Gradit: "Ma dernière cartouche"

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Gradit: "Ma dernière cartouche"
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Débarqué en janvier à Cholet après une expérience malheureuse à Boulazac, William Gradit est reparti de l'avant chez un champion en titre qui accueille Gravelines vendredi pour l'entame des demi-finales de Pro A. Le championnat ou l'objectif majeur de celui qui compte 14 sélections en équipe de France, et n'a pas fait une croix dessus: "Gagner la finale, c'est le but du jeu. Pour le contrat, on verra après."

Débarqué en janvier à Cholet après une expérience malheureuse à Boulazac, William Gradit est reparti de l'avant chez un champion en titre qui accueille Gravelines vendredi pour l'entame des demi-finales de Pro A. Le championnat ou l'objectif majeur de celui qui compte 14 sélections en équipe de France, et n'a pas fait une croix dessus: "Gagner la finale, c'est le but du jeu. Pour le contrat, on verra après." William, quel regard portez-vous sur le début de ces playoffs et ce match qui vous attend face à Gravelines vendredi ? On a bien géré notre entame face au Mans, puisqu'on a réussi à se qualifier en deux matches. On n'a pas trop dépensé d'énergie, ce qui nous a permis de reposer les joueurs clés. C'est donc bien pour nous. Gravelines, personnellement je n'ai joué que le match retour et on avait gagné chez nous (16e journée, 69-68, ndlr). En Pro A, ce sont pratiquement les plus costauds à l'intérieur donc on sait que ça va être dur. Et c'est vrai que c'est aussi un remake de la demi-finale de l'année dernière (2 victoires à 1, ndlr). On a reparlé de ce match avec les autres joueurs et Sammy (Samuel Mejia, MVP étranger de la saison, ndlr) nous a dit: "Ça va être la guerre !" Vous évoquiez les forces de Gravelines, qu'est-ce qui pourrait faire la différence en faveur de Cholet dans cette demi-finale ? Le collectif, l'expérience du titre acquis l'an passé ? C'est vrai qu'on joue souvent plus pour le mec qui est ouvert. Après Sammy a besoin d'avoir le ballon pour construire son shoot et nous sortir de situations où on n'arrive pas à trouver de joueurs ouverts. Et il est souvent là pour mettre ces paniers difficiles. Les autres joueurs sont aussi capables de marquer dans tous les secteurs donc c'est plus facile pour le collectif, ça rend notre attaque plus riche. Mais je pense quand même qu'en playoffs, ce qui fait la différence c'est plutôt la défense. Et si on arrive à maintenir Gravelines en dessous des 70, 75 points, ce sera plus un match pour nous. Vous avez rejoint le club à mi-saison après votre départ de Boulazac pour des raisons extra-sportives*. Comment avez-vous fait pour rebondir après cet épisode qui vous a touché moralement ? D'abord, se retrouver chez le leader, vainqueur du dernier championnat, c'est stressant mais c'est surtout un honneur. Cette proposition de Cholet, c'était ma dernière chance, ma dernière cartouche comme on dit. Je ne pouvais pas me rater, c'était essentiel de réussir. J'ai d'abord signé un contrat de deux semaines, qui a été prolongé encore et encore. C'est simple: tu te lèves tous les jours avec la pression et tu joues toujours avec. Et tu ne peux pas te louper. Il y avait deux cas de figure possibles: soit j'arrive, je leur porte la poisse et ils perdent tous leurs matches, ou alors ça se passe bien. Et ça a été le cas. Erman (Kunter, l'entraîneur, ndlr) m'a fait confiance et je ne peux que lui donner tout ce que j'ai. Maintenant je suis concentré sur le titre, je veux partir à Bercy et gagner la finale. C'est le but du jeu. Et pour le contrat, on verra après. J'ai fait le plus gros. Erman Kunter vous demande beaucoup en défense, comment appréhendez-vous votre rôle de stoppeur ? Moi, ça me convient. C'est ce qu'il me demande. Il y avait un créneau à prendre et je l'ai pris. Il faut défendre, amener de l'énergie et faire des trucs qu'on voit pas forcément sur la feuille de match. Ça me permet de jouer et maintenant on me reconnaît un peu plus pour ça que pour le reste. Et ça me va très bien de prendre le joueur qui est offensivement le plus dangereux en face. Vincent Collet a communiqué une liste de 24 présélectionnés pour l'Euro lituanien dans laquelle vous ne figurez pas. Est-ce quelque chose que vous attendiez toujours, après avoir découvert les Bleus sous l'ère Michel Gomez ? Bien sûr que je pense à l'équipe de France. Mais bon, après il y a du monde. En tous cas, j'aimerais bien y retourner, c'est sûr. Si demain on m'appelle, j'y vais direct. A l'époque je dirais que ça m'a servi mais en même temps desservi. Mentalement, je n'étais pas prêt. Tout a changé, comme le regard des gens par exemple, parce que j'avais porté le maillot bleu, que j'avais fait le qualifications et que j'avais 14 sélections,... Je n'étais pas habitué. *Le club de Boulazac (Pro B), s'était séparé en décembre de William Gradit, à qui il restait un an et demi de contrat, qui avait été passé à tabac le 20 novembre 2010 dans une boite de nuit bordelaise.