, a enfin conquis son premier succès d'étape sur la Grande Boucle. Et pas n'importe comment, pas contre n'importe qui. L'Allemand s'est imposé en force, pour moins d'une demi-roue, face à Mark Cavendish, lors du sprint massif à l'arrivée à Carmaux. Cavendish, l'éternel rival de Greipel, celui sans qui l'Allemand aurait sans doute un palmarès plus conséquent aujourd'hui. Et pour cause, les deux hommes évoluaient jusqu'en ce début d'année dans la même écurie, HTC, et l'impétueux sprinteur de l'Ile de Man ne supportait d'avoir de la concurrence au sein même de son équipe. Selon les désidératas du Cav', Greipel n'était pas le bienvenu sur les mêmes courses que lui. Tant pis pour l'Allemand, qui a dû attendre cette année et son transfert chez Omega Pharma-Lotto pour découvrir le Tour de France. Son début de saison a été moyen mais Greipel aurait sûrement signé pour échanger ses 21 succès de 2010 (personne n'a fait mieux) contre un bouquet sur le Tour de France. Il a trouvé sa récompense à Carmaux, profitant d'un final difficile qui a eu raison du train HTC. Moins bien emmené que d'habitude, Cavendish, calé dans la roue de Daniel Oss (Liquigas), a dû lancer le sprint plus tôt que prévu. Peut-être aussi émoussé par les efforts consentis lors des kilomètres précédents, le Britannique a manqué d'un peu de jus pour résister au retour rageur de Greipel. Lequel pouvait bien brandir un poing libérateur une fois la ligne d'arrivée franchie. "Cela faisait longtemps que j'attendais ce moment. Je m'entraîne très dur et parfois en tant que coureur on connaît des grandes joies et de grandes émotions. Aujourd'hui c'est le cas ! Le Tour est incomparable, c'est sûrement la plus belle victoire de ma carrière", a jubilé l'Allemand sur Eurosport, un large sourire aux lèvres. Le panache de Gilbert L'histoire est belle et elle vient rehausser l'intérêt pour cette étape qui aura franchement tardé à s'animer. Malgré la présence du sprint intermédiaire en début d'étape, au kilomètre 36,5 (Cavendish y a devancé Renshaw et Rojas), un groupe d'échappés est tout de même parvenu assez rapidement à prendre la fuite. Parmi eux, un Italien, Marco Marcato (Vacansoleil), et pas moins de cinq Français, Rémy Di Grégorio (Astana), Sébastien Minard (AG2R), Arthur Vichot (FDJ), Julien El Fares (Cofidis), et le benjamin du Tour, Anthony Delaplace (Saur-Sojasun). Mais autant le dire tout de suite, si sur le papier leur entreprise n'était pas complètement vouée à l'échec, la bande des six n'a jamais eu l'occasion d'y croire. Avec aucun coureur placé au général (El-Farès, 53e à 15'06", le coureur le plus « dangereux »), l'équipe Europcar du tout frais maillot jaune Thomas Voeckler pouvait bien laisser filer. Mais pas les HTC-Highroad. Les quatre difficultés répertoriées (3e et 4e catégorie) n'ont visiblement pas eu raison de l'appétit de Mark Cavendish, qui, à peine l'échappée partie, a lancé sa garde dès que l'écart a atteint les quatre minutes. La suite lui a presque donné raison, mais c'était tant pis pour le suspense. C'est sur un rythme assez soutenu que le peloton a parcouru les 158 kilomètres sur les routes accidentées du Midi. Suffisant pour reprendre les échappés à 16 kilomètres de l'arrivée, et pour faire souffrir les jambes des grands blessés de la première semaine, tels Johnny Hoogerland ou John Gadret. Certains sprinteurs, comme Tyler Farrar ou Gerald Ciolek, ont aussi lâché prise. Jusque-là, c'était trop facile pour les HTC. Mais une côte de 4e catégorie, la Côte de Mirandol-Bourgnounac, apparemment anodine (3,9 kilomètres à 4,1%), est venu mettre son grain de sable. Car les Omega ont choisi d'y hausser le rythme. Et Philippe Gilbert a profité de l'attaque de Tony Gallopin pour tenter sa chance. En jambes, Thomas Voeckler a pris sa roue, suivi par Dries Devenyns et Tony Martin. Un maillot vert et un maillot jaune à l'attaque dans une étape de transition, l'image est belle, et c'était plutôt bien vu car ces cinq hommes ont profité de la désorganisation du peloton pour creuser un petit écart. Le coup aurait pu être jouable si Martin (coéquipier de Cavendish) n'avait pas cherché à mettre la zizanie dans ce petit groupe. Au panache, Gilbert a tenté de résister au peloton, mais avec 15 secondes et 7 kilomètres à parcourir, c'était peine perdue. Son coéquipier Greipel ne s'en plaindra pas.